Et si vous faisiez une micro-retraite à 35 ans ? Ces salariés l’ont fait

Aux États-Unis, on parle de “micro-retraite” pour désigner ces longues pauses prises volontairement en cours de carrière. En France, c’est l’équivalent du congé sabbatique qui séduit de plus en plus de salariés. L’idée : profiter de la vie sans attendre l’âge de la retraite. Et selon un sondage Indeed réalisé en 2025, 95 % des Français aimeraient tenter l’expérience.

Une envie forte, notamment chez les jeunes actifs

Ce désir touche toutes les tranches d’âge, mais il est particulièrement marqué chez les moins de 35 ans : 89 % d’entre eux se disent prêts à mettre leur carrière sur pause temporairement, souvent pour voyager, s’engager dans une cause ou simplement prendre du recul.

Certains groupes comme Orange, Accenture ou Mazars ont bien compris l’enjeu : ils offrent à leurs salariés la possibilité de prendre plusieurs mois de congé, parfois avec maintien partiel ou total du salaire. Une stratégie pour fidéliser les talents tout en respectant leur besoin de souffle.

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Changer de vie, changer de cap

Pour beaucoup, ces mois offerts hors du cadre professionnel sont une opportunité de transformation. Le journaliste Baptiste Des Montiers témoigne : “Je l’ai fait deux fois pendant mes études pour des missions humanitaires. Cela m’a ouvert à autre chose. J’étais en droit, j’ai finalement choisi le journalisme.”

Un exemple parmi d’autres qui montre que cette parenthèse peut aussi être un tournant professionnel.

Un choix encore rare… et parfois mal vu

Mais le congé sabbatique reste marginal dans les faits. Charles Cantala, directeur commercial d’Indeed France, observe : “C’est encore très rare sur les CV, et souvent caché. On n’encourage pas assez la césure, alors que c’est courant ailleurs, comme en Finlande.” Pourtant, selon lui, “sur le long terme, cela renforce la motivation des salariés et c’est positif pour l’entreprise.”

Lui-même revient d’un congé sabbatique passé à Tahiti avec sa famille.

Un luxe qui a un coût

Le frein principal reste financier. Jocelyn, infirmier dans le Nord, revient de 9 mois à La Réunion avec sa compagne et leurs enfants. “On a mis 50 000 € de côté pour louer une maison avec piscine et vue sur l’océan. C’était extraordinaire, mais ça a coûté cher”, reconnaît-il. Pour financer ce projet, il a dû faire des sacrifices pendant deux ans.

Marc-Antoine, paysagiste, s’apprête quant à lui à partir faire le tour de l’Europe avec ses deux fils de 13 et 16 ans. “Je veux leur montrer qu’il n’y a pas que le ‘métro-boulot-dodo’. Le but, c’est de se laisser porter, vivre autrement. Travailler, oui, mais pas uniquement.”

Vers une nouvelle façon de penser la carrière ?

Ces témoignages illustrent une tendance de fond : une partie croissante des actifs souhaite intégrer des pauses dans leur parcours professionnel, sans attendre la retraite. Reste à voir si les entreprises et les politiques publiques sauront accompagner ce mouvement.

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