Avec le SP95 affiché en moyenne à 1,78 € le litre début mars 2026 et une progression de 5 à 20 centimes en une semaine, la bataille politique autour du prix des carburants s’intensifie entre RN, LFI et le gouvernement. En quelques jours, de nombreux automobilistes ont vu les chiffres grimper sur les totems des stations-service. Avec la guerre au Moyen-Orient et un baril de brut remonté autour de 80 dollars, les prix du carburant repartent brutalement à la hausse en France. L’opposition accuse l’État de profiter de la flambée, pendant que le gouvernement martèle qu’il n’en est pas le « grand gagnant ». La bataille des chiffres est lancée.
Une hausse de 5 à 20 centimes par litre en une semaine
Le ministre Roland Lescure a évoqué une progression de 5 à 15 centimes sur le SP95 et de 15 à 20 centimes sur le gazole en une seule semaine. Le litre de SP-95/E10 se vendait jeudi matin en moyenne 1,78 €, non loin du seuil des 2 € déjà franchi en 2022. L’Union française des industries pétrolières rappelle qu’un litre se compose d’environ 30 % de coût du brut, de 50 à 55 % de taxes (TVA et accise, ex-TICPE) et de 15 à 20 % de coûts de distribution. Le patron de Coopérative U estime que plus de 51 % du prix payé à la pompe part directement dans les caisses de l’État. Découvrez notre article sur la hausse de la taxe foncière : qui sont les retraités qui peuvent être exonérés ?
Ce que réclament RN et LFI face à la flambée
Face à cette envolée, le Rassemblement national remet sa recette habituelle sur la table. Marine Le Pen propose de ramener la TVA de 20 % à 5,5 % sur les carburants, le fioul et le gaz, tandis que Jordan Bardella demande de réduire la TVA et l’accise en cas de flambée. Côté gauche, Éric Coquerel demande au gouvernement de réfléchir à un blocage des prix de l’essence et d’envisager des ajustements de l’accise si la situation perdure. Plusieurs fédérations du BTP militent pour une TICPE flottante qui baisserait automatiquement lorsque le brut s’envole.
Le gouvernement refuse de toucher à la TICPE ou à la TVA
Pour l’exécutif, modifier la TICPE ou la TVA n’est pas d’actualité. La ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon juge « inconcevable » de réduire ces prélèvements, car une telle mesure créerait selon elle un trou d’environ 20 milliards d’euros dans le budget de l’État. Bercy répond par ailleurs que la plus grande part des recettes fiscales liées au carburant, à savoir l’accise, ne dépend pas du prix du carburant et ne génère donc pas de recettes supplémentaires automatiques lors des flambées.
Bercy convoque les distributeurs et menace de publier les noms des « abuseurs »
Jeudi matin, Bercy a reçu les distributeurs pour s’assurer qu’ils ne répercutent pas la hausse du baril au-delà du raisonnable. Roland Lescure a demandé aux différents acteurs de regarder « qui exagère » en promettant de publier leurs noms si les faits étaient confirmés. L’Ufip assure qu’il n’y a « pas de crainte à avoir sur l’approvisionnement », tout en prévenant d’une répercussion rapide de la hausse du brut sur les prix à la pompe. La moindre tension géopolitique continue de se traduire par quelques centimes de plus sur le ticket de caisse des automobilistes. Retrouvez aussi notre article sur les conflits internationaux : ce qui menace vraiment l’épargne des retraités.
Conclusion
La flambée des prix des carburants début mars 2026 ravive un débat politique récurrent sur la fiscalité à la pompe, sans que le gouvernement n’envisage la moindre aide concrète pour les automobilistes. Entre blocage des prix réclamé par la gauche et baisse de TVA exigée par le RN, l’exécutif choisit la voie de la pression sur les distributeurs. Pensez-vous que l’État devrait baisser la TICPE ou la TVA lors des flambées du prix des carburants pour protéger le pouvoir d’achat des conducteurs ? Donnez votre avis en commentaire.
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