Le vote du 12 novembre à l’Assemblée nationale bouleverse une partie du calendrier de départ à la retraite prévu par la réforme de 2023. Voici ce que cela implique concrètement pour les Français nés entre 1964 et 1968.

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La réforme des retraites de 2023 a été mise entre parenthèses, du moins temporairement.
Le mercredi 12 novembre, les députés ont voté la suspension du relèvement de l’âge légal de départ, inscrit dans le budget 2026. Le texte doit encore passer au Sénat, mais si la version actuelle est adoptée, des centaines de milliers de futurs retraités verront leurs conditions d’accès à la retraite légèrement assouplies… sans pour autant revenir à la situation d’avant-réforme.
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Une réforme suspendue, pas annulée
La mesure adoptée à l’Assemblée vise une pause jusqu’à 2027, soit après la présidentielle. Elle ne supprime pas la réforme Borne mais en ralentit l’application.
Une sorte de rétropédalage stratégique, qui impacte directement les générations nées entre 1964 et 1968.

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Ce qui change pour les générations concernées
Vous êtes né en 1964
- Avant : départ à 63 ans | 171 trimestres requis
- Avec suspension : départ à 62 ans et 9 mois | 170 trimestres
Gain : 1 trimestre sur l’âge + 1 trimestre sur la durée de cotisation
Vous êtes né au 1er trimestre 1965
- Avant : départ à 63 ans et 3 mois | 172 trimestres requis
- Avec suspension : départ à 62 ans et 9 mois | 170 trimestres
Gain : 2 trimestres sur l’âge + 2 trimestres sur la durée de cotisation
Vous êtes né entre avril 1965 et fin 1968
Un nouveau calendrier progressif s’appliquerait :
| Année de naissance | Âge légal de départ | Trimestres requis |
|---|---|---|
| Avril–Déc. 1965 | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
Chaque génération gagne un trimestre d’âge légal par rapport à la réforme de 2023.
Et pour les carrières longues ?
Le dispositif pour carrières longues est conservé, avec un gain supplémentaire d’un trimestre d’anticipation.
Cela concerne les assurés ayant commencé à travailler très tôt (avant 18 ans), mais aussi les fonctionnaires en catégorie active : policiers, aides-soignants, égoutiers, etc.
Ce nouveau cadre entrerait en vigueur à partir du 1er septembre 2026, le temps de mettre à jour les systèmes des caisses de retraite.
Ce compromis voté à l’Assemblée marque un ralentissement symbolique de la réforme Borne, sans revenir sur l’ensemble du dispositif.
Il permet d’apporter une réponse ciblée aux générations proches du départ, tout en préservant la structure globale de la réforme, et laisse une grande marge de manœuvre au prochain quinquennat pour relancer ou refondre le modèle.
Une suspension qui pourrait devenir un terrain de campagne en 2027.
Qu’en pensez-vous ?
La suspension votée à l’Assemblée nationale ne revient pas totalement sur la réforme Borne, mais assouplit partiellement les conditions de départ pour les générations 1964 à 1968. En attendant la décision du Sénat, ce vote ouvre une période de transition aux conséquences politiques et sociales encore incertaines.
Êtes-vous concerné par ce nouveau calendrier ? Que pensez-vous de cette suspension ? Partagez votre expérience et vos attentes dans les commentaires.
Crédit Photos : Visactu
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