Retraite 2026 : l’INSEE révèle combien les femmes doivent épargner dès 35 ans pour égaler la pension des hommes

En 2023, les femmes retraitées perçoivent en moyenne 1 306 € bruts par mois, contre 2 089 € pour les hommes, soit 783 € de moins chaque mois (DREES, édition 2025). Si vous êtes une femme de 35 ans ou plus, cet écart vous concerne directement : il se construit année après année sur votre fiche de paie, et se cristallise au moment de la liquidation de votre retraite.

Retraite 2026 : pourquoi les femmes perçoivent environ 37 % de pension en moins

L’écart de pension entre femmes et hommes a reculé depuis vingt ans. Il atteignait 50 % en 2004. Il s’établit à environ 37 % en 2023 (DREES, édition 2025). La progression est réelle. Elle reste insuffisante.

En valeur absolue, les chiffres sont sans ambiguïté. Les femmes retraitées perçoivent 1 306 € brut mensuel en 2023, contre 2 089 € pour les hommes (DREES, édition 2025). L’écart mensuel est de 783 €. Sur une année, cela représente près de 9 400 € de pension en moins.

Pour comprendre cet écart, il faut remonter au marché du travail. À temps de travail identique, les femmes gagnent en moyenne 14,2 % de moins que les hommes (INSEE, données 2023). En intégrant le temps partiel, majoritairement féminin, l’écart global du revenu salarial atteint 21,8 % dans le secteur privé (INSEE, données 2024).

Ce différentiel de salaire se traduit mécaniquement en différentiel de cotisations, puis en différentiel de pension. Les carrières fragmentées par la maternité aggravent le phénomène : chaque interruption réduit le nombre de trimestres validés et le salaire annuel moyen de référence. Notre système de retraite a été conçu sur le modèle d’une carrière masculine continue à temps plein, un modèle que la majorité des femmes n’a jamais eu.

Une nuance mérite d’être précisée. La pension de réversion, versée au conjoint survivant, majoritairement des femmes, réduit l’écart. Une fois intégrée, l’écart de pension passe d’environ 37 % à 25 % (DREES, édition 2025). Cela ne supprime pas l’inégalité. Cela signifie qu’une partie des femmes dépend d’un droit dérivé, et non d’un droit propre constitué par leur propre carrière.

Face à ce constat, une seule réponse individuelle disponible : compenser par l’épargne personnelle. Voici le calcul concret que les femmes doivent connaître. Retrouvez notre article sur la retraite 2026 : ce montant de revenus à ne pas dépasser pour toucher la pension de réversion.

200 € par mois dès 35 ans : le calcul pour réduire l’écart de pension

Le principe de la capitalisation est mathématique. Épargner 200 € par mois pendant 30 ans, de 35 à 65 ans, avec un rendement annuel moyen de 5 %, produit un capital d’environ 160 000 € à l’âge de la retraite. Ce calcul de capitalisation standard circule dans les médias avec une attribution à l’INSEE. À ce stade, aucune publication directe de l’INSEE ne formalise ce chiffre précis dans un document officiel identifiable. Il s’agit d’un calcul financier vérifiable par tout simulateur de capitalisation, appliqué aux données de l’institution.

Ce capital de 160 000 € ne comble pas intégralement les 783 € mensuels d’écart sur l’ensemble d’une retraite. Sur 20 ans de retraite, cet écart représente environ 188 000 €. L’effort d’épargne réduit significativement le déficit. Il ne l’efface pas.

Isabelle Le Bot, Directrice épargne chez Malakoff Humanis, formule le problème de fond : « L’indépendance financière est un levier essentiel d’émancipation pour les femmes. Or, trop souvent, les inégalités de revenus, de carrière ou encore l’autocensure face aux décisions d’investissement freinent leur capacité à épargner. » (Malakoff Humanis, 2025)

Trois dispositifs légaux permettent de construire cette épargne retraite. Le Plan Épargne Retraite (PER) offre une déductibilité fiscale des versements du revenu imposable. L’assurance-vie permet une capitalisation à long terme avec une fiscalité allégée après huit ans. L’épargne salariale, plan d’épargne entreprise, PERCO, mobilise l’abondement de l’employeur. Ces dispositifs sont cumulables, mais leurs règles fiscales et conditions de sortie diffèrent : chaque situation requiert une analyse personnalisée.

Mais l’épargne personnelle ne suffira pas si le système de retraite ne change pas. C’est précisément ce que la législation 2026 commence à corriger.

Retraite 2026 : les premières mesures pour réduire l’écart

La LFSS 2026, promulguée le 30 décembre 2025, introduit deux mesures distinctes en faveur des mères de famille.

Première mesure, calcul du salaire annuel moyen (SAM) : depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le SAM des mères est calculé sur les 24 meilleures années de carrière (1 enfant) ou les 23 meilleures années (2 enfants ou plus), au lieu des 25 retenues pour tous. Cette mesure cible directement les années de faible rémunération liées à la maternité. En retirant du calcul les années les moins favorables, elle relève mécaniquement le salaire de référence, et donc le montant de la pension. Selon le gouvernement, ce dispositif devrait accroître le montant de la retraite de base des mères concernées de 50 % en moyenne.

Deuxième mesure carrière longue : à partir du 1ᵉʳ septembre 2026, les majorations de durée d’assurance (MDA) pour enfants seront comptabilisées comme trimestres réputés cotisés, dans la limite de deux trimestres, pour l’accès à la retraite anticipée pour carrière longue. Selon le gouvernement, plus de 13 000 femmes nées à partir de 1970 en seront bénéficiaires.

La réforme des retraites de 2023 avait posé un premier jalon. Dans le secteur privé, chaque enfant ouvre droit à huit trimestres de majoration : 4 au titre de la maternité (exclusivement attribués à la mère) et quatre au titre de l’éducation. La réforme 2023 garantit désormais à la mère au moins deux de ces quatre trimestres d’éducation, qui ne peuvent plus lui être entièrement retirés au profit du père.

Ces évolutions restent partielles. Elles ne s’attaquent pas à la source première de l’inégalité : l’écart de revenu salarial de 21,8 % dans le secteur privé (INSEE, données 2024), qui se forme bien avant la retraite et qu’aucune réforme du calcul des pensions ne peut effacer rétroactivement.

L’écart de pension entre femmes et hommes est d’abord un écart salarial et de carrière. L’épargne personnelle peut en réduire les effets à la retraite. Elle ne résoudra jamais seule une inégalité qui se construit sur trente ans de vie professionnelle.

Les réformes de 2023 et 2026 corrigent des mécanismes de calcul. Elles ne touchent pas à l’écart salarial qui se creuse dès le premier bulletin de paie. Retrouvez aussi notre article sur la retraite 2026 : combien faut-il prévoir pour continuer à vivre sereinement sans se ruiner ?

Vous avez 35 ans ou plus : avez-vous déjà calculé combien vous devrez épargner chaque mois pour compenser l’écart de pension qui se construit en ce moment sur votre fiche de salaire ?

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