Le fonds d’épargne géré par la Caisse des Dépôts financera à hauteur de 60 % la construction de six nouveaux réacteurs EPR2, pour un coût estimé à 72,8 milliards d’euros, sans aucune conséquence sur le taux du Livret A selon les experts. Fin janvier 2026, les épargnants détenaient 447,8 milliards € sur leurs Livrets A, 165,2 milliards € sur les LDDS et 83,8 milliards € sur les LEP. Ces sommes colossales servent depuis toujours à financer des projets d’intérêt général, le logement social en tête avec 20,9 milliards € prêtés en 2024.
Comment le nucléaire sera financé sans toucher aux missions historiques
La CDC divise sa manne financière en deux poches : une moitié pour des prêts à taux préférentiels, une autre moitié en investissements sur les marchés. Le financement des EPR2 prendra la forme d’un prêt de très long terme accordé à EDF, assorti d’un prix de l’électricité plafonné à 100 €/MWh et d’une garantie de l’État validée lors d’un vote de loi de finances. Pour ne pas pénaliser les bénéficiaires historiques, la CDC pourrait réduire à la marge ses placements financiers, l’impact restant selon elle minime à l’échelle des sommes gérées. Découvrez notre article sur le Livret A : « C’est de l’espionnage ! », la nouvelle déclaration qui fait grincer des dents.
Votre rendement ne changera pas : le taux dépend de l’inflation, pas des investissements
Bonne nouvelle pour les épargnants : « le rendement est indépendant de la rentabilité des investissements », rappelle Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne. Le taux du Livret A repose sur une stricte formule de calcul basée sur l’inflation et l’évolution globale des taux d’intérêt, pas sur la performance des projets financés. Tombé à 1,5 % au 1ᵉʳ février 2026, le taux pourrait remonter dès août si la guerre en Iran provoque un léger retour de l’inflation.
Faut-il s’inquiéter pour le financement du logement social ?
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a promis que le fonds participera au nucléaire « tout en assurant sa mission prioritaire de financement du logement social« . L’Union sociale de l’habitat (USH) indique ne « pas avoir d’inquiétude particulière » sur l’accès aux ressources. En revanche, l’UFC-Que Choisir craint « un effet d’éviction, même indirect » sur la mission principale du Livret A. Le projet reste par ailleurs soumis au feu vert de la Commission européenne, qui pourrait s’opposer aux taux préférentiels accordés à EDF au regard des règles anticoncurrentielles. Retrouvez aussi notre article sur l’assurance vie 2026 : le seuil à atteindre si vous souhaitez battre le Livret A.
Conclusion
Le fléchage d’une partie de l’épargne des Français vers les EPR2 constitue un tournant historique pour le Livret A, sans impact sur son taux mais avec des questions légitimes sur la préservation de la mission sociale de ce placement. Êtes-vous à l’aise avec l’idée que votre Livret A finance la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, ou préférez-vous que cette épargne reste exclusivement dédiée au logement social et aux projets locaux ? Donnez votre avis en commentaire.
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