Gelé à 3 % jusqu’en janvier 2025, le taux du Livret A pourrait être revu à la baisse dès le début de l’année prochaine. Contexte économique, inflation en repli, décisions politiques… plusieurs signaux convergent vers une rémunération moins généreuse en 2026.
Le Livret A, placement favori des Français pour son accessibilité et sa sécurité, pourrait voir son taux de rémunération reculer dès le 1ᵉʳ février 2026. Après plusieurs trimestres à 3 %, un niveau inédit depuis plus de dix ans, les conditions économiques actuelles ne justifieraient plus un tel niveau de rendement. Une annonce qui, si elle se confirme, risque de décevoir de nombreux épargnants.
Comment est calculé le taux du Livret A ?
Le taux du Livret A repose sur une formule établie par la Banque de France, qui combine deux éléments :
- la moyenne de l’inflation sur les six derniers mois (hors tabac)
- la moyenne des taux interbancaires à court terme (€STR)
Ce résultat est ensuite arrondi au dixième de point le plus proche. Toutefois, le gouvernement peut s’écarter de cette formule pour des raisons économiques ou politiques, comme ce fut le cas lors du gel du taux à 3 % jusqu’à janvier 2025. Découvrez notre article sur le Livret A : à quelle date exacte toucherez-vous vos intérêts 2025 ?
Une inflation en baisse, moteur d’une future révision
L’inflation, qui avait fortement grimpé en 2022-2023, est en net ralentissement. Les projections évoquent un retour autour de 2 % fin 2025 dans la zone euro. Or, c’est ce niveau qui pèse lourdement sur la formule de calcul du Livret A. Avec une inflation basse, le taux pourrait mécaniquement chuter, potentiellement autour de 2 % dès février.
La politique monétaire de la BCE pèse aussi
Le second facteur de la formule, les taux interbancaires, dépend des décisions de la Banque centrale européenne. Après une longue phase de resserrement pour contenir l’inflation, la BCE amorce un assouplissement de sa politique monétaire. Résultat : les taux €STR baissent également, renforçant la pression sur la rémunération du Livret A.
Un taux à 3 % devenu difficile à soutenir
Si le maintien d’un taux élevé peut paraître bénéfique pour les épargnants, il a un coût. Les banques et la Caisse des Dépôts, qui utilisent ces fonds pour financer notamment le logement social, doivent assumer des charges plus lourdes. Un taux plus bas allégerait le coût des emprunts pour les bailleurs sociaux et relancerait certains projets d’investissement.
Quelle perte pour les épargnants ?
Un passage de 3 % à 2 % entraînerait une baisse significative des intérêts. À titre d’exemple :
| Montant épargné | Intérêts annuels à 3 % | Intérêts à 2 % | Perte annuelle |
|---|---|---|---|
| 10 000 € | 300 € | 200 € | 100 € |
| 22 950 € | 688,50 € | 459 € | 229,50 € |
Au-delà des montants, un taux inférieur à l’inflation signifierait aussi une perte de pouvoir d’achat réelle sur l’épargne déposée.
Une baisse qui relance la question des alternatives
Même si le Livret A restera un pilier de l’épargne de précaution grâce à sa liquidité, sa sécurité et sa fiscalité avantageuse, de nombreux Français pourraient chercher à diversifier leur épargne. Parmi les options :
- Le LEP, réservé aux revenus modestes, reste mieux rémunéré et indexé sur l’inflation.
- Les assurances vie en fonds euros, dont les rendements remontent légèrement.
- Le PEA ou les SCPI, pour les profils plus avertis, offrent des rendements supérieurs mais comportent un risque de perte en capital.
Vers une volatilité accrue du taux ?
À l’avenir, les gouvernements pourraient revenir à une application stricte de la formule de calcul, avec des ajustements semestriels plus fréquents. Cela rendrait le taux du Livret A plus réactif à l’évolution de l’inflation… et potentiellement plus instable. Retrouvez également notre article sur les trimestres retraite et service militaire en 2025 : comment sont pris en compte vos droits ?
Conclusion
La baisse du taux du Livret A en 2026 semble de plus en plus probable, portée par le recul de l’inflation et un contexte économique apaisé. Si elle apparaît logique sur le plan macroéconomique, elle pourrait être mal perçue par les épargnants, qui s’étaient habitués à une rémunération plus attractive. Un contexte qui plaide pour une stratégie d’épargne plus active et diversifiée à l’avenir.
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