Il fallait s’y attendre, mais ça n’empêche pas la pilule d’être amère. Depuis des années, la garantie individuelle du pouvoir d’achat (Gipa) servait de filet de sécurité pour des milliers de fonctionnaires. Elle vient de disparaître, laissant un vide béant dans les portefeuilles… et dans la confiance.
Le gouvernement taille dans les primes, les agents encaissent
Derrière les communiqués technos et les tableaux Excel, c’est un choix politique lourd de conséquences. La Gipa permettait de compenser la perte de pouvoir d’achat lorsque les salaires suivaient moins vite que l’inflation. Autrement dit, quand l’État lui-même reconnaissait qu’il payait mal ses agents. Elle a coûté 267 millions d’euros en 2023. Trop, selon Bercy, qui supprime la dépense sans ciller.
Le timing pique. Alors que les prix flambent depuis des mois, couper cette aide, c’est retirer l’une des rares digues qui protégeaient encore les plus anciens – souvent en fin de carrière, moins mobiles, plus vulnérables. Certains cadres, mais aussi des agents intermédiaires, perdaient déjà du terrain chaque année. Aujourd’hui, ils n’ont même plus de parachute.
Pouvoir d’achat en chute libre : « On serre les dents, mais jusqu’à quand ? »
Cela fait des années que les agents publics alertent sur leur paupérisation silencieuse. Des métiers de plus en plus exigeants, des responsabilités croissantes, mais une fiche de paie qui stagne pendant que tout augmente : logement, énergie, alimentation. La Gipa venait corriger ces écarts. Son retrait accélère la glissade.
Les syndicats sont vent debout. Ils dénoncent une décision prise sans concertation, ni solution de rechange. Pas de prime équivalente, pas de revalorisation massive en vue. Rien. Juste un trou de plus dans le budget des agents. Certains racontent devoir revoir leurs dépenses à la baisse, renoncer à des soins, reporter des projets. « On a l’impression d’être les premiers visés dès qu’il faut économiser », souffle un fonctionnaire écœuré.
Fonction publique : l’envie s’effrite, l’avenir inquiète
La disparition de la Gipa n’est pas qu’un problème de chiffres. C’est un signal. Et pas le bon. Car pendant que le privé attire à coups de primes et de télétravail, le public semble accumuler les handicaps. Les recrutements deviennent plus difficiles, les concours peinent à séduire. La sécurité de l’emploi ne suffit plus à motiver, surtout quand l’écart de rémunération devient flagrant.
L’incompréhension monte. Le sentiment de déclassement aussi. « J’ai vraiment l’impression qu’on nous stigmatise », lâche un agent en colère. Traduction : la reconnaissance n’est plus là, le soutien encore moins. La Gipa était un symbole. Sa suppression, un message. Et pas celui que la fonction publique attendait.
La question n’est plus seulement budgétaire. Elle est sociale. Parce que quand un gouvernement choisit de rogner sur les dernières protections d’un pan entier de ses travailleurs, il s’attaque à la loyauté même de ceux qui tiennent les services publics debout.
Alors, cette décision ? Réglage technique ou début d’une casse en règle ? À vous de juger. Mais une chose est sûre : si cet article vous parle, partagez-le. Faites-le circuler. Et dites, en commentaire, ce que cette suppression change pour vous.
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