Selon le baromètre OpinionWay du 28 mai 2026, 60 % des seniors propriétaires sont prêts à mobiliser leur logement pour financer leur retraite, à condition qu’une raison concrète se présente. Paradoxe massif : 47 % d’entre eux vivent sous pression financière malgré un patrimoine immobilier souvent conséquent.
Comment transformer son logement en source de revenus sans sacrifier ses projets de transmission ? C’est la question centrale que pose ce baromètre, et 93 % des seniors ne connaissent pas encore les réponses.
Seniors propriétaires : riches en patrimoine, pauvres en liquidités
En France, 76 % des plus de 75 ans seraient propriétaires de leur logement, selon Sophie Richard, fondatrice de Viagimmo (2024). Un patrimoine immobilier souvent conséquent. Mais posséder un bien ne signifie pas disposer de liquidités.
Le baromètre OpinionWay le chiffre : 47 % des seniors propriétaires se disent sous pression financière. Autrement dit, près d’un senior propriétaire sur deux peine à couvrir ses dépenses courantes.
La disparité de genre aggrave le tableau. 53 % des femmes seniors propriétaires déclarent être sous pression financière, contre 47 % en moyenne. Les revenus jouent également un rôle déterminant : 80 % des seniors gagnant moins de 24 000 euros par an sont en tension financière.
Le contexte institutionnel éclaire ces chiffres. L’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), communément appelée minimum vieillesse, plafonne à 1 043,59 euros mensuels pour une personne seule depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. En face, le coût moyen d’un EHPAD atteint 2 620 à 2 628 euros par mois (CNSA, données 2026). L’écart est abyssal.
« Ces chiffres révèlent une réalité méconnue : posséder son logement ne protège plus de la précarité financière. Des milliers de seniors propriétaires vivent avec un patrimoine immobilier important mais sans liquidité pour faire face aux imprévus ou maintenir leur niveau de vie. » Thibault Corvaisier, cofondateur de Merci Prosper (28/05/2026)
Au 1er janvier 2026, 22,2 % de la population française a 65 ans ou plus (INSEE, bilan démographique 2025), soit presque autant que les moins de 20 ans. La pression financière décrite ici est donc un enjeu structurel, pas marginal.
Mais au-delà de cette pression financière immédiate, les seniors envisagent de mobiliser leur logement pour des raisons bien précises, et souvent inattendues. Découvrez notre article sur le crédit immobilier : pourquoi les banques proposent des taux à 2 %… qui ne concernent qu’une minorité d’emprunteurs.
Pourquoi les seniors veulent monétiser leur logement : au-delà de la simple survie
60 % des seniors propriétaires se disent prêts à mobiliser leur logement quand une raison concrète leur est soumise, contre 46 % sur le principe seul (OpinionWay, 28/05/2026). La motivation existe, mais elle attend un déclencheur.
Les usages envisagés révèlent des priorités concrètes. Plus d’un tiers des seniors interrogés envisageraient de mobiliser leur patrimoine immobilier pour financer des aides à domicile (OpinionWay, 28/05/2026). Le maintien à domicile apparaît comme une priorité forte face au coût prohibitif des EHPAD. 32 % s’appuieraient sur leur bien en cas de baisse de pouvoir d’achat (OpinionWay, 28/05/2026).
Mais un frein puissant subsiste. 81 % des seniors restent attachés à l’idée de transmettre un patrimoine à leurs proches (OpinionWay, 28/05/2026). Monétiser son logement, c’est potentiellement réduire ce qu’ils laisseront derrière eux. Cette tension entre besoin immédiat et projet de transmission est au cœur des arbitrages que font les seniors propriétaires.
« On assiste à une vraie paupérisation de nos grands-parents. Avant, les vendeurs en viager avaient plutôt 70 ou 72 ans. Aujourd’hui, ne sont plus rares les personnes de 62 ou 63 ans qui frappent à nos portes d’agences à la recherche de revenus complémentaires. » Sophie Richard, fondatrice de Viagimmo (2026)
Les seniors veulent agir, mais ils ne savent pas comment. Le manque d’information sur les solutions disponibles devient le vrai frein.
Le grand flou : 93 % des seniors ignorent les solutions pour monétiser leur logement
Ce constat est étayé par un chiffre saisissant. 93 % des seniors ne connaissent pas la vente partielle immobilière (OpinionWay, 28/05/2026). Une solution pourtant conçue pour répondre précisément à leur situation : obtenir des liquidités tout en conservant l’usage de son bien.
Plusieurs dispositifs existent pour monétiser un patrimoine immobilier sans nécessairement le vendre en totalité. Le viager occupé permet de percevoir un bouquet initial et une rente mensuelle tout en continuant à habiter le logement. Le viager libre implique de quitter le bien mais génère des revenus complémentaires plus élevés. La vente de nue-propriété consiste à céder la propriété du bien tout en conservant l’usufruit, c’est-à-dire le droit d’y habiter ou d’en percevoir les loyers. La vente partielle immobilière permet, quant à elle, de céder une quote-part du bien à un investisseur institutionnel en échange de liquidités immédiates.
Chacun de ces dispositifs répond à des situations patrimoniales, fiscales et familiales différentes. En l’absence d’information claire, le risque est réel de choisir un dispositif inadapté, ou de ne rien faire, faute de visibilité.
Ce manque de lisibilité exige un effort d’information structuré pour une population qui représente désormais plus d’un Français sur cinq. Retrouvez aussi notre article sur l’Assurance prêt immobilier : obligatoire ou simple formalité ?
Le logement des seniors n’est plus seulement un patrimoine à transmettre : c’est devenu une ressource financière vitale face à l’insuffisance des retraites. Mais cette mobilisation ne peut se faire que si les seniors disposent d’une information claire et adaptée à leur situation, ce qui n’est pas encore le cas pour la majorité d’entre eux.
Propriétaire et à moins de dix ans de la retraite : avez-vous déjà évalué ce que vaut réellement votre logement comme levier financier ?
En tant que jeune média indépendant, CESdeFrance a besoin de votre aide. Soutenez-nous en nous suivant et en nous ajoutant à vos favoris sur Google News. Merci !

