À 69 ans, ils retournent travailler sous 37 °C : leur retraite ne suffit plus vraiment

À 69 ans, Anita et Jean-Luc Glebleau reprennent chaque été le chemin des vergers, parfois sous 37 °C, parce que leur retraite ne leur permet plus vraiment de garder le même niveau de vie.

Le contraste est rude. D’un côté, l’âge, la chaleur, les journées qui commencent tôt pour éviter les heures les plus brûlantes. De l’autre, une réalité budgétaire que beaucoup de retraités connaissent sans toujours la dire aussi franchement.

Anita et Jean-Luc Glebleau vivent dans l’ouest de la France. Avant leur retraite, elle était préparatrice de commandes. Lui travaillait comme responsable de stock. Aujourd’hui, ils consacrent une partie de leur été aux travaux liés aux pommes, entre récolte et tâches saisonnières adaptées à ce qu’ils peuvent encore supporter physiquement.

Une retraite qui oblige à reprendre un travail physique

Le couple ne présente pas ce retour au travail comme un simple loisir. Jean-Luc Glebleau l’a résumé sans détour au Courrier de l’Ouest : « On ne va pas se le cacher, le bénéfice premier, c’est l’argent ». La phrase tient tout l’angle de leur histoire : à 69 ans, travailler encore n’est pas seulement une envie de rester actif, c’est une manière de compléter une pension trop courte.

Leur objectif est clair : préserver un niveau de vie que leurs pensions seules ne permettent plus. Anita Glebleau explique que, sans ce revenu supplémentaire, ils auraient « moins de choses ». Ce ne sont pas de grands discours sur la valeur travail. C’est du budget de fin de mois, posé simplement.

Ce cas ne permet pas de tirer une règle générale sur tous les retraités. Il raconte en revanche une situation très concrète : quand la pension ne suffit pas, certains seniors repartent vers des emplois saisonniers, souvent physiques, parce que ces missions existent près de chez eux et qu’elles permettent de remettre un peu d’argent dans le mois. Découvrez notre article sur votre retraite : elle peut tomber le 1ᵉʳ, le 9 ou presque à la fin du mois selon votre caisse.

Sous 37 °C, le travail saisonnier rappelle ses limites

Dans les vergers, la difficulté ne se limite pas aux horaires. Les températures peuvent atteindre 37 °C. Pour éviter le plus dur de la chaleur, les journées commencent parfois très tôt. Même avec cette organisation, l’effort reste important pour deux personnes de 69 ans.

Anita Glebleau a d’ailleurs renoncé à l’éclaircissage. La tâche ne lui convenait plus et elle savait qu’elle ne pourrait pas forcément aller au bout. La récolte des pommes reste possible, mais le couple ajuste son activité à son état physique. Ce point change beaucoup de choses : leur retour au travail dépend moins d’une volonté abstraite que d’une santé encore suffisante.

Jean-Luc Glebleau le dit lui-même : « Tant qu’on a la santé, on peut continuer. Tout dépendra de notre forme physique ». Sa femme envisage encore une ou deux années de récoltes avant d’arrêter. Leur histoire montre donc une limite très nette : compléter sa retraite par un travail saisonnier peut aider, mais le corps finit par fixer la vraie date de fin.

L’argent d’abord, mais pas seulement le porte-monnaie

Le revenu reste la motivation principale. Mais le couple met aussi en avant ce que le travail redonne sur le plan social. Jean-Luc Glebleau confie qu’ils se sentent « moins isolés » et qu’ils gardent « un pied dans le monde du travail ». Pour des retraités sortis depuis plusieurs années du cadre professionnel, cette dimension compte aussi.

Ils disent avoir découvert un monde de saisonniers qu’ils ne côtoyaient pas auparavant. Le regard a changé. Jean-Luc Glebleau estime que ces travailleurs « méritent beaucoup plus » et évoque une ambiance, des personnalités, des visages que l’on reconnaît ensuite dans la rue. Anita Glebleau ajoute que, dans une bonne ambiance, « on oublie le temps » et que certains moments font rire.

Le contexte financier donne aussi un repère utile. D’après Aide-sociale.fr, le minimum vieillesse ASPA 2026 peut atteindre jusqu’à 1 043,59 € par mois pour une personne seule et 1 620,18 € pour un couple. Ce chiffre ne dit pas combien touche Anita et Jean-Luc Glebleau, mais il rappelle l’ordre de grandeur dans lequel vivent de nombreux retraités modestes. Une petite activité saisonnière peut alors devenir un vrai complément, même si elle se paie en fatigue. Retrouvez aussi notre article sur les retraités : une pension différente en septembre peut venir de ce réglage fiscal souvent oublié.

Leur histoire n’a rien d’un modèle à idéaliser. Travailler sous 37 °C à 69 ans pour compléter une pension raconte surtout une tension très française : vouloir profiter de sa retraite, tout en devant encore compter chaque euro. Chez Anita et Jean-Luc Glebleau, l’argent ouvre la porte des vergers. Le lien social aide à y retourner. La santé décidera du moment où il faudra arrêter.

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