Grande distribution (Supermarchés VS fournisseurs) : c’est voté et ça risque de piquer pour les consommateurs

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Les députés ont adopté, mercredi 18 janvier, en première lecture un texte modifiant de manière expérimentale le rapport de force entre fournisseurs et industriels de l’agroalimentaire d’une part, et la grande distribution de l’autre, en dépit des critiques des grandes enseignes, selon lesquelles la mesure risque d’aggraver l’inflation.

Un rapport de force trop favorable à la grande distribution

Les négociations entre distributeurs et fournisseurs étaient au cœur des débats. Ces derniers proposent le 1er décembre de chaque année des prix et des conditions de vente pour leurs produits, point de départ de discussions tendues jusqu’au 1er mars.

Mais selon Frédéric Descrozaille, membre du parti présidentiel Renaissance, le rapport de force est trop favorable à la grande distribution. « L’échec des négociations n’interrompt pas le contrat. L’acheteur continue à passer commande, le fournisseur est obligé de le livrer au tarif de l’année antérieure », a-t-il fait valoir.

Une période de transition d’un mois

Son texte prévoyait à l’origine un renversement du rapport de force : le supermarché qui voudrait continuer à être livré devrait accepter les tarifs et les conditions du fournisseur. Les députés avaient ajouté en commission une clause instaurant une période de transition d’un mois avec un médiateur afin que les deux parties s’entendent sur un préavis de rupture commerciale ou une relance.

Une hausse des prix de 30% à prévoir dans les rayons ?

Le texte était inacceptable pour les acteurs de la grande distribution, qui agitaient le risque d’une hausse des prix de 30% dans les rayons et accusaient l’Institut de liaisons économiques et sociales (ILES) de vouloir remettre en cause leur modèle économique. Les députés ont adopté le texte malgré les critiques, avec 111 voix pour et 37 abstentions. Il reste maintenant à voir si cette modification expérimentale aura un impact sur les prix des produits dans les rayons des supermarchés.

Il y a fort à parier qu’avec une telle annonce, le mouvement de grève du 19 Janvier 2023 (reconductible) contre la réforme des retraites pourrait prendre encore plus d’ampleur et voir le risque, pour le gouvernement, de voir s’y greffer les Gilets Jaunes.

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