En l’absence de descendants directs, les droits de succession explosent pour vos neveux, nièces ou frères et sœurs. Voici ce qu’il faut savoir pour anticiper. La fiscalité des successions en ligne directe (enfants, petits-enfants) est bien connue. Mais lorsqu’on est veuf, célibataire ou sans enfant, le traitement fiscal des héritiers devient bien plus pénalisant. De nombreux Français se retrouvent dans cette situation, souvent après 70 ans. Pourtant, peu d’informations pratiques existent pour transmettre efficacement à ses neveux, nièces ou frères et sœurs. Faisons le point.
Quels impôts en l’absence de descendants ?
Hors ligne directe, les abattements sont bien plus faibles. Voici ce que prévoit la loi :
| Lien de parenté | Abattement | Taux d’imposition |
|---|---|---|
| Frère ou sœur | 15 932 € | 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 % |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 55 % |
| Autres héritiers | 1 594 € | 60 % |
Ainsi, lorsque vous transmettez à vos neveux ou nièces, ceux-ci sont imposés à 55 % au-delà de 7 967 € reçus. Un taux très élevé, surtout pour des héritiers proches émotionnellement, mais éloignés fiscalement. Retrouvez notre article sur combien de trimestres peut-on obtenir par enfant pour la retraite ?
Le cas particulier de la représentation
Si vos frères ou sœurs sont décédés, leurs enfants héritent « par représentation ». Dans ce cas, ils bénéficient de l’abattement de 15 932 € (au lieu de 7 967 €) et du barème des frères et sœurs : 35 % puis 45 %. Cela peut alléger la facture, mais cela ne s’applique que si les parents sont décédés.
Quelles solutions pour alléger la facture fiscale ?
1. Don familial exonéré jusqu’à 31 865 €
Si vous avez moins de 80 ans et que vos neveux ou nièces ont plus de 18 ans, vous pouvez leur faire un don d’argent exonéré jusqu’à 31 865 € tous les 15 ans. Une façon simple d’anticiper la succession, sans droits à payer.
2. Donation exceptionnelle de 100 000 € (jusqu’à fin 2026)
Jusqu’au 31 décembre 2026, vous pouvez transmettre jusqu’à 100 000 € exonérés à un neveu ou une nièce pour l’achat d’un bien immobilier neuf (usage personnel ou locatif pendant 5 ans). Cette mesure reste contraignante, mais peut s’avérer utile si vos proches ont un projet immobilier.
3. L’assurance-vie : la grande alliée
Avec une assurance-vie :
- Les versements avant 70 ans permettent à chaque bénéficiaire de recevoir jusqu’à 152 500 € sans droits.
- Au-delà de 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique, tous bénéficiaires confondus.
C’est de loin le levier le plus puissant pour transmettre à moindre coût à vos proches hors ligne directe.
4. Le PER (Plan d’épargne retraite)
Si vous détenez un PER souscrit auprès d’un assureur, il fonctionne comme une assurance-vie : il dispose d’une clause bénéficiaire et permet les mêmes abattements que l’assurance-vie, à condition que les fonds soient encore disponibles au moment du décès.
Et les comptes bancaires classiques ?
Les livrets A, LDD, comptes courants, comptes-titres sont intégrés à l’actif successoral. Ils sont donc pleinement taxés selon le lien de parenté, comme indiqué dans le tableau plus haut. Aucune exonération spécifique ne s’applique à ces supports. Retrouvez également notre article sur les trimestres retraite pour enfants 2025 : tout savoir sur la majoration.
Conclusion
Être veuf ou sans enfant ne doit pas vous priver de transmettre votre patrimoine dans de bonnes conditions. Malheureusement, le système fiscal français est bien plus dur hors ligne directe. Il est donc essentiel d’agir en amont : dons familiaux, assurance-vie, stratégie adaptée selon l’âge et les besoins de vos proches. Trouvez-vous cette fiscalité juste ? Avez-vous anticipé votre succession ?
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