En pleine discussion budgétaire, les députés LFI, menés par Aurélien Le Coq, défendent une mesure controversée : exclure les fonctionnaires du gel de l’indexation des retraites sur l’inflation. Un geste perçu comme un privilège de plus… financé par l’État.
Dans l’effervescence des débats sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), les députés de La France Insoumise multiplient les propositions chocs. L’une d’elles, portée par Aurélien Le Coq, fait particulièrement débat : maintenir l’indexation des retraites des fonctionnaires sur l’inflation, même si cette règle est suspendue pour les autres régimes.
Objectif affiché : protéger le pouvoir d’achat des agents publics. Mais pour beaucoup, cette démarche creuse les inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé, et surtout, alourdit la charge financière de l’État.
Une mesure ciblée qui soulève la question de l’équité
L’amendement déposé par LFI entend préserver les pensions des fonctionnaires face à l’inflation, tout en acceptant, paradoxalement, que les autres retraités subissent une désindexation partielle.
« Le gouvernement préfère ponctionner les retraités plutôt que de revenir sur les cadeaux fiscaux au CAC 40 », accuse Aurélien Le Coq.
Selon les élus LFI, le vrai problème vient des exonérations fiscales et sociales accordées aux entreprises, qui auraient privé l’État des recettes nécessaires au financement des retraites.
Mais l’opposition dénonce une injustice manifeste, pointant du doigt un système de retraite déjà plus favorable pour les fonctionnaires que pour les salariés du privé.
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Un régime déjà très soutenu par les finances publiques
Les fonctionnaires n’ont pas de caisse de retraite autonome. Comme le rappelle la Cour des comptes dans un rapport de février 2025, leur régime est financé directement par l’État, à hauteur de 45,1 milliards d’euros en 2023.
Quelques chiffres à retenir :
- 78 % de taux de « cotisation » dans la fonction publique civile, contre 16,46 % dans le privé
- 126 % pour les militaires
- Pension calculée sur les 6 derniers mois (vs. 25 meilleures années dans le privé)
- Départ à la retraite plus précoce que dans les autres régimes
- Pension garantie à 75 % du dernier traitement après une carrière complète
Dans ce contexte, la réindexation demandée par LFI revient à revaloriser les pensions publiques, sans contrepartie financière identifiée, et ce au détriment du contribuable.
Le geste voulu par LFI s’inscrit dans une logique politique claire : défendre les agents publics comme bastion de la lutte sociale. Mais en omettant de poser la question du financement, les députés insoumis entretiennent un déséquilibre structurel entre un régime public protégé et un régime privé plus exposé aux contraintes économiques.
Cela alimente un sentiment d’injustice croissant chez les actifs du privé, qui financent deux fois : pour eux-mêmes… et pour les autres.
Qu’en pensez-vous ?
Sous couvert de justice sociale, la proposition des députés LFI crée un malaise. En voulant protéger les retraites des fonctionnaires sans toucher aux autres leviers budgétaires, ils ravivent le débat sur l’équité des régimes et la soutenabilité de notre système de retraite.
Faut-il sanctuariser les pensions des fonctionnaires, ou harmoniser les efforts entre tous les régimes ? Votre avis nous intéresse.
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