Entre 2025 et 2031, l’Agirc-Arrco va convoquer 400 000 retraités français résidant à l’étranger pour vérifier qu’ils sont toujours en vie. Ignorer cette convocation bancaire peut entraîner la suspension définitive de leur pension complémentaire.
Ce courrier officiel est envoyé par un partenaire bancaire local au nom de l’Agirc-Arrco. Si vous résidez en Algérie, au Maroc, en Tunisie ou en Turquie et percevez une pension complémentaire, vous pourriez être concerné. Vous disposez d’environ trois mois pour répondre.
Cette convocation bancaire qui ressemble à une arnaque mais peut couper votre pension
Le courrier arrive sans prévenir, au nom d’une banque locale que vous ne connaissez pas forcément. Il vous demande de vous présenter en agence pour prouver que vous êtes vivant. Beaucoup ont jeté l’enveloppe, la prenant pour une arnaque. Erreur aux conséquences immédiates.
Ce document est pourtant parfaitement officiel. Il est envoyé par un partenaire bancaire mandaté par l’Agirc-Arrco dans le cadre d’une campagne nationale de contrôle d’identité. Plusieurs retraités témoignent avoir ignoré ce courrier avant de voir leur pension s’arrêter du jour au lendemain.
Vous disposez d’environ trois mois pour répondre à cette convocation. Passé ce délai, la suspension de votre pension complémentaire Agirc-Arrco est immédiate, sans préavis supplémentaire.
Les chiffres issus des campagnes pilotes sont sans appel. Lors des premières expérimentations, environ 40 % des personnes convoquées ne se sont pas présentées dans les délais. Après relances, la Cour des comptes estime qu’environ un quart des pensions concernées sont restées définitivement suspendues. Un retraité convoqué sur quatre a perdu sa pension, souvent par confusion ou méfiance légitime envers ce courrier atypique.
L’enjeu financier est concret. Pour un retraité expatrié dont la pension complémentaire constitue le principal revenu régulier, la suspension représente une perte immédiate et potentiellement irréversible. Retrouvez notre article sur la réforme de la pension de réversion : l’astuce légale à anticiper avant 2027 pour protéger efficacement votre conjoint.
Les 400 000 retraités ciblés représentent environ 44 % des quelque 900 000 Français percevant une pension complémentaire Agirc-Arrco à l’étranger. Ils ont été sélectionnés sur des critères de risque identifiés en amont. Tous les expatriés ne sont pas concernés, mais si vous résidez dans l’un des quatre pays visés, vérifiez votre situation sans attendre.
Pourquoi 400 000 retraités sont contrôlés et comment cela se passe selon votre pays
« Ces contrôles visent à nous assurer de la persistance des droits pour les retraites payées à l’étranger », explique André Bernay, directeur de l’audit, des risques et du contrôle à l’Agirc-Arrco. Derrière cette formulation administrative se cache une réalité financière documentée.
La CNAV évalue la fraude aux pensions versées à l’étranger à environ 60 millions d’euros par an pour le seul régime général. La Cour des comptes, dans son rapport 2025, estime le risque globa, régimes général et complémentaire confondus, à 200 millions d’euros. Les deux principales causes identifiées sont les non-déclarations de décès, la famille continue de percevoir la pension d’un défunt, et les usurpations d’identité. Ce n’est pas une mesure arbitraire : c’est une réponse à un préjudice documenté et chiffré.
L’opération s’étale sur six ans, de 2025 à 2031, avec environ 60 000 contrôles réalisés chaque année. Les pays actuellement concernés sont l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et la Turquie. Une extension vers le Portugal et l’Espagne est déjà programmée.
En Algérie, 60 000 convocations sont prévues chaque année dès 2025, soit 16 % des retraités concernés convoqués annuellement. Le dispositif a d’abord été testé dans ce pays, qui concentre la plus grande communauté de retraités français à l’étranger, plus de 400 000 pensionnés. Les résultats ayant validé la démarche, l’Agirc-Arrco a élargi le périmètre au Maroc, à la Tunisie et à la Turquie.
Les modalités varient selon les pays. Au Maroc, en Tunisie et en Turquie, des protocoles spécifiques adaptent la procédure aux réalités locales. En cas de délai dépassé, les possibilités de régularisation diffèrent selon votre pays de résidence, renseignez-vous directement auprès de l’Agirc-Arrco.
Comment répondre à la convocation et quels recours si vous avez manqué le délai
La première chose à faire est de ne pas ignorer le courrier. Si vous avez reçu une convocation au nom de l’Agirc-Arrco via un partenaire bancaire local, présentez-vous dans le délai indiqué, en général trois mois. Apportez une pièce d’identité en cours de validité et un justificatif de domicile récent.
Si vous ne pouvez pas vous déplacer, une alternative existe. L’application gratuite « Mon certificat de vie », lancée par le GIP Union Retraite en lien avec l’Agirc-Arrco, permet de valider son certificat de vie par reconnaissance faciale depuis son smartphone, sans déplacement. Elle est disponible sur iOS et Android. Vérifiez si cette option est disponible dans votre pays de résidence avant de vous organiser.
Si votre pension a déjà été suspendue, vous n’êtes pas nécessairement dans une impasse. En cas de suspension ou de régularisation tardive, contactez directement l’Agirc-Arrco via votre espace personnel en ligne ou au numéro dédié aux retraités à l’étranger : 09 87 98 23 99 (numéro non surtaxé). L’organisme peut procéder au versement d’un rappel des sommes dues si votre situation est régularisée.
Dans tous les cas, ne laissez pas le temps jouer contre vous. Plus vous tardez à régulariser, plus les démarches de rétablissement sont complexes. Pour aller plus loin, retrouvez notre article sur la pension de réversion 2026 : les plafonds de ressources à ne surtout pas dépasser pour continuer à la percevoir.
Cette convocation est officielle. L’ignorer peut coûter définitivement votre pension complémentaire. Avec environ un quart des pensions définitivement coupées lors des campagnes pilotes, le risque est réel, mais les solutions existent, notamment via l’application « Mon certificat de vie » pour éviter un déplacement en agence.
Vous avez reçu une convocation de ce type, ou vous connaissez un retraité expatrié potentiellement concerné dans les prochains mois ?
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