Le régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui verse des pensions à près de 14 millions de retraités du privé, intensifie ses contrôles auprès des résidents à l’étranger. Objectif : éviter les fraudes et s’assurer que les personnes touchant une pension sont bien en vie, et bien celles qu’elles prétendent être.
D’ici 2030, 400 000 retraités vivant hors de France vont être convoqués dans le cadre d’un contrôle d’existence, en priorité dans certains pays.
Une première vague en Algérie, puis au Maroc, en Tunisie et en Turquie
La première phase de cette opération débute en Algérie, où près de 60 000 retraités seront contrôlés chaque année, soit 16 % des pensionnés français dans le pays. Ce dispositif s’étendra ensuite à d’autres régions fortement concernées : Maroc, Tunisie, Turquie, etc.
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Comment se déroule le contrôle ?
Les retraités ciblés reçoivent une convocation de leur banque locale, partenaire de l’Agirc-Arrco. Il ne s’agit pas d’une démarche administrative isolée : la présence physique en agence est exigée, avec pièce d’identité à jour, afin de remplir un certificat de vie et confirmer les coordonnées bancaires.
Ce contrôle ne demande jamais de code secret, de mot de passe ou d’information bancaire sensible. En cas de doute, il est conseillé :
- D’appeler directement son agence avec le numéro habituel ;
- De consulter son espace personnel Agirc-Arrco ;
- De contacter le consulat français de sa région.
Une application mobile avec reconnaissance faciale, « Mon certificat de vie », est également en cours de déploiement pour simplifier la procédure.
Quels sont les risques en cas d’absence ou d’oubli ?
Les retraités disposent généralement de trois mois après la réception de la convocation pour effectuer la démarche. En l’absence de réponse, la pension Agirc-Arrco est suspendue, puis supprimée si aucune régularisation n’intervient.
Lors des premières campagnes pilotes :
- 40 % des retraités convoqués n’ont pas réagi à temps ;
- 25 % n’ont jamais pu être localisés, entraînant un arrêt définitif des versements.
Des solutions existent en cas de difficulté
Pour les personnes hospitalisées, dépendantes ou immobilisées, il est possible :
- De solliciter un report de rendez-vous ;
- De demander un contrôle à distance ;
- De mandater un proche grâce à une procuration écrite ;
- De fournir des justificatifs médicaux à la banque ou à l’Agirc-Arrco.
Une fois la situation régularisée, la pension peut être rétablie avec effet rétroactif, mais cela nécessite des démarches administratives parfois longues et contraignantes.
En résumé
- 400 000 retraités à l’étranger vont être convoqués pour un contrôle d’identité Agirc-Arrco d’ici 2030.
- La présence physique en agence bancaire locale est souvent requise.
- Aucune information sensible ne doit être communiquée par téléphone ou message.
- Sans réaction, la pension est suspendue, voire supprimée.
- Des recours sont possibles en cas d’empêchement médical ou administratif.
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