En 2025, seulement deux contrats d’assurance vie ont franchi la barre des 4 % de rendement net, tandis que la collecte nette du secteur atteint 50,6 milliards d’euros, un niveau inédit depuis 2010. Pour l’épargnant en quête de rendement, cette performance rare pose une question cruciale : comment identifier ces contrats stars et comprendre pourquoi ils font exception ? Cet article décrypte les rares contrats dépassant 4 %, les conditions réelles d’accès et l’écart abyssal avec les moins performants, une transparence absente des simples palmarès.
Corum Life et Louve Infinity : les deux seuls contrats d’assurance vie à 4,10 % en 2025
Deux noms dominent le palmarès 2025. Corum Life, via son fonds Corum EuroLife, affiche 4,10 % net de frais de gestion. C’est le troisième taux publié au-dessus de 4 % depuis le lancement du fonds, après 4,65 % en 2024 et 4,45 % annualisé sur le second semestre 2023, première année d’existence du fonds. Louve Infinity affiche également 4,10 % sur son fonds euros en 2025, le même fonds CORUM EuroLife, mais avec une contrainte d’allocation plus stricte : 10 % maximum des versements, contre 25 % dans Corum Life.
Le rendement moyen des fonds euros s’établit à 2,63 % en 2025, selon le rapport définitif de l’ACPR. L’écart entre les deux leaders et la moyenne du marché dépasse donc 1,5 point. Mais c’est en bas du classement que la réalité devient brutale : le contrat Helios Patrimoine du Conservateur ne sert que 1,10 % sur la même période. Entre 4,10% et 1,10 %, il y a 3 points d’écart, un rapport de 1 à 4 entre les meilleurs et les moins bons contrats disponibles sur le marché français.
Sur 10 ans, avec 50 000 euros investis, cet écart représente plusieurs dizaines de milliers d’euros de différence. Le choix du contrat n’est pas un détail. Retrouvez notre article sur l’assurance vie MAIF avis détaillé, performance et accessibilité.
Les vraies conditions d’accès : pourquoi Corum Life n’est pas accessible à tous les épargnants
Le fonds Corum EuroLife est plafonné à 25 % des versements dans Corum Life, et à seulement 10 % dans Louve Infinity. Les 75% (ou 90%) restants doivent être investis en unités de compte : SCPI, fonds obligataires. Pour accéder aux 4,10 % garantis sur la fraction euros, vous prenez un risque de marché sur la majorité de votre épargne. Ce n’est pas un fonds en euros classique.
L’ACPR ajoute une nuance que peu d’épargnants lisent : « Le taux de revalorisation moyen de 2,63 % intègre les bonifications de revalorisation, quel qu’en soit le motif. Le taux de revalorisation pour un assuré ne bénéficiant d’aucune de ces bonifications est donc inférieur à ce taux moyen. » En clair : même la moyenne de 2,63 % est flatteuse pour beaucoup d’assurés.
Pour ceux qui cherchent un fonds euros pur, sans contrainte d’unités de compte, le marché offre d’autres options solides. Ampli Mutuelle reconduit 3,75 % pour la troisième année consécutive sur son contrat monosupport, un taux stable, sans contrainte d’allocation en unités de compte. Attention : ce contrat est réservé aux professions libérales, indépendants et mandataires sociaux. Carac atteint 3,55 %. France Mutualiste et Meilleurtaux Essentiel Vie se positionnent à 3,50 %. Linxea Spirit 2 oscille entre 3,08% et 3,26 % selon les profils.
Ces contrats n’atteignent pas 4 %, mais ils offrent un accès direct au fonds en euros, sans contrainte d’allocation en unités de compte, à des rendements nets très au-dessus de la moyenne du marché.
Le Livret A a été abaissé à 1,5 % en février 2026, une hausse est attendue au 1ᵉʳ août 2026, vers 1,7-1,8 % selon la Caisse des Dépôts. Même dans ce scénario, un fonds euros à 3,50 % reste deux fois plus rémunérateur.
Unités de compte : une alternative à 4,7 % pour les épargnants acceptant le risque
Les unités de compte ont enregistré une performance nette de 4,7 % en 2025, selon les données officielles de l’ACPR. C’est près du double des fonds euros en moyenne, et même légèrement au-dessus des 4,10 % de Corum Life ou Louve Infinity.
Mais la comparaison s’arrête là.
Un fonds en euros garantit le capital investi. Une unité de compte ne garantit rien. Les 4,7 % de 2025 sont une photographie d’une année favorable, pas une promesse reconductible. Un épargnant qui aurait investi en unités de compte en 2022, année de forte correction des marchés obligataires et actions, aurait vu son capital reculer significativement.
Avec une inflation de 0,9 % en 2025 (INSEE), les meilleurs fonds euros offrent un rendement réel d’environ 1,75 point au-dessus de l’inflation. C’est le vrai critère de performance pour un épargnant en phase de préparation à la retraite : pas le rendement nominal, mais le rendement réel après inflation.
Les unités de compte peuvent amplifier ce rendement réel, ou l’effacer. En 2022, année de forte correction obligataire et actions, les UC avaient reculé significativement. Le choix entre sécurité et rendement potentiel dépend de votre horizon de placement et de votre tolérance à une perte temporaire de capital.
Le choix du contrat : plusieurs milliers d’euros en jeu sur 10 ans
Dépasser 4 % en assurance vie en 2025 est possible, à condition de comprendre les contraintes réelles d’allocation et de ne pas confondre rendement garanti et rendement risqué.
L’écart de 3 points entre les meilleurs et les moins bons contrats montre que le choix de l’assureur fait toute la différence : une décision qui peut vous coûter ou vous rapporter plusieurs milliers d’euros sur 10 ans. Retrouvez aussi notre article sur l’assurance vie 2026 : le seuil à atteindre si vous souhaitez battre le Livret A.
Quelle part de risque êtes-vous prêt à accepter pour accéder aux 4,10 % de Corum Life, sachant que 75 % de votre épargne sera exposée aux marchés, ou préférez-vous la sécurité d’un fonds euros pur à 3,50% ou 3,75 % ?
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