La collecte record sur les contrats d’assurance vie offre aux assureurs un levier inattendu : investir sur des obligations d’État à haut rendement et faire remonter le taux des fonds euros vers 2,9 % en 2026.
Les épargnants qui détiennent des fonds euros pourraient vivre une année 2026 plus favorable que prévu. Après trois ans de stabilité autour de 2,60 %, le rendement moyen de ces supports devrait progresser, porté par deux facteurs : une collecte nette en forte hausse et un taux d’emprunt de l’État français, l’OAT 10 ans, qui dépasse désormais 4,5 %.
Le Livret A, lui, affiche un taux moyen d’environ 1,60 % net sur l’année. Un niveau qui pousse de nombreux épargnants vers l’assurance-vie, dont le fonds euros présente l’avantage d’une garantie en capital.
Une collecte record qui change la donne
À la fin du mois de juillet 2026, l’encours global sur les contrats d’assurance-vie atteignait 2 174 milliards d’euros. Sur un an, cela représente 128 milliards d’euros supplémentaires, soit une hausse de 6,3 %.
Cette dynamique, installée en 2025, se poursuit cette année. Elle témoigne de l’intérêt croissant des épargnants pour un support qui garantit le capital investi, à la différence des unités de compte.
Pour les assureurs, cette masse d’argent fraîche change la donne : chaque euro collecté peut être réinvesti sur des obligations nouvellement émises, dont le rendement dépend directement du niveau des taux.
L’OAT 10 ans, le levier qui profite aux assureurs
En août, le taux de l’OAT 10 ans, ces obligations françaises à long terme, a dépassé les 4,5 %. Au 18 septembre, il progressait encore légèrement pour atteindre 4,55 %.
Un niveau que la France n’avait plus connu depuis 2008. Mauvaise nouvelle pour les finances publiques et pour les candidats au crédit immobilier, cette situation profite à ceux qui placent leur épargne : les assureurs achètent des obligations mieux rémunérées, ce qui gonfle mécaniquement le rendement de leurs fonds euros.
Gildas Robert, actuaire expert en assurance vie, résume la mécanique : « La forte dynamique de collecte en 2025, qui perdure en 2026, a notamment permis aux assureurs d’investir alors que les taux obligataires étaient toujours en hausse et donc de continuer à faire progresser le taux de rendement de l’actif. »
2,9 % de rendement : ce que ça change pour l’épargnant
Concrètement, le taux moyen servi par les compagnies d’assurance pourrait atteindre 2,9 % cette année. Une fois les prélèvements sociaux de 17,2 % appliqués, cela représente environ 2,40 % net.
L’écart avec les trois dernières années est net : le fonds euros affichait une moyenne stable de 2,60 %, soit environ 2,15 % après prélèvements. Ce chiffre reste une moyenne, chaque assureur servant un taux différent selon sa politique de gestion et la part de ses réserves investie récemment.
Face à un Livret A qui stagne autour de 1,60 % net, le fonds euros redevient une alternative crédible pour faire travailler son épargne sans exposer son capital.
Le taux de 2,9 % est une moyenne : avant de décider, comparez-le au rendement réellement servi sur votre contrat et à ses frais de gestion.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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