« Jour de libération des actifs » : cette date du 4 mai qui fait polémique sur le financement des pensions

Deux économistes ont calculé que les actifs français travaillent jusqu’au 4 mai 2026, soit 85 jours ouvrés, uniquement pour financer les pensions et la santé des seniors, soit deux mois de travail de plus qu’en 1970 où ce seuil tombait le 26 février.

Cet indicateur inédit baptisé « jour de libération des actifs« , créé par Maxime Sbaihi (Institut Montaigne) et Erwann Tison (Institut de l’Entreprise), vise à rendre concret pour les salariés le poids réel de la solidarité intergénérationnelle sur leur fiche de paie.

37 % du salaire brut prélevé chaque mois pour les seniors : la France avant-dernière en Europe

Un actif français se voit ponctionner 37 % de son salaire « super brut » tous les mois entre cotisations retraite et part de la santé captée par les seniors. À critères comparables, la France est avant-dernière en Europe, juste devant l’Italie (15 mai), très loin derrière l’Irlande (2 mars), l’Allemagne (28 mars), le Royaume-Uni (16 avril) ou l’Espagne (22 avril). « En réalité, ce jour du 4 mai est beaucoup plus tardif parce qu’on a pris des hypothèses hyper conservatrices », précise Maxime Sbaihi, qui n’a pas intégré les avantages fiscaux des retraités ni les transferts intergénérationnels des collectivités locales. Découvrez notre article sur le PER : ce qui change pour les non-résidents en 2026 pourrait avoir un impact inattendu sur leur fiscalité.

Depuis 1970, les actifs ont perdu deux mois de salaire annuel au profit des seniors

En 1970, le « jour de libération des actifs » tombait le 26 février. En 2000, c’était le 17 avril. En 2026, le 4 mai. « En l’espace de 50 ans, un salarié payé au niveau médian de 2 200 € mensuels a ainsi perdu le fruit de deux mois de travail sur l’année au profit de la solidarité intergénérationnelle », souligne Maxime Sbaihi. Ce recul continu s’explique principalement par le vieillissement de la population : 18 millions de retraités aujourd’hui passant en moyenne 20 ans à la retraite, contre seulement 5 millions dans les années 1970.

Le travail « ne paie plus » pour les actifs : un risque pour la croissance française

« La France n’a pas un problème de flemme au travail, mais de tuyauterie : le travail paie et coûte cher aux entreprises, mais ce n’est pas le salarié qui en profite », analyse Maxime Sbaihi. Cette charge croissante « n’est pas étrangère à l’idée que le travail ne paie plus ». Ramener plus tôt dans l’année ce « jour de libération des actifs » « devrait être un objectif explicite, assumé et mesuré chaque année », selon l’économiste, pour éviter un problème majeur sur le travail et la croissance potentielle du pays. Retrouvez aussi notre article sur la pension Agirc-Arrco suspendue depuis un mois : l’inquiétude grandit chez des milliers de retraités.

Conclusion

Cet indicateur choc illustre la tension croissante entre générations autour du financement des retraites, dans un pays où les actifs financent une charge de solidarité intergénérationnelle parmi les plus lourdes d’Europe. Saviez-vous que vous travaillez jusqu’au 4 mai chaque année uniquement pour financer les retraites et la santé des seniors, et pensez-vous que cette charge de 37 % du salaire brut est équitablement partagée entre les générations ou qu’elle devrait être réduite pour redonner de la valeur au travail ? Donnez votre avis en commentaire.

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