L’or s’envole, la Fed desserre sa politique monétaire, et au même moment Perseus Mining décroche un décret présidentiel qui change la donne en Afrique de l’Ouest. À Yaouré, en Côte d’Ivoire, la compagnie australienne ouvre un nouveau chapitre : celui de la première exploitation souterraine d’or du pays, avec un investissement de 170 millions de dollars.
Un décret présidentiel qui ouvre la voie
Le 18 septembre 2025, le président Alassane Ouattara a signé le décret autorisant Perseus Mining à développer le projet souterrain CMA de la mine de Yaouré. Cette décision intervient après l’approbation de l’évaluation environnementale et sociale par le ministère de l’Environnement, appuyée par le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie.
Pour l’entreprise cotée à Sydney et Toronto (PRU), ce feu vert officialise la bascule vers une exploitation souterraine qui prolongera la durée de vie de la mine jusqu’en 2035.
Le PDG Jeff Quartermaine a salué « une étape importante » et insiste : tous les travaux d’infrastructure sont prêts, les engins souterrains de Byrnecut déjà sur site. Les premiers portails seront découpés dans les semaines qui viennent.
170 millions de dollars pour sécuriser l’avenir
Le budget annoncé pour cette phase atteint 170 millions de dollars. Une somme colossale, mais stratégique. L’objectif est clair : démarrer l’extraction de minerai souterrain dès janvier 2026 et atteindre une production commerciale d’ici mars 2027.
Cette montée en puissance n’est pas qu’un jalon technique, c’est aussi un signal aux investisseurs : Perseus sécurise de nouvelles réserves alors que le marché de l’or est porté par la demande mondiale.
L’opération permettra d’exploiter des ressources additionnelles sous la fosse à ciel ouvert CMA, assurant une transition fluide et une continuité de production pour la mine de Yaouré.
Un contexte monétaire qui change la donne
Cette annonce tombe dans un climat international bouillonnant. La Réserve fédérale américaine vient de baisser ses taux d’intérêt, allégeant le coût du financement. Pour des acteurs miniers, souvent endettés pour financer leurs projets, c’est une bouffée d’oxygène.
Comme le souligne l’analyste Mathieu Lebrun, « le marché anticipe toujours avant que la décision ne soit effective ». Autrement dit, la valorisation des juniors minières réagit déjà à ce tournant monétaire.
Historiquement, chaque cycle d’assouplissement a servi de catalyseur pour les valeurs aurifères. Or en hausse, dette plus légère : l’équation attire mécaniquement les investisseurs vers les producteurs d’or, surtout quand ils annoncent des projets ambitieux.
L’or, valeur refuge sous tension mondiale
Au-delà des taux, les tensions géopolitiques nourrissent la flambée du métal jaune. Entre crises régionales et incertitudes économiques, l’or reste l’actif refuge par excellence.
Perseus, avec ses mines en Côte d’Ivoire et au Ghana, se retrouve ainsi à la croisée des chemins : profiter d’un prix de l’or élevé tout en sécurisant de nouvelles capacités de production.
Cette combinaison — environnement de taux bas et appétit pour l’or — pourrait redessiner la carte des opportunités dans le secteur minier. La mine souterraine de Yaouré devient dès lors un cas d’école : une stratégie de long terme qui se cale parfaitement avec le cycle actuel du marché.
Qui est Perseus Mining ?

Créée en 2003 et basée à Subiaco, en Australie, Perseus Mining Limited s’est imposée comme un acteur majeur de l’or en Afrique de l’Ouest. La société, cotée à l’ASX, détient et exploite plusieurs actifs stratégiques : la mine d’Edikan au Ghana, ainsi que les mines de Sissingué et Yaouré en Côte d’Ivoire. Elle détient également 70 % du projet aurifère de Meyas Sand, au Soudan.
Avec une capitalisation d’environ 5,8 milliards de dollars australiens, Perseus se situe dans la catégorie des mid-caps du secteur des matériaux de base. Ses performances financières impressionnent : une marge brute moyenne de 54,5 % sur cinq ans, un ROE actuel de 21,9 %, et une couverture des intérêts exceptionnelle qui illustre une structure de bilan robuste.
Son PDG, Jeff Quartermaine, dirige une équipe de plus de 1 100 employés et supervise une stratégie de croissance disciplinée, soutenue par une politique de dividendes réguliers depuis 2021. Sur les marchés, le titre PRU suscite l’intérêt des investisseurs institutionnels, qui détiennent plus de 63 % du capital, preuve de la confiance accordée à sa trajectoire.
Avec des concurrents comme Ramelius Resources, OceanaGold ou Genesis Minerals, Perseus se distingue par une implantation solide en Afrique et une diversification géographique qui lui permet d’affronter les cycles de prix de l’or avec davantage de résilience.
Et vous, pensez-vous que ce décret marque un tournant stratégique pour Perseus et plus largement pour les minières aurifères, ou s’agit-il d’un simple alignement de planètes passager ? Partagez vos analyses et vos attentes en commentaire.
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