Retraite complémentaire : après zéro en 2025, voici ce que vous toucherez en novembre

Après un gel inédit en 2025, les retraités du privé peuvent espérer une revalorisation de leur pension complémentaire Agirc-Arrco en novembre 2026 : entre 1,2 % et 2 %, soit 6,60 à 11 € supplémentaires par mois pour une pension moyenne de 552 €.

Le 17 octobre 2025, le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco a acté une décision sans précédent : aucune revalorisation des pensions complémentaires en novembre 2025, une première depuis la création du régime unifié en 2019. Pour les 14 millions de retraités du secteur privé, cela représente une perte de pouvoir d’achat réelle, une douche froide qui relance la question du rattrapage. Mais comment fonctionne exactement le mécanisme de revalorisation, et combien allez-vous vraiment toucher en plus en novembre 2026 ?

Pourquoi zéro revalorisation en 2025 ? Le désaccord qui a gelé les pensions complémentaires

Tout s’est joué le 17 octobre 2025. Les syndicats réclamaient 1 %, avant de ramener leur offre à 0,8 % en séance. Le patronat ne proposait que 0,2 %. Six dixièmes de point d’écart, et c’est toute la mécanique qui s’est grippée.

Faute d’accord, la règle s’applique automatiquement : gel. La valeur du point de service Agirc-Arrco reste fixée à 1,4386 € depuis le 1ᵉʳ novembre 2025, et ce jusqu’au 1ᵉʳ novembre 2026. La valeur d’achat du point est également gelée à 20,1877 € annuels sur la même période.

Ce paramètre est central : votre pension mensuelle = nombre de points accumulés × 1,4386 €. Zéro hausse du point, zéro gain.

Pour comprendre à quel point 2025 fait figure d’anomalie, regardez l’historique : +1 % en 2021, +5,12 % en 2022, +4,9 % en 2023, +1,6 % en 2024. Depuis la fusion Agirc-Arrco en 2019, le régime avait toujours trouvé un accord. Découvrez notre article sur la retraite complémentaire : voici les dates Agirc-Arrco à surveiller pour éviter les mauvaises surprises.

La situation est d’autant plus pénible que le contexte général reste défavorable. Le PLFSS 2026 avait bien prévu un gel des pensions de base, mais l’Assemblée nationale l’a rejeté le 12 novembre 2025 : les pensions de base ont finalement été revalorisées de +0,9 % au 1ᵉʳ janvier 2026. Pour les retraités du privé, seule la complémentaire reste gelée.

Novembre 2026 : comment sera calculée votre revalorisation ? La formule expliquée

L’accord national interprofessionnel d’octobre 2023 a posé les règles du jeu. La revalorisation Agirc-Arrco est indexée sur l’inflation hors tabac, diminuée d’un facteur de soutenabilité de 0,4 point, avec une marge de négociation paritaire de ±0,4 point.

En pratique : si l’inflation hors tabac atteint 2 % en moyenne sur 2026, hypothèse de travail cohérente avec les données récentes de l’Insee (2,4 % en mai 2026) mais dont la moyenne annuelle reste estimée entre 1,8 % et 2 % selon l’OFCE et la Banque de France, la revalorisation de base théorique s’établit à 1,6 % (2 % − 0,4 point). La marge de négociation peut ensuite faire descendre ce chiffre à 1,2 % ou le faire monter jusqu’à 2 %, selon l’issue des discussions entre syndicats et patronat.

Ce mécanisme de soutenabilité signifie que même en cas d’inflation à 2 %, vous ne récupérez jamais l’intégralité de la hausse des prix : le régime se protège structurellement contre une dérive de ses engagements.

Sur une pension complémentaire moyenne de 552 € par mois, ce que perçoivent en moyenne les retraités du privé, soit 30 à 60 % de leur revenu total selon le profil (davantage pour les cadres), une revalorisation de 1,6 % représente 8,83 € supplémentaires par mois, soit 106 € sur l’année.

Le rattrapage en valeur nominale serait théoriquement possible au scénario médian — mais uniquement si la négociation paritaire d’octobre aboutit à un accord.

Combien allez-vous vraiment toucher en plus ? Simulations par profil

Trois scénarios, trois réalités différentes. Tous calculés sur la base d’une pension complémentaire de 552 € par mois, montant moyen constaté pour les retraités du privé en 2024.

Scénario bas à 1,2 % : la négociation paritaire penche du côté du patronat. Vous touchez 6,62 € de plus par mois, soit 79 € sur l’année.

Scénario médian à 1,6 % : la formule s’applique sans ajustement. Le gain mensuel atteint 8,83 €, soit 106 € annuels ; sans intérêts, et sans tenir compte de l’érosion réelle du pouvoir d’achat sur douze mois.

Scénario haut à 2 % : les syndicats obtiennent le maximum de la marge paritaire. Vous récupérez 11,04 € par mois, soit 132 € sur l’année.

Ces simulations portent sur la pension complémentaire seule. Or celle-ci représente entre 30 % et 60 % du revenu total de retraite. Pour un retraité dont la pension globale atteint 1 500 €, dont 552 € de complémentaire, le gain réel sur l’ensemble des revenus sera proportionnellement plus limité.

La négociation paritaire de 2026 n’a pas encore eu lieu. Le résultat final reste ouvert.

Le bilan : un rattrapage partiel en novembre 2026

Le gel de 2025 a creusé un trou réel dans le budget des retraités du privé, et la revalorisation de novembre 2026 devrait offrir un rattrapage partiel, à condition que la négociation paritaire d’octobre aboutisse. Entre 6,60 € et 11 € par mois sur une pension complémentaire moyenne de 552 €, le gain reste limité. Le scénario médian à 1,6 % ne compense pas l’érosion réelle du pouvoir d’achat sur douze mois de gel. Retrouvez aussi notre article sur la retraite complémentaire : ce détail sur votre relevé peut coûter jusqu’à 75 000 €.

Savez-vous combien de points Agirc-Arrco vous avez accumulés, et avez-vous vérifié votre relevé de carrière sur info-retraite.fr avant la négociation d’octobre ?

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