87 %. C’est la hausse vertigineuse des expulsions locatives en France en un an. Une déflagration brutale dans un pays déjà étouffé par la crise du logement, l’inflation et un pouvoir d’achat en miettes. Les commissaires de justice tirent la sonnette d’alarme : la spirale de précarité qu’ils redoutaient depuis la fin des aides Covid est désormais enclenchée. Et elle va frapper encore plus fort dans les mois à venir.
L’effet boomerang post-Covid explose au visage du secteur
Les chiffres claquent comme un coup de massue : 24.000 procès-verbaux d’expulsion délivrés en 2024, contre 12.825 en 2023. Officiellement, il s’agirait d’un « rattrapage » des dossiers suspendus pendant la pandémie. En réalité, c’est un cocktail explosif entre baisse du pouvoir d’achat, loyers impayés et absence de solutions de relogement qui transforme chaque fin de trêve hivernale en drame humain.
Cette montée en flèche n’épargne aucun territoire, mais ce sont surtout les logements sociaux qui concentrent la majorité des expulsions. Une donnée glaçante, qui confirme que ce sont les foyers les plus fragiles qui paient l’addition de la crise. Pour les commissaires de justice, le lien entre pauvreté grandissante et saturation des dispositifs d’hébergement est désormais incontestable.
Expulsions, impayés, abandons : tous les indicateurs virent au rouge
Derrière cette hausse des expulsions, une autre dynamique s’accélère : celle des procédures. 171.000 commandements de payer ont été délivrés en 2024, soit +11 % en un an. Les décisions de justice ordonnant de quitter les lieux progressent aussi de +9,3 %, preuve que la machine judiciaire tourne à plein régime.
Les chiffres ne mentent pas : il y a aujourd’hui une augmentation à toutes les étapes du processus d’expulsion. Et ce n’est que le début. Les experts alertent déjà sur une possible vague massive en 2025 et 2026, nourrie par l’effet retard des difficultés économiques actuelles.
À cela s’ajoute un phénomène de plus en plus fréquent : les abandons de logements. Des locataires qui partent en silence, sans prévenir, souvent sans laisser d’adresse. 5.350 constats officiels d’abandon ont été enregistrés cette année, en hausse de 8 %. Un indicateur cruel d’un système qui craque de partout, même dans le parc immobilier locatif.
Une précarité qui enferme et freine l’accès au logement
La question n’est plus de savoir si l’on va vers une crise du logement, mais à quel point elle va s’aggraver. Quand seulement 10 à 15 % des ménages expulsés parviennent à être relogés, on parle d’une bombe sociale à retardement. Et l’explosion a déjà commencé.
La pression monte aussi côté copropriétés : plus d’un million de propriétaires seraient en difficulté pour régler leurs charges. Et plus largement, ce climat d’insécurité financière refroidit même ceux qui rêvaient de devenir propriétaire. Les dossiers de financement s’effondrent, la confiance s’érode, et les locataires se retrouvent piégés entre loyers trop élevés et absence d’alternatives.
Face à cette spirale, le silence des politiques pèse lourd. Et l’inaction risque de faire basculer des milliers de familles dans la rue.
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