Le PER compte désormais 12,9 millions de titulaires pour un encours de 150,4 milliards d’euros au 31 décembre 2025, selon Bercy (communiqué du 17 mai 2026), mais peu connaissent le vrai coût de la conversion en rente à la retraite. Si vous approchez de la retraite et envisagez une sortie en rente, vous risquez de découvrir trop tard que vos versements mensuels sont grevés de frais absents de la plupart des comparatifs. Cet article les chiffre établissement par établissement et calcule leur impact réel sur votre pouvoir d’achat.
Frais d’arrérage : le coût caché de la sortie en rente qui peut atteindre 3%
Le PER offre trois modes de sortie à la retraite : en rente viagère, en capital, ou une combinaison des deux. La rente viagère est souvent présentée comme la solution la plus sécurisante. Ce que les établissements mentionnent rarement, c’est qu’elle déclenche des frais d’arrérage prélevés sur chaque versement mensuel.
Ces frais d’arrérage s’appliquent à chaque versement de rente, en sus des frais de gestion courants. Contrairement aux frais de transfert entre PER, plafonnés à 1 % par la loi Pacte, les frais d’arrérage ne font l’objet d’aucun plafonnement légal.
Les écarts entre établissements sont considérables. Altaprofits prélève 3 % de frais d’arrérage sur chaque versement. BNP Paribas applique 2,75 %. La Banque Postale se situe à 1,5 %. Le Crédit Agricole et BoursoBank n’appliquent aucun frais d’arrérage.
L’impact est immédiat et mécanique. Sur un capital de 100 000 euros générant une rente mensuelle de 400 euros, des frais d’arrérage à 3 % représentent 144 euros prélevés chaque année, soit une mensualité de rente nette perdue tous les douze mois.
Ces frais d’arrérage ne sont pourtant que la partie visible du problème. S’y ajoutent des frais de gestion annuels qui continuent à grignoter votre capital restant, année après année. Découvrez notre article sur l’épargne à 40 ans : combien faut-il vraiment avoir de côté pour être financièrement serein aujourd’hui ?
Frais de gestion en phase de rente : comment 2 000 € peuvent s’envoler en 20 ans
Une fois la rente déclenchée, les frais de gestion annuels ne disparaissent pas. Selon les déclarations des établissements collectées par MoneyVox en avril 2026, ils oscillent entre 0,6% et 1 % chez la plupart des acteurs, BNP Paribas à 0,70 %, La Banque Postale à 0,85 % maximum. Ces frais sont rarement mis en avant lors de la phase de souscription.
Sur vingt ans, les frais cumulés, arrérage et gestion combinés, peuvent atteindre 2 000 euros pour une rente mensuelle de 400 euros, soit plusieurs mois de versements nets.
Un retraité ayant découvert cette réalité après la conversion témoigne : « Avec tous ces frais cumulés, on se retrouve au fil des années avec plusieurs mensualités envolées… On ne pensait pas perdre autant ! »
La dimension fiscale aggrave encore l’équation. La rente viagère issue d’un PER (versements déduits) est imposée comme une pension de retraite : barème de l’impôt sur le revenu après abattement de 10 %, plus prélèvements sociaux au taux de 18,6 % depuis 2026 sur une fraction de la rente selon l’âge au premier versement. Ce régime est moins favorable que celui de la rente issue d’une assurance-vie dont les versements n’ont pas été déduits, dont la fraction imposable dépend de l’âge du rentier à la date du premier versement.
Ces surcoûts ne sont pas une fatalité : trois leviers permettent de les réduire avant la liquidation.
Alternatives et optimisations : comment réduire les frais avant la retraite
Le premier levier est le transfert de PER. La loi Pacte encadre précisément ce droit : les frais de transfert entre PER sont plafonnés à 1 % du capital les cinq premières années, puis nuls au-delà.
Si vous détenez encore un ancien contrat PERP ou Madelin, les règles ont évolué. Depuis le 24 octobre 2024, les frais de transfert sortants vers un PER sont plafonnés à 1 % les dix premières années, le plafond de 5 % a été supprimé. Au-delà de dix ans de détention, le transfert reste gratuit.
Le contexte de marché pèse également sur la valeur réelle de votre rente. En 2026, le taux de conversion en rente tourne autour de 3 % à 4 % du capital pour un départ à 64 ans, un niveau structurellement bas, lié à l’allongement de l’espérance de vie et à la table de mortalité TGF05 utilisée par les assureurs. Autrement dit, le même capital génère aujourd’hui une rente mensuelle sensiblement plus faible qu’il y a vingt ans.
Le PERin MATLA de BoursoBank affiche 0 frais d’arrérage en cas de sortie en rente, 0 frais d’entrée et des frais de gestion annuels à 0,50 %, classé PERin assurantiel le moins cher du marché en 2025 (étude Ailancy). Un étalon utile pour évaluer votre contrat actuel.
Vérifier les conditions tarifaires de votre contrat en phase de rente, avant la liquidation, reste la démarche la plus directement actionnable. Une fois la rente déclenchée, les frais d’arrérage s’appliquent sans possibilité de renégociation.
Les frais d’arrérage varient du simple au triple selon l’établissement. Transférer votre PER vers un contrat à frais réduits avant la liquidation peut vous épargner plusieurs milliers d’euros, à condition d’agir avant le déclenchement de la rente, après quoi aucune renégociation n’est possible. Retrouvez aussi notre article sur l’Assurance vie 2026 : le seuil à atteindre si vous souhaitez battre le Livret A.
Avez-vous vérifié les frais d’arrérage exacts que vous paierez lors de votre sortie en rente, ou découvrirez-vous cette surprise à la signature ?
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