Réforme du PER : voici le changement fiscal qui pourrait vous coûter cher dès 2026

Ce n’était pas (encore) au cœur des discussions publiques, mais le Plan Épargne Retraite (PER), dispositif d’épargne retraite privé lancé en 2019 avec la Loi Pacte, est aujourd’hui directement visé par des amendements au Projet de loi de finances 2026.

Pour de nombreux épargnants, le scénario se présente comme un « coup de bambou fiscal » potentiel : l’avantage fiscal d’entrée pourrait être réduit, voire la sortie plus coûteuse.

Ce qui change, et ce qui a déjà été écarté

Voici les mesures à surveiller :

  • Un amendement déposé à l’Assemblée nationale vise à intégrer au revenu imposable, à la sortie du PER, les versements qui ont donné droit à réduction d’impôt à l’entrée. En clair : ce qui était déduit pourrait être « repris ».
  • Autre piste : rendre obligatoire la liquidation du PER au passage à la retraite, ce qui limiterait la flexibilité actuelle. Mais cet amendement a été rejeté.
  • Le PLF 2026 place le budget dans un cadre d’austérité forte : ramener le déficit à 4,7 % du PIB, avec une large part d’économies sur les dépenses publiques.

Ces éléments montrent que l’enjeu n’est pas seulement technique : il s’agit de faire contribuer davantage certains dispositifs d’épargne à la trajectoire budgétaire du pays.

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Pourquoi l’épargne retraite devient ciblée

Plusieurs raisons expliquent que le PER soit dans la ligne de mire :

  • Il bénéficie actuellement d’un traitement fiscal avantageux : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans certaines limites.
  • En sortie, si les conditions sont remplies, ce dispositif permet souvent de différer l’imposition ou de bénéficier d’un avantage sur la transmission.
  • Face à un budget sous contrainte, le gouvernement cherche à exploiter les niches fiscales ou les dispositifs perçus comme « optimisation » pour dégager des recettes ou éviter des « pertes » fiscales. L’amendement mentionne ainsi la « neutralisation du risque d’optimisation fiscale permis par le régime fiscal du PER ».

Conséquences concrètes pour l’épargnant

Si les modifications s’appliquent, plusieurs scénarios sont à envisager :

  • Vos versements déduits aujourd’hui pourraient, lors de la sortie, être réintégrés dans le revenu imposable : donc moins de gain net que prévu à la souscription.
  • L’avantage fiscal « sortant » (à la retraite ou lors du déblocage) pourrait être réduit, rendant l’opération moins attractive.
  • Bien que la liquidation obligatoire du PER ait été écartée — bonne nouvelle pour la flexibilité —, la simple annonce de ces modifications fragilise la visibilité à long terme.
  • Pour ceux proches de la retraite ou ayant déjà un PER, cela pose la question : faut-il accélérer le déblocage, modifier sa stratégie de versements ou revoir la part d’épargne dédiée au PER ?

Ce que souhaite garder l’épargnant

  • Vérifier la date d’entrée en vigueur des nouvelles mesures : tout change en budgétaire.
  • Conserver une traçabilité claire des versements déductibles et des conditions de sortie.
  • Dans une période d’incertitude, réfléchir à diversifier les supports d’épargne retraite (pas seulement le PER).
  • Anticiper et ajuster la stratégie fiscale : optimisation des versements, choix du moment de sortie, etc.

En résumé

Le PER reste un bon outil d’épargne retraite, mais l’environnement fiscal évolue. Le Projet de loi de finances 2026 pourrait le rendre moins avantageux si les amendements sont confirmés.

Si vous êtes déjà investi ou envisagez de l’être, il vaut mieux anticiper et rester vigilant.

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