Depuis 2023, 1,5 million de Français découvrent que leurs périodes de TUC (Travaux d’Utilité Collective) ne comptent plus pour partir en retraite anticipée, tandis que de nouvelles règles sur la maternité à partir de septembre 2026 limitent les trimestres comptabilisés à 2 maximum.
La réforme des retraites de 2023 a créé une distinction invisible mais décisive : certaines périodes de travail ou assimilées ne comptent plus comme « trimestres cotisés » pour accéder à la retraite anticipée, même si elles restent valides pour le calcul de la pension. Pour les salariés nés entre 1960 et 1975 qui visaient une carrière longue, cette distinction peut repousser leur départ de plusieurs années.
Cet article détaille toutes les périodes non comptabilisées (TUC, maternité, apprentissage) avec des chiffres précis et les solutions concrètes pour vérifier votre situation.
Les TUC et autres périodes « assimilées » : comptabilisées pour la pension, pas pour partir plus tôt
Les TUC concernaient des jeunes de 16 à 21 ans entre 1984 et 1990. Ces dispositifs d’insertion professionnelle permettaient d’acquérir une première expérience dans des collectivités ou des associations.
Depuis la réforme de 2023, ces périodes gardent leur statut de trimestres « assimilés » pour le calcul de votre pension. Mais elles perdent leur qualification de trimestres « cotisés » pour accéder au dispositif carrière longue.
Concrètement, si vous avez effectué 24 mois de TUC, ces 8 trimestres ne comptent plus pour partir à 60 ans avec 168 trimestres cotisés. Ils restent néanmoins pris en compte pour atteindre la durée d’assurance nécessaire à taux plein.
Cette modification touche 1,5 million de Français qui découvrent que leur projet de retraite anticipée devient impossible. Découvrez notre article sur les carrières longues : ce que la suspension de la réforme des retraites va vraiment changer pour vous.
Mais les TUC ne sont pas le seul cas : les règles sur la maternité changent aussi, et de façon plus drastique à partir de septembre 2026.
Maternité 2026 : seuls 2 trimestres compteront pour la carrière longue au lieu de 8
Actuellement, jusqu’à 8 trimestres par enfant peuvent être attribués au titre de la naissance, de l’adoption ou de l’éducation dans le secteur privé. Ces trimestres comptent intégralement pour la retraite anticipée.
À partir du 1ᵉʳ septembre 2026, seuls 2 trimestres maximum de majoration pour enfants seront comptabilisés comme trimestres cotisés. Les 6 autres trimestres restent valides pour calculer votre pension, mais disparaissent du décompte carrière longue.
Cette modification affecte directement les femmes nées entre 1960 et 1975 qui comptaient sur ces trimestres pour partir plus tôt.
Une mère de 3 enfants perd ainsi 18 trimestres pour la retraite anticipée : elle conserve 6 trimestres cotisés au lieu de 24 précédemment. Cette perte peut repousser son départ de 4 ans minimum si elle ne dispose pas d’autres trimestres cotisés suffisants.
Au-delà des TUC et de la maternité, d’autres périodes de carrière restent partiellement non comptabilisées : l’apprentissage ancien et certains congés.
Apprentissage, congés parentaux : les autres périodes qui ne comptent pas (ou partiellement)
Les périodes d’apprentissage effectuées avant juillet 1972 ne sont pas entièrement cotisées mais peuvent bénéficier du dispositif de régularisation. Cette régularisation reste complexe et nécessite des démarches spécifiques auprès de votre caisse de retraite.
Les congés parentaux non rémunérés ne génèrent généralement aucun trimestre cotisé. Seules les périodes indemnisées par la Sécurité sociale ou donnant lieu à validation gratuite comptent pour la carrière longue.
Votre relevé de carrière Carsat liste précisément vos trimestres « cotisés » et « assimilés » année par année : c’est l’unique référence pour calculer votre éligibilité à la retraite anticipée. Découvrez aussi notre article sur le chômage et retraite anticipée : ce que vous devez absolument savoir avant de faire votre demande.
Les erreurs de qualification restent fréquentes : certains trimestres apparaissent comme « cotisés » alors qu’ils relèvent du régime « assimilé ». Une vérification s’impose avant tout projet de départ anticipé.
Ces périodes non comptabilisées ne disparaissent pas de votre carrière : elles restent valides pour calculer le montant de votre pension, mais elles vous excluent de la retraite anticipée.
Le Conseil d’État a validé ces règles en août 2025, fermant la porte aux recours collectifs : seule une vérification individuelle de votre relevé de carrière peut identifier les trimestres perdus.
Avez-vous travaillé en TUC entre 1984 et 1990, ou êtes-vous mère de plusieurs enfants ? Il est urgent de demander votre relevé de carrière à votre Carsat pour calculer votre vrai départ possible.
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