Le Livret A reste le placement le plus répandu en France, mais l’assurance-vie concentre une masse d’argent sans commune mesure avec son nombre de contrats.
Classer les placements préférés des Français paraît simple jusqu’au moment de choisir le bon indicateur. En nombre de produits ouverts, le Livret A conserve une avance nette. En montant détenu, le classement change complètement de visage.
Cette opposition permet aussi de distinguer deux usages. Le Livret A sert largement d’épargne disponible, tandis que l’assurance vie accueille davantage de capitaux placés sur une durée longue. Le nombre de comptes ne suffit donc pas à mesurer le poids économique réel d’un produit.
58 millions de Livrets A, un record de diffusion
À la fin de 2025, la Banque de France dénombrait 58 millions de Livrets A. L’assurance vie suivait avec plus de 43,5 millions de contrats, d’après les données du Comité consultatif du secteur financier. Le LDDS complétait ce podium avec 27 millions de contrats.
Le Livret A bénéficie d’un taux de détention particulièrement élevé, estimé à 83 % de la population concernée, contre 48,5 % pour le LDDS. En 2025, 2,7 millions de Livrets A ont encore été ouverts, soit un niveau comparable à celui observé en 2021.
Son rendement a néanmoins nettement reculé sur la période récente. Le taux est passé de 1,5 % à 1,7 % le 1ᵉʳ août 2026. Service Public précise qu’à compter du 1ᵉʳ août 2026, le taux d’intérêt annuel du Livret A est fixé à 1,7 %, contre 1,5 % entre le 1ᵉʳ février et le 31 juillet 2026. Avec les changements intervenus en cours d’année, le rendement annuel moyen communiqué pour 2026 ressort à 1,16 %, après 2,16 % en 2025 et 3 % en 2024. Découvrez notre article sur le Livret A au maximum : avant de déplacer les intérêts, vérifiez quelle limite la banque applique réellement.
L’assurance vie change totalement l’échelle du classement
Le nombre de contrats place l’assurance-vie derrière le Livret A. Les encours racontent l’histoire inverse. À la fin de décembre 2025, l’assurance-vie représentait 2 107 milliards d’euros, en hausse de 6,1 %, contre 449 milliards d’euros déposés sur les Livrets A.
L’assurance vie concentre donc beaucoup plus d’argent malgré un nombre inférieur de contrats. Son rendement moyen sur les fonds en euros atteignait 2,6 % en 2025, un niveau identique à ceux annoncés pour 2023 et 2024. Cette rémunération ne concerne toutefois que les fonds en euros. Les unités de compte peuvent offrir un potentiel différent, avec un risque de perte en capital.
Le LDDS illustre aussi la différence entre diffusion et encours. Ses 27 millions de contrats totalisaient 165 milliards d’euros à la fin de 2025. La Banque de France faisait état d’une progression de 3,2 % de cet encours, soutenue par 2,5 milliards d’euros de versements supplémentaires par rapport à 2024.
La hiérarchie dépend donc de la question posée. Le Livret A gagne lorsqu’on compte les produits. L’assurance vie domine lorsqu’on mesure les sommes confiées par les épargnants.
Du compte-titres au PER, les chiffres ne mesurent pas toujours la même chose
Derrière les trois premiers produits, 13,2 millions de comptes-titres étaient recensés à la fin de 2024. Leur performance dépend des actifs choisis. Une simulation portant sur 10 000 euros investis dans des fonds d’actions mondiales aboutissait à une performance nette de frais de 11,49 % en 2025, sans supprimer le risque de perte en capital.
Le LEP comptait 12,1 millions de contrats à la fin de 2025. Son taux était maintenu à 2,5 %, mais son accès restait soumis à des conditions de ressources. La Banque de France recensait 1,2 million d’ouvertures en 2025, avec un rythme de progression moins rapide qu’au cours des années précédentes.
Le PEL descendait à 8,2 millions de plans à la fin de 2025, après un recul annuel de 9,7 %, contre 9 % en 2024. Les PEL ouverts depuis mars 2011 étant limités à quinze ans, les fermetures automatiques doivent peser sur leur nombre entre 2026 et 2030. La Banque de France souligne que les ouvertures avaient atteint un maximum de 1,5 million en 2014.
Le PEA totalisait pour sa part 5,4 millions de plans à la fin de 2024. Son plafond de versement est fixé à 150 000 euros, avec un plafond cumulé de 225 000 euros lorsqu’il est associé à un PEA-PME. Enfin, les données disponibles mentionnent 4,4 millions de plans PER à fin 2024, mais aussi 12,9 millions de titulaires de produits PER à fin 2025. Ces deux chiffres semblent reposer sur des périmètres différents et ne peuvent pas être alignés sans consulter la méthodologie du CCSF.
Le classement brut récompense donc le Livret A, présent dans des dizaines de millions de foyers. Le poids financier place pourtant l’assurance-vie dans une autre catégorie. Pour comparer les placements, il faut regarder à la fois leur diffusion, leur encours, leur rendement, leur fiscalité et le risque accepté. Retrouvez aussi notre article sur le Livret A à 2,50 % en février 2027 ? Deux indicateurs rendent ce scénario plus crédible.
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