Le chiffre de 87 % peut faire sursauter tous les propriétaires, mais il ne dit pas que presque toutes les taxes foncières françaises sont fausses : il vient d’une étude privée menée sur des dossiers déjà analysés par orka.tax.
La nuance change tout. Après l’arrivée des avis de taxe foncière 2026 pour les propriétaires non mensualisés, le sujet est explosif : l’impôt augmente souvent, la lecture de l’avis reste obscure, et beaucoup de contribuables ne savent pas ce qui se cache derrière la valeur locative cadastrale.
Orka.tax, plateforme lancée par deux avocats, Manon Bellin et Gary Cahn, affirme avoir passé au crible 1 351 avis transmis par ses utilisateurs. Dans cet échantillon, 87 % feraient apparaître une surévaluation, avec un écart moyen de 260 euros. C’est fort. Mais c’est surtout un signal de vérification, pas une statistique officielle sur tous les foyers.
87 % d’avis surévalués : un chiffre fort, mais issu de dossiers déjà ciblés
Le chiffre qui circule repose sur les avis étudiés par orka.tax. Cela signifie que l’échantillon vient de propriétaires qui ont déjà eu un doute, ou qui ont demandé une vérification. Ce n’est donc pas la même chose qu’un contrôle aléatoire de tous les avis de taxe foncière en France.
Dans ces 1 351 dossiers, la start-up indique que 87 % présentaient une surévaluation. Le montant moyen avancé atteint 260 euros. Pour un propriétaire, ce n’est pas un détail perdu dans une ligne fiscale : c’est parfois l’équivalent d’une facture d’énergie, d’assurance ou de charges.
Le sujet arrive au mauvais moment pour les ménages. L’an dernier, le montant moyen de taxe foncière s’est élevé à 1 117 euros, d’après l’administration fiscale citée en mai. Pour 2026, les valeurs locatives cadastrales ont encore été revalorisées de 0,8 % par l’État. Retrouvez notre article sur la taxe foncière 2026 : ces deux dates d’octobre peuvent coûter 10 % de plus aux propriétaires distraits.
À cela s’ajoute la décision locale. D’après les données de la DGFiP reprises dans l’article, seules 217 communes ont baissé leur taux, soit 0,6 % du total. À l’inverse, 4 731 communes l’ont augmenté, soit 13,6 %, tandis que 29 893 l’ont laissé inchangé.
Le vrai sujet se cache dans la valeur locative cadastrale
La taxe foncière ne dépend pas uniquement du taux voté par la commune. Sa base repose sur la valeur locative cadastrale du bien, c’est-à-dire le loyer annuel théorique que le logement pourrait produire dans des conditions normales, d’après la définition de l’administration fiscale.
Cette base peut devenir piégeuse parce qu’elle ne correspond pas seulement à la surface réelle du logement. Des éléments de confort peuvent ajouter des mètres carrés pondérés au calcul : eau courante, électricité, baignoire, lavabo, WC, chauffage ou climatisation.
Dans les exemples cités, une baignoire peut compter pour 5 m² supplémentaires, un lavabo pour 3 m², et un chauffage ou climatiseur pour 2 m² par pièce équipée. Une maison de 95 m² peut donc se retrouver avec une surface pondérée bien plus élevée dans le calcul fiscal.
Le problème apparaît surtout quand la situation réelle du logement ne correspond plus à ce qui est enregistré. Une baignoire retirée, des travaux, une dépendance modifiée ou un élément de confort mal compté peuvent continuer à peser dans la base imposable.
C’est précisément là que le chiffre de 87 % prend son sens : il ne prouve pas que tous les avis sont faux, mais il montre que les dossiers vérifiés peuvent révéler des écarts importants sur la base de calcul.
Ce qu’un propriétaire doit vérifier avant de contester
Le premier réflexe n’est pas de contester au hasard. Il faut demander la fiche d’évaluation cadastrale du bien, aussi appelée formulaire 6675. C’est ce document qui permet de voir comment la valeur locative cadastrale a été construite.
Cette fiche ne figure pas directement sur l’avis de taxe foncière. Elle peut être demandée via la messagerie sécurisée de l’espace particulier sur impots.gouv.fr, ou auprès d’un centre des finances publiques.
Une fois le document obtenu, le contrôle doit porter sur les éléments concrets : surface retenue, dépendances, éléments de confort, chauffage, climatisation, salle de bain, WC, et cohérence avec les travaux réellement effectués dans le logement.
Le calendrier renforce l’urgence pratique. Sud Ouest rappelait que les avis de taxe foncière 2026 sont disponibles à partir du 27 août pour certains contribuables, avec des dates qui varient selon que le propriétaire est mensualisé ou non, et selon le format de réception et le moyen de paiement. Découvrez notre article sur la taxe foncière 2027 : cette règle peut éviter une mauvaise surprise aux retraités déjà exonérés.
Pour les propriétaires, le bon usage du chiffre de 87 % est donc simple : ne pas paniquer, ne pas l’appliquer mécaniquement à son avis, mais s’en servir comme déclencheur pour contrôler la fiche cadastrale. Si la base est erronée, c’est elle qu’il faut documenter avant toute réclamation.
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