Pilotes, stewards, hôtesses : à quoi ressemble vraiment leur retraite en 2026 ?

Le régime de retraite des personnels navigants aériens pilotes, hôtesses et stewards est souvent présenté comme particulièrement favorable.

En réalité, cette affirmation est partiellement vraie. Si leur retraite de base suit les mêmes règles que pour tous les salariés, leur régime complémentaire, lui, est bien plus avantageux.

Même retraite de base que les autres salariés

Les personnels navigants cotisent au régime général pour leur retraite de base. Cela signifie qu’ils sont soumis aux mêmes règles que les autres salariés : âge légal, durée d’assurance, calcul des droits. Aucune exception particulière à ce niveau.

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Un départ anticipé lié à la nature du métier

En pratique, les personnels navigants ne peuvent exercer au-delà :

  • de 60 ans pour les pilotes (navigants techniques),
  • de 55 ans pour les hôtesses et stewards (navigants commerciaux).

Ces limites sont fixées par le Code des transports, pour des raisons de sécurité et en raison de la difficulté de reconversion professionnelle dans ce secteur.

Conséquence : ces personnels peuvent liquider leur retraite complémentaire dès 50 ans, à condition d’avoir validé un nombre minimum d’annuités (20 aujourd’hui, 30 à terme).

Un régime complémentaire plus généreux que l’Agirc-Arrco

Le régime de retraite complémentaire des navigants, géré par la CRPN, est beaucoup plus avantageux que le régime Agirc-Arrco des autres salariés du privé :

  • Pension calculée sur le salaire moyen, et non sur un système à points.
  • Montants bien plus élevés : en 2023, la pension moyenne CRPN était de 2 846 €, contre 540 € pour l’Agirc-Arrco.
  • Les pilotes, mieux rémunérés, perçoivent logiquement des pensions plus élevées que les hôtesses et stewards.

Une majoration temporaire pour combler l’écart avec la retraite de base

Les personnels navigants peuvent toucher une prestation spécifique entre 55 ans et l’âge légal du régime général (64 ans à terme), appelée majoration. Elle compense l’absence de retraite de base pendant cette période.

  • Montant : 0,8 % du plafond de la Sécurité sociale par annuité, dans la limite de 25 ans, soit jusqu’à 785 € mensuels.
  • Cette prestation est unique en France et cumulable avec une activité ou le chômage.
  • Depuis la réforme de 2023, elle peut même être doublée entre 62 et 64 ans pour adoucir le report de l’âge légal.

Autres aides en cas d’inactivité

  • Une prestation équivalente à 50 % du salaire brut moyen des trois dernières années (plafonnée) peut être versée après 60 ans aux personnels navigants en fin de droits chômage.
  • En cas d’inaptitude, une prestation spécifique est également prévue jusqu’à la retraite de base.

Conclusion : des avantages justifiés par la nature du métier

Si les navigants bénéficient d’un régime complémentaire plus favorable, c’est en grande partie en raison de la pénibilité du métier, de la durée plus courte des carrières et des contraintes spécifiques liées à la sécurité aérienne.

En résumé : oui, leur retraite complémentaire est plus généreuse, mais leur retraite de base reste identique à celle des autres salariés.

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