La fin du cumul entre l’AAH et l’ASS pourrait frapper deux fois les 15 000 bénéficiaires concernés : leurs ressources baisseraient dès janvier 2027, tandis que leurs droits futurs à la retraite pourraient aussi reculer.
À compter du 1ᵉʳ janvier 2027, les personnes qui perçoivent encore simultanément l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et l’allocation de solidarité spécifique (ASS) doivent perdre le bénéfice de ce cumul. APF France handicap estime que près de 15 000 allocataires sont concernés.
L’association parle d’une possible « double peine ». La première conséquence toucherait immédiatement le budget des ménages. La seconde apparaîtrait plus tard, au moment du calcul de la retraite.
Pourquoi le cumul de l’AAH et de l’ASS doit prendre fin en 2027 ?
La suppression du cumul remonte à la loi de finances pour 2017. Une période transitoire de dix ans avait toutefois permis aux bénéficiaires déjà concernés de conserver temporairement leurs deux allocations.
Cette dérogation vise les personnes dont les droits au cumul étaient ouverts avant le 31 décembre 2016, précise Handicap.fr. Elle doit arriver à son terme le 31 décembre 2026. À partir du lendemain, l’ASS ne serait donc plus versée en complément de l’AAH à ce public précis. Découvrez notre article sur l’AAH 2026 : ce qui va vraiment changer pour les retraités cette année.
Les personnes concernées sont souvent des demandeurs d’emploi de longue durée dont le parcours professionnel a été fragilisé par le handicap. APF France handicap évoque notamment des allocataires âgés de plus de 50 ans, pour lesquels un retour à l’emploi peut être particulièrement difficile.
Une baisse de revenus sans compensation clairement identifiée
La première dimension de la « double peine » concerne les ressources disponibles chaque mois. La disparition de l’ASS entraînerait une baisse immédiate pour les bénéficiaires qui la perçoivent encore avec l’AAH.
Une compensation par le revenu de solidarité active ne peut pas être présumée. L’AAH et le RSA ne sont pas librement cumulables, et les droits dépendent de la situation personnelle, des ressources du foyer et des règles applicables au moment de la demande.
Le montant exact de la perte ne sera donc pas identique pour les 15 000 personnes estimées par APF France handicap. Sans simulation individuelle ni notification officielle, aucun chiffre unique ne peut décrire la baisse subie par chaque allocataire.
Dans un courrier adressé le 18 août 2026 à la Direction générale de la cohésion sociale et à la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle, APF France handicap a demandé qu’une information claire soit transmise aux bénéficiaires. Le Media Social rapporte que cette demande porte notamment sur le niveau des ressources après la réforme et les démarches à accomplir.
Pourquoi les droits à la retraite pourraient également diminuer
La seconde conséquence est moins visible sur le moment. L’ASS permet de valider des trimestres assimilés au titre de la retraite, même lorsqu’aucune cotisation liée à un salaire n’est versée. L’AAH ne produit pas le même effet.
La fin de l’ASS pourrait donc interrompre l’acquisition de ces trimestres pour certains bénéficiaires. Selon l’âge, la durée de carrière et le nombre de trimestres déjà validés, cette interruption pourrait peser sur la date de départ ou sur le calcul de la pension.
C’est cette combinaison qui fonde l’expression de « double peine » employée par APF France handicap : moins de ressources à partir de janvier 2027, puis un risque de droits moins favorables lors du passage à la retraite. Retrouvez aussi notre article sur l’AAH en ESAT : dès octobre 2026, cette déclaration en plus peut bloquer une aide si elle est oubliée.
Une vérification individuelle sera indispensable. Les bénéficiaires devront séparément examiner leur situation auprès de l’organisme qui verse leurs allocations et de leur caisse de retraite, car l’estimation de 15 000 personnes ne permet pas de déterminer les conséquences propres à chaque dossier.
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