À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, trois modifications fiscales transforment votre stratégie d’épargne retraite : deux restrictions qui pèsent sur votre portefeuille, et une opportunité pour rattraper vos versements.
Le PER regroupe aujourd’hui 12,4 millions de plans et plus de 112 milliards d’euros d’encours pour les seuls PER assurantiels (France Assureurs, fin 2025). Si vous épargnez pour la retraite ou approchez de 70 ans, ces modifications affectent directement vos déductions fiscales et vos gains au déblocage.
Prélèvements sociaux en hausse : +1,4 point sur vos gains PER dès janvier 2026
C’est le changement le plus immédiat, et il concerne chaque détenteur de PER.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 porte les prélèvements sociaux sur les revenus du capital de 17,2 % à 18,6 %, soit une hausse de 1,4 point de CSG. Cette hausse s’applique directement aux gains réalisés dans votre PER au moment du déblocage.
Si vous avez déduit vos versements volontaires à l’entrée, ce que fait la majorité des épargnants, vos gains sont soumis aux prélèvements sociaux lors de la sortie, qu’elle soit en capital ou en rente. Ce taux passe donc de 17,2 % à 18,6 %.
Sur un gain de 50 000 euros, la différence représente 700 euros supplémentaires prélevés. C’est mécanique et inévitable. Découvrez notre article sur le PER 2026 : ces nouveaux avantages fiscaux à connaître pour optimiser sa retraite.
Fin de la déductibilité après 70 ans : la nouvelle limite d’âge qui change la donne
La loi de finances pour 2026 instaure un seuil d’âge pivot à 70 ans. Passé cet âge, vos versements sur un PER ne sont plus déductibles de votre revenu imposable. L’avantage fiscal à l’entrée, qui constitue l’attrait principal du produit, disparaît pour cette tranche d’âge.
La mesure touche les versements volontaires, mais aussi l’épargne salariale (intéressement, participation, abondement) versée sur un PER après 70 ans, qui perd également son exonération fiscale. Seules les cotisations obligatoires d’entreprise conservent leur régime.
Pourquoi cette restriction ? Le PER était devenu un outil de transmission patrimoniale ou d’optimisation fiscale tardive pour certains contribuables aisés, bien au-delà de sa vocation initiale. Le législateur a voulu recentrer l’avantage fiscal sur la phase active de préparation à la retraite.
À noter : une obligation de liquidation du PER à la retraite avait été proposée lors des débats parlementaires. Elle a été rejetée. La restriction à 70 ans constitue le compromis retenu (Loi de finances 2026, loi n°2026-103 du 19 février 2026).
Si vous approchez de cet âge, la fenêtre pour verser et déduire se referme. Ce qui rend d’autant plus utile le troisième changement.
La bonne nouvelle : 5 ans pour rattraper vos versements (au lieu de 3)
C’est la mesure favorable, et elle est concrète, mais avec une limite importante à connaître.
La loi de finances 2026 allonge de 3 à 5 ans le report des droits de déduction non utilisés, mais uniquement pour les plafonds générés à partir des revenus 2026. Les plafonds antérieurs (dont ceux de 2025) restent reportables sur 3 ans seulement. L’effet plein du dispositif ne sera atteint qu’en 2031.
Les plafonds 2026 servent de base à ce calcul. Le PASS est fixé à 48 060 euros pour 2026, contre 47 100 euros en 2025, soit une revalorisation de 2 % (arrêté du 22 décembre 2025, applicable au 1ᵉʳ janvier 2026).
Pour les salariés et retraités, le plafond de déduction se situe entre 4 710 euros minimum et 37 680 euros maximum. Pour les travailleurs non salariés, la fourchette est bien plus large : de 4 806 euros à 88 911 euros (LF 2026). Ces montants s’entendent en déduction brute du revenu imposable.
Qui en bénéficie concrètement ?
- Les épargnants de 65 à 69 ans qui n’ont pas saturé leurs plafonds ces dernières années disposent d’une fenêtre de rattrapage élargie, à condition d’agir avant leurs 70 ans.
- Les TNS aux revenus variables, qui n’ont pas toujours pu verser régulièrement, peuvent mobiliser plusieurs années de droits accumulés.
- Les salariés en fin de carrière avec des revenus en hausse ont intérêt à vérifier leurs droits non utilisés sur leur avis d’imposition.
En revanche, les épargnants de 70 ans et plus ne peuvent plus bénéficier de la déductibilité sur les versements, quel que soit le report disponible. Et tous les détenteurs de PER subissent la hausse des prélèvements sociaux au déblocage.
Ces trois changements sont désormais en vigueur. Si vous avez entre 65 et 69 ans, la fenêtre pour verser et déduire reste ouverte, mais se referme à 70 ans. La fenêtre de rattrapage de 5 ans monte progressivement en puissance : les plafonds 2026 non consommés seront utilisables jusqu’en 2031. Retrouvez aussi notre article sur l’ASPA, APL, complémentaire : ce que vous pourriez perdre définitivement en 2026 en quittant la France cette année.
Avez-vous vérifié vos droits à déduction non utilisés sur votre avis d’imposition 2025 ?
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