En 2027, l’inflation pourrait donner un coup de pouce à l’épargne tout en alourdissant la taxe foncière, alors que la hausse des pensions reste suspendue à des décisions politiques et paritaires.
L’Insee estime la hausse moyenne des prix à 2,1 % sur l’ensemble de 2026. L’inflation hors tabac, utilisée dans plusieurs mécanismes de revalorisation, atteindrait 2 %. Ces prévisions ne produiront pourtant pas le même résultat pour un retraité, un épargnant et un propriétaire.
Le contraste se joue entre trois calendriers. Les pensions devront passer par des calculs et des arbitrages encore ouverts. Le Livret A pourrait profiter du rebond de l’inflation dès février 2027. La taxe foncière, elle, serait poussée vers le haut par la revalorisation nationale des valeurs locatives cadastrales.
La pension reste la partie la plus incertaine
La pension de base de l’Assurance retraite est normalement revalorisée au 1ᵉʳ janvier à partir de l’inflation hors tabac observée sur douze mois. Une première estimation publiée en mai par la commission des comptes de la Sécurité sociale aboutissait à 1,6 %. Une projection actualisée évoque 1,7 %, mais ce second chiffre doit encore être recoupé.
Cette mécanique ne suffit pas à garantir la hausse. Les budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027 peuvent modifier l’indexation. Une désindexation, une augmentation limitée aux pensions les plus modestes ou un gel font partie des hypothèses évoquées. Aucun de ces scénarios ne peut être présenté comme acquis avant les arbitrages budgétaires.
La complémentaire Agirc-Arrco suit un autre calendrier. Sa prochaine revalorisation est prévue le 1ᵉʳ novembre 2026. Avec une inflation hors tabac estimée à 2 %, la fourchette de négociation irait de 1,2 % à 2 %. La décision appartient toutefois aux partenaires sociaux. L’échec des négociations de 2025, qui avait débouché sur une hausse de 0 %, rappelle qu’une formule de calcul ne vaut pas décision. Retrouvez notre article sur la petite pension : ces 5 aides dépendent de plusieurs guichets, et c’est là que beaucoup de démarches se compliquent.
Le Livret A pourrait rebondir à 2,5 %
Le taux du Livret A repose sur l’inflation moyenne des six derniers mois et sur l’€STR, un taux interbancaire de référence. Les projections disponibles pour la fin de 2026 conduisent à un taux théorique proche de 2,5 % en février 2027, contre 1,7 % actuellement.
Cette remontée reste conditionnelle. La Banque de France devra effectuer son calcul, puis transmettre sa recommandation au ministère de l’Économie. Si la formule réglementaire est appliquée sans dérogation, le taux de 2,5 % deviendrait plausible. La décision officielle n’est pas encore publiée.
Le Livret d’épargne populaire pourrait suivre le même mouvement. Son taux pourrait atteindre 3 %, grâce à l’écart réglementaire de 0,5 point avec le Livret A. Pour les ménages éligibles, ce scénario offrirait une rémunération supérieure à l’inflation annuelle de 2,1 % actuellement projetée pour 2026.
La taxe foncière pourrait effacer une partie du gain
La base nationale de la taxe foncière évolue avec les valeurs locatives cadastrales. Leur revalorisation dépend de l’indice des prix à la consommation harmonisé du mois de novembre précédant l’année d’imposition. L’Insee projette cet indice à 2,9 % en novembre 2026.
Si cette prévision se confirme et si le mécanisme reste inchangé, les bases cadastrales progresseraient donc d’environ 2,9 % en 2027. Cette augmentation nationale ne correspond pas forcément à la hausse finale de chaque avis. Les communes et intercommunalités peuvent faire évoluer leurs taux, ce qui peut amplifier ou réduire l’écart selon le lieu de résidence.
Le barème de l’impôt sur le revenu pourrait parallèlement être relevé de 2 %, mais cette indexation dépendra de la loi de finances pour 2027. Un gel du barème augmenterait mécaniquement la pression fiscale sur certains foyers dont les revenus nominaux progressent. Les APL devraient, de leur côté, gagner 1,15 % au 1ᵉʳ octobre 2026 en suivant l’indice de référence des loyers du deuxième trimestre, sauf décision contraire du gouvernement. Après une hausse de 2,41 % en juin 2026, le Smic devrait encore augmenter au 1ᵉʳ janvier 2027, probablement de moins de 1 %.
Le grand écart tient donc à la solidité très inégale de ces perspectives. La hausse de la taxe foncière repose sur un mécanisme automatique, même si son ampleur exacte attend l’indice de novembre. Le rebond du Livret A dépend d’une formule et d’une décision ministérielle. La pension demeure exposée à des arbitrages budgétaires ou paritaires.
La provenance des chiffres devra être contrôlée jusqu’aux annonces définitives. À titre de repère sur l’écosystème de l’information, la CCIJP recense qu’en 2025, la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels (CCIJP) a délivré 34 784 cartes, selon des données arrêtées au 31 décembre 2025. Cette statistique ne permet toutefois de confirmer aucune des projections financières présentées ici. Pour aller plus loin, retrouvez aussi notre article sur la taxe foncière : pourquoi les petits patrimoines peuvent proportionnellement payer plus.
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