Alors que le Livret A a vu son taux chuter de 2,4 % à 1,7 % le 1er août dernier, un produit d’épargne longtemps resté discret sort soudainement du lot : le Livret jeune. Réservé aux 12-25 ans, il s’offre un retour en grâce inattendu, avec des taux allant jusqu’à 4 %. De quoi rediriger l’épargne des jeunes loin des supports traditionnels.
Une chute généralisée des produits d’épargne liés au Livret A
Le recul du Livret A a entraîné avec lui tout un cortège de livrets annexes : le LDDS, automatiquement aligné, est aussi retombé à 1,7 %. Le CEL (compte épargne logement), dont le taux suit les deux tiers du Livret A, a suivi la même pente descendante.
Même les fonds euros des assurances-vie, pourtant déconnectés en théorie, ressentent l’onde de choc de cette baisse, en adaptant à la baisse leurs rémunérations futures.
Dans ce paysage à la dérive, une résistance se forme : certains produits sont contraints de rester au-dessus du Livret A. Le LEP, notamment, doit toujours afficher un taux supérieur d’au moins 0,5 point.
Le Livret jeune : un baroud d’honneur bienvenu
Beaucoup l’avaient oublié, mais le Livret jeune a encore des arguments. Et pas des moindres : son taux est librement fixé par les banques, mais ne peut jamais être inférieur à celui du Livret A. Résultat : avec une référence à 1,7 %, les banques les plus dynamiques affichent des taux bien plus attractifs.
Le CIC et le Crédit Mutuel caracolent en tête avec 4 %. Le Crédit Coopératif suit avec un Livret Jeune Agir à 3 %. Derrière, le LCL (2,7 %) et la Macif (2,2 %) proposent encore mieux que le LEP.
Ce regain d’intérêt est d’autant plus pertinent que ces produits sont à intérêts totalement défiscalisés. Une rareté dans le paysage bancaire.
Un accès restreint, mais stratégiquement puissant
Seuls les 12-25 ans peuvent y souscrire, avec un plafond de dépôt limité à 1 耀600 €. Mais pour un jeune épargnant ou un parent stratège, c’est une opportunité immanquable. D’autant que le capital est librement disponible, et les conditions d’ouverture relativement simples.
Certaines banques jouent la carte du minimum syndical : BNP Paribas, Banque postale, Banque Populaire, ou Société Générale plafonnent à 1,7 %. Mais d’autres vont clairement chercher l’intérêt de leurs jeunes clients.
Les banques en ligne, en revanche, ne brillent pas : Hello Bank! et monabanq plafonnent aussi à 1,7 %. BoursoBank et Fortuneo n’en proposent même pas, préférant des livrets alternatifs, souvent moins intéressants fiscalement.
Ce que je pense de cette revanche du Livret jeune
On croyait le Livret jeune dépassé, relégué à un outil bancaire d’appoint. Mais avec la baisse du Livret A, il revient sous les projecteurs. Et à juste titre.
C’est un produit d’épargne clair, net, et défiscalisé. Pour un jeune actif ou un étudiant, c’est le meilleur rapport sécurité/rendement du moment. Et pour les parents, une manière intelligente de booster l’épargne de leurs enfants sans passer par des placements à risque.
Le vrai enjeu ? Que les banques jouent le jeu. Car tant que le taux reste à la discrétion des établissements, l’intérêt de ce produit ne vaut que par leur volonté de soutenir la jeunesse.
En tant que jeune média indépendant, CESdeFrance a besoin de votre aide. Soutenez-nous en nous suivant et en nous ajoutant à vos favoris sur Google News. Merci !

