Les plafonds de ressources de la pension de réversion sont fixés à 25 001,60 €/an pour une personne seule et 40 002,56 € pour un couple en 2026, tandis que la revalorisation de +0,9 % porte le minimum mensuel à 334,92 €. Le COR travaille à une harmonisation profonde du système.
Le problème actuel : des règles fragmentées régime par régime créant des inégalités difficiles à justifier, 54 % au régime général, 60 % à l’Agirc-Arrco et 50 % pour les fonctionnaires. Aucune mesure n’a toutefois été formellement adoptée à ce stade.
Des taux et des conditions qui varient fortement selon le régime
Le régime général (CNAV) verse 54 % de la retraite du défunt avec un âge minimum de 55 ans et un plafond de ressources. L’Agirc-Arrco monte à 60 % sans plafond de ressources mais avec une condition de non-remariage. La fonction publique s’arrête à 50 % sans condition d’âge ni de ressources quand le décès survient en activité. Le minimum mensuel de réversion s’établit à 334,92 € en 2026, sous réserve que le défunt totalise au moins 60 trimestres de cotisation. Découvrez notre article sur la pension de réversion : cette règle d’or qui peut vous éviter une lourde facture fiscale.
Un taux unique entre 50 % et 60 % : trois scénarios en débat
Le COR envisage trois scénarios pour un taux unifié. À 50 %, les veufs du privé couverts par l’Agirc-Arrco à 60 % perdraient 100 €/mois sur une complémentaire de 1 000 €. À 60 %, les fonctionnaires y gagneraient mais le coût pour les caisses serait élevé. Le taux intermédiaire de 55 % reste la piste la plus probable pour un compromis politique acceptable.
L’extension aux couples pacsés et concubins : une réforme majeure en vue
Aujourd’hui réservée aux seuls conjoints mariés dans la majorité des régimes, la pension de réversion pourrait s’ouvrir aux couples pacsés et aux concubins justifiant d’au moins 5 ans de vie commune, suite à une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale en septembre 2025. La condition de non-remariage appliquée par l’Agirc-Arrco pourrait également être abandonnée.
L’Agirc-Arrco face aux changements les plus défavorables
Le régime complémentaire concentre les évolutions les plus négatives : son taux pourrait passer de 60 % à 50 %, et la réforme pourrait y introduire pour la première fois un plafond de ressources aligné sur celui du régime général. L’Agirc-Arrco n’ayant procédé à aucune revalorisation en 2026, une première depuis plusieurs années, toute réduction de taux aurait un effet amplifié sur les pensions nettes.
Les démarches à anticiper sans attendre
Vérifier sa situation conjugale reste prioritaire : un PACS ou un mariage sécurise l’éligibilité si les droits aux concubins ne sont pas étendus. Consulter le relevé de carrière du conjoint via info-retraite.fr aide à estimer le montant potentiel. La demande de réversion n’étant jamais automatique, rassembler en amont les justificatifs (acte de naissance du défunt, acte de mariage, relevés bancaires, justificatifs de ressources) réduit les délais. Depuis mars 2026, les bénéficiaires relevant de la CNAV reçoivent un formulaire pré-rempli grâce au Dispositif de Ressources Mensuelles (DRM). Retrouvez aussi notre article sur la pension de réversion : cette hausse de plus de 11 % que beaucoup de retraités oublient après 67 ans.
Conclusion
Cette réforme de la pension de réversion illustre la fragilité croissante des dispositifs de protection sociale, avec des changements pouvant représenter plusieurs centaines d’euros de différence mensuelle selon le régime. La possible extension de la pension de réversion aux couples pacsés et concubins vous semble-t-elle une avancée indispensable, et pensez-vous que l’harmonisation vers un taux unique de 55 % protégerait suffisamment les veufs et veuves du secteur privé actuellement couverts à 60 % par l’Agirc-Arrco ? Donnez votre avis en commentaire.
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