Le Sénat a adopté, lundi 24 novembre 2025, l’article 43 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, qui encadre plus strictement le cumul emploi-retraite avant 67 ans.
Une réforme qui suscite une vive opposition, notamment chez les professionnels libéraux, et plus particulièrement dans le corps médical.
Des règles durcies pour les retraités actifs
Présentée comme une simplification du dispositif, cette nouvelle mouture du cumul emploi-retraite instaure un mécanisme de réduction, voire de suspension, de la pension pour les retraités reprenant une activité avant 67 ans. Concrètement, deux cas de figure sont désormais prévus :
- Avant 64 ans, tout revenu d’activité entraînera une suspension totale de la pension de retraite.
- Entre 64 et 67 ans, la pension sera réduite de moitié au-delà d’un seuil de revenus d’activité fixé à 7 000 € par an, seuil qui sera précisé par décret.
Un exemple fourni par la Carmf (la caisse de retraite des médecins) illustre l’impact de cette mesure : un retraité percevant 35 000 € de pension annuelle et cumulant 60 000 € de revenus professionnels se verrait réduit à 8 500 € de pension (puisque 60 000 € – 7 000 € = 53 000 € ; moitié de ce dépassement = 26 500 € ; 35 000 € – 26 500 € = 8 500 €).
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Une réforme vivement critiquée par les libéraux
Plusieurs amendements visant à supprimer ou à atténuer cette mesure ont été rejetés par les sénateurs, malgré les mises en garde de plusieurs élus et syndicats. Le sénateur centriste Pierre-Antoine Levi a exprimé une forte inquiétude :
« L’article 43 prétend simplifier le cumul emploi-retraite ; en réalité, il le détruit pour une catégorie entière de professionnels libéraux. »
Des organisations comme la Fédération des médecins de France (FMF) et la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) dénoncent une réforme « décourageante » pour les médecins retraités qui souhaiteraient continuer à exercer quelques années de plus, dans un contexte où les besoins en soins restent importants.
Un message politique clair sur l’âge de départ
Avec cette réforme, le gouvernement et la majorité sénatoriale affichent une volonté assumée de réserver le plein bénéfice du cumul emploi-retraite aux personnes ayant atteint 67 ans, âge de l’annulation automatique de la décote. Ce signal politique pourrait avoir un effet dissuasif sur les projets de reconversion ou d’activité réduite des jeunes retraités.
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