Impôts : l’abattement de 10 % des retraités finalement maintenu en 2026

L’abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite, menacé de suppression tout l’automne 2025, a finalement été maintenu en 2026 grâce à un vote parlementaire massif et transpartisan le 13 novembre, 213 voix pour le maintien, contre seulement 17.

Après des mois d’incertitude budgétaire, le gouvernement confirme que l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite sera bien conservé en 2026. Pour les 17 millions de retraités français, cet avantage fiscal historique représente une économie d’impôt automatique, mais les montants applicables changent légèrement cette année. Découvrez comment cette bataille parlementaire inédite s’est jouée, et surtout : à combien s’élève exactement votre abattement en 2026.

Comment l’abattement de 10 % a été sauvé de justesse au Parlement

À l’automne 2025, le gouvernement glisse dans son projet de loi de finances 2026 un article 6 discret mais explosif : remplacer l’abattement proportionnel de 10 % par une déduction forfaitaire de 2 000 euros par retraité. L’argument d’Amélie de Montchalin, ministre de l’Action et des Comptes publics, est limpide : « Aujourd’hui, l’abattement est anti-progressif, plus vous avez de revenus, plus vous en bénéficiez. » Sur le papier, l’argument tient. En pratique, le calcul est brutal.

Le dispositif existe depuis 1978 et coûte environ 4,5 milliards d’euros par an à l’État selon la Cour des comptes, ce qui en fait une cible récurrente à chaque discussion budgétaire.

Le 21 octobre 2025, la Commission des finances de l’Assemblée nationale supprime l’article 6 dès la première lecture. Le rapporteur général Philippe Juvin (Droite républicaine) pose les chiffres sans détour : « 39 % des pensionnés seraient perdants, tandis que seulement 12 % d’entre eux seraient gagnants. » Nicolas Sansu, député communiste, précise le seuil : hausse d’impôts dès 1 667 euros de pension mensuelle.

Le 13 novembre 2025, l’Assemblée nationale tranche. Le vote est sans appel : 213 voix pour le maintien de l’abattement, 17 contre, 3 abstentions. RN, LFI, Droite républicaine, Écologistes, LIOT : une coalition transpartisane rarissime. Seul le groupe Horizons vote majoritairement contre le maintien.

Le Sénat tente un compromis lors de la nuit du 29 au 30 novembre 2025 : la sénatrice Christine Lavarde propose d’abaisser le plafond à 3 000 euros, contre 4 399 euros alors en vigueur. Cette voie médiane n’est pas retenue dans la loi de finances définitive, promulguée le 19 février 2026. L’abattement est conservé dans son intégralité.

Juvin lui-même avait reconnu que la mesure « passerait politiquement dans un contexte de pouvoir d’achat des seniors déjà sous tension. » Les chiffres lui donnaient raison : 39 % de perdants, un seuil de bascule à 1 667 euros de pension mensuelle, et des pensions complémentaires Agirc-Arrco gelées en 2026 faute d’accord entre partenaires sociaux.

Abattement 2026 : les nouveaux plafonds et la revalorisation de 0,9 %

L’abattement est maintenu. Il est aussi légèrement revalorisé. Conformément à l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu, les plafonds progressent de 0,9 % en 2026.

En 2026, le plafond atteint 4 439 euros pour l’ensemble du foyer fiscal, contre 4 399 euros en 2025. Le plancher minimum s’établit à 454 euros par pensionné, contre 450 euros en 2025.

Ces montants s’appliquent aux pensions perçues en 2025, déclarées au printemps 2026. L’administration fiscale déduit automatiquement 10 % du montant brut des pensions, sans démarche de votre part.

Concrètement, pour 2 000 euros bruts de pension mensuelle (24 000 euros annuels), l’abattement automatique est de 2 400 euros, en dessous du plafond de 4 439 euros, la déduction de 10 % s’applique en totalité. Au-delà de 44 390 euros de pensions annuelles, l’abattement est plafonné à 4 439 euros.

Les autres avantages fiscaux pour les retraités en 2026

L’abattement de 10 % n’est pas le seul levier fiscal disponible pour les retraités. Plusieurs dispositifs complémentaires existent, selon votre âge et vos revenus.

L’abattement spécial pour seniors aux revenus modestes. Les retraités de plus de 65 ans dont le revenu net global ne dépasse pas 17 670 euros bénéficient d’un abattement supplémentaire de 2 822 euros. Entre 17 670 et 28 430 euros, cet abattement est réduit à 1 411 euros. Au-delà, il ne s’applique plus. Ces montants sont revalorisés de 0,9 % en 2026 et se cumulent avec l’abattement de 10 %.

Le crédit d’impôt pour emploi à domicile. Si vous employez un salarié à domicile, vous bénéficiez d’un crédit d’impôt de 50 % des dépenses engagées, dans la limite de 12 000 euros de dépenses annuelles. Soit jusqu’à 6 000 euros de crédit d’impôt effectif.

La réduction d’impôt pour frais d’EHPAD. Les dépenses liées à l’hébergement en établissement spécialisé ouvrent droit à une réduction d’impôt de 25 %, plafonnée à 10 000 euros de dépenses par personne hébergée. Soit une réduction maximale de 2 500 euros.

L’exonération de taxe foncière. Les retraités de plus de 75 ans peuvent être exonérés de taxe foncière sur leur résidence principale, sous conditions de revenus. Ce dispositif est soumis à des plafonds de revenu fiscal de référence qui varient selon le nombre de parts du foyer.

Après une bataille parlementaire inédite, les retraités conservent un avantage fiscal acquis depuis près de 50 ans, avec des plafonds légèrement revalorisés. Cette victoire politique reflète une réalité que les chiffres confirment : toucher à l’abattement aurait pénalisé 39 % des pensionnés dans un contexte où le pouvoir d’achat des seniors reste sous tension.

Le Parlement a dit non à 213 voix contre 17, un score qui ne laisse aucune ambiguïté. La réforme est enterrée pour 2026. Mais la Cour des comptes continue de pointer ce dispositif comme l’une des niches fiscales les plus coûteuses du budget : 4,5 milliards d’euros par an. Le débat reviendra. Découvrez notre article sur les impôts 2026 : les 7 dates à retenir (remboursement, prélèvement du solde, avis).

Avez-vous vérifié si votre revenu net global vous ouvre droit à l’abattement spécial des 65 ans, jusqu’à 2 822 euros supplémentaires, cumulables avec les 10 % ?

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