Bercy étudie un relèvement de l’âge de retraite à 65 ans pour combler un déficit de 6,6 milliards d’euros prévu en 2030 — une mesure qui ajouterait 1 à 2 ans de travail pour les générations nées après 1969.
Le régime général des retraites est entré dans le rouge en 2024 avec 1,7 milliard de déficit, et les projections du Conseil d’orientation des retraites (COR) annoncent une aggravation rapide. Si vous êtes né après 1969, cette proposition impacterait directement votre âge de départ et votre durée de cotisation.
Pourquoi Bercy propose 65 ans : les chiffres qui justifient la réforme
Le déficit du régime général pourrait exploser à 5 milliards en 2026, puis 6,6 milliards par an dès 2030 (COR). Face à cette trajectoire, la Direction du Trésor a chiffré les économies d’un passage à 65 ans : entre 8 et 10 milliards d’euros annuels.
Cette réforme générerait des effets économiques mesurables. Le PIB augmenterait de 0,5 point à 5 ans et 0,7 point à 20 ans (Direction générale du Trésor). L’allongement de la vie active créerait 210 000 postes à long terme.
Bercy, institution responsable de l’équilibre budgétaire des finances publiques, pilote ces études économiques. La Direction du Trésor justifie cette mesure par l’urgence de rétablir l’équilibre des comptes sociaux avant 2030. Découvrez notre article sur la retraite : ce piège discret qui détruit plus de couples que les disputes, selon une thérapeute.
Durée de travail : combien d’années supplémentaires selon votre génération
Les générations nées en 1964 peuvent actuellement partir à taux plein à 63 ans et 9 mois avec 170 trimestres (Législation actuelle). Pour elles, le passage à 65 ans représenterait 1 an et 3 mois de travail supplémentaire.
Les générations nées en 1969-1970 restent sur un âge légal de 64 ans avec 172 trimestres requis (Législation actuelle). Cette réforme leur ajouterait exactement 1 an de cotisations. Les générations suivantes subiraient l’impact complet : 2 années supplémentaires par rapport à l’âge légal initial de 62 ans.
La réforme portant l’âge à 64 ans a été officiellement suspendue jusqu’en janvier 2028. Cette nouvelle proposition intervient avant même l’application complète de la précédente réforme.
L’alternative à 65 ans : ce que disent les études du COR
Le Conseil d’orientation des retraites a commandé trois études au Trésor, à l’OFCE et à l’École d’économie de Paris pour évaluer les scénarios possibles. Leurs calculs convergent : l’âge permettant l’équilibre en 2030 serait de 64,3 ans (COR, rapport de juin).
Cette différence de 8 mois révèle que 65 ans constitue un choix politique, pas une nécessité mathématique. Bercy privilégie cette option pour dégager des marges budgétaires supplémentaires au-delà du strict équilibre.
Les trois institutions ont modélisé différents paramètres : évolution démographique, productivité, taux d’emploi des seniors. Toutes confirment qu’un âge inférieur à 65 ans permettrait l’équilibre du système. Pour aller plus loin, retrouvez aussi notre article sur la retraite : cette réforme discrète prévue en 2027 pourrait faire chuter vos revenus avant 67 ans.
La proposition de Bercy à 65 ans n’est pas une fatalité mathématique, mais un choix politique pour dégager 8 à 10 milliards d’euros d’économies annuelles. Alors que le COR calcule que 64,3 ans suffirait à l’équilibre en 2030, cette réforme représente un surcoût pour les générations nées après 1969 : entre 1 et 2 années de travail supplémentaires. Êtes-vous concerné par cette réforme, et avez-vous actuellement assez de trimestres pour partir avant 65 ans ?
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