Livret A : les retraits dépassent les dépôts, une première depuis plus de 10 ans

Plombé par la chute de son taux d’intérêt, le Livret A enregistre une décollecte nette. Les Français se tournent vers des placements plus rémunérateurs. Ce symbole de l’épargne sécurisée perd du terrain au profit de l’assurance-vie et d’autres produits financiers. L’année 2025 marque un tournant historique pour le Livret A. Selon la Caisse des dépôts, les retraits ont dépassé les dépôts de 2,12 milliards d’euros, un phénomène inédit depuis 2015. Ce produit, détenu par 57 millions de Français, avait connu une forte popularité post-Covid.

La baisse du taux, cause principale de la décollecte

Le taux du Livret A a connu deux réductions majeures en 2025 : de 3 % à 2,4 % en février, puis à 1,7 % en août. Cette chute de rémunération a fortement altéré sa compétitivité. Considéré jusque-là comme un refuge, il devient un outil de simple liquidité. La baisse programmée à 1,5 % en février 2026 devrait encore accroître la désaffection, selon plusieurs analystes du secteur. Découvrez notre article sur le Livret A en chute : l’assurance-vie est-elle vraiment la meilleure alternative ? L’analyse de 60 Millions de consommateurs. Découvrez notre article sur le Livret A en chute : l’assurance-vie est-elle vraiment la meilleure alternative ? L’analyse de 60 Millions de consommateurs.

L’assurance vie reprend du terrain

Face au recul du Livret A, l’assurance vie refait surface comme placement préféré des Français. Les fonds en euros ont offert en 2025 un rendement moyen de 2,65 %, malgré une fiscalité pouvant grimper à 30 %. Le rendement brut plus attractif explique un basculement progressif de l’épargne, surtout chez les profils recherchant plus de performance à risque modéré.

L’épargne reste élevée, mais mieux orientée

Selon l’Insee, près de 20 % des revenus sont encore consacrés à l’épargne. Les ménages continuent de mettre de côté, mais l’arbitrage évolue. L’argent est réorienté vers des supports perçus comme plus rentables, au détriment du Livret A. L’épargne reste donc présente, mais elle migre vers d’autres canaux jugés plus efficaces.

Les banques n’encouragent plus le Livret A

Le Livret A est peu rentable pour les banques, qui préfèrent commercialiser d’autres produits. Il est donc peu mis en avant dans les réseaux bancaires. À l’inverse, des produits comme l’assurance vie sont davantage promus, car ils offrent des marges supérieures pour les établissements. Ce désintérêt commercial contribue à la décollecte constatée en 2025.

Le LDDS résiste, mais le LEP reste sous-utilisé

Le LDDS a mieux résisté, avec une collecte nette positive de 1,65 milliard d’euros. À l’inverse, le LEP, pourtant réservé aux ménages modestes, a connu une décollecte de 840 millions, souvent liée à des pertes d’éligibilité. Seulement 12 millions de Français détiennent un LEP, alors que 31 millions y auraient droit. Ce manque d’information empêche une meilleure diffusion de ce livret plus rentable. Retrouvez également notre article sur le plafond du Livret A atteint : avez-vous le droit d’utiliser le compte de votre enfant ?

Un manque de pédagogie sur les produits d’épargne

Le cas du LEP illustre une réalité plus large : les produits d’épargne sont mal connus. Même avec un taux avantageux, leur succès dépend d’une bonne communication. De nombreux Français passent à côté d’opportunités, faute d’accompagnement clair. Ceux qui comprennent les produits disponibles optimisent leur épargne, les autres restent mal orientés, voire désengagés.

Conclusion

Le Livret A entre dans une phase d’érosion durable. Moins attractif et moins promu, il perd peu à peu son statut de pilier de l’épargne. Utilisez-vous encore le Livret A ? Partagez votre avis en commentaire et dites-nous vers quels placements vous vous tournez.

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