Après une année blanche, l’Agirc-Arrco pourrait enfin relever les pensions, mais le scénario à 2 % reste à gagner

Après le gel de 2025, les pensions complémentaires Agirc-Arrco pourraient augmenter le 1ᵉʳ novembre 2026, mais les 2 % espérés correspondent encore au scénario le plus favorable.

Environ 14 millions de retraités du secteur privé sont concernés. Syndicats et patronat doivent s’entendre sur un taux compris, selon les hypothèses actuellement évoquées, entre 1,2 % et 2 %.

Le rendez-vous décisif est fixé au 14 octobre 2026. Tant que le conseil d’administration n’a pas tranché, aucune hausse ni aucun rattrapage ne peuvent être considérés comme acquis.

Le gel de 2025 place la négociation sous pression

La pension complémentaire n’a pas été revalorisée en 2025, faute d’accord entre les partenaires sociaux. Cette année blanche pèse directement sur les discussions de 2026, car elle a privé les retraités concernés de l’ajustement annuel habituellement attendu en novembre.

La situation diffère de celle de la retraite de base, revalorisée de 0,9 % au 1ᵉʳ janvier 2026. La CFDT demande désormais que la hausse de l’Agirc-Arrco atteigne au moins l’inflation et qu’elle tienne compte de l’absence d’augmentation entre novembre 2025 et octobre 2026. Retrouvez notre article sur votre retraite Agirc-Arrco baisse en septembre ? La ligne à vérifier avant de paniquer.

Une première réunion est annoncée pour le 23 septembre, avant la décision du conseil d’administration le 14 octobre. Cette dernière doit déterminer la valeur de service du point applicable à partir du 1ᵉʳ novembre 2026.

Pourquoi la hausse pourrait varier de 1,2 % à 2 %

La règle présentée pour 2026 prend comme point de départ l’inflation annuelle hors tabac. Le taux obtenu est diminué de 0,4 point, puis le conseil d’administration peut utiliser une marge de plus ou moins 0,4 point.

Avec une inflation annuelle estimée autour de 2 %, le taux socle atteindrait 1,6 %. Une utilisation défavorable de la marge ramènerait la hausse à 1,2 %, tandis qu’un ajustement dans l’autre sens permettrait de remonter jusqu’à 2 %.

Le scénario de 2 % compenserait l’inflation estimée pour 2026, mais il ne constituerait pas un rattrapage intégral de l’année blanche. Il suppose surtout que syndicats et patronat utilisent toute la marge disponible en faveur des retraités.

Les données d’inflation mentionnées dans les projections font état de pointes à 2,1 % en juillet et 2,4 % en août, notamment sous l’effet de l’énergie et des carburants. Ces valeurs devront être rapprochées des chiffres définitifs retenus au moment de la décision.

Ce que les retraités doivent attendre avant de calculer leur gain

Aucun montant individuel fiable ne peut être calculé avant la fixation du taux. Si une hausse est votée, elle s’appliquera à la partie complémentaire Agirc-Arrco, et non à l’ensemble de la pension versée au retraité.

Pour mesurer l’effet potentiel, il faudra appliquer le taux définitif au montant brut de la pension complémentaire. Une hausse de 2 % produirait mécaniquement un gain supérieur à une revalorisation de 1,2 % ou de 1,6 %, mais le montant net dépendrait aussi des prélèvements sociaux propres à chaque assuré.

Cette négociation intervient alors que les conditions générales de départ ont déjà évolué sur une période longue. Dans son panorama publié en 2025, la Drees établit que, depuis 2010, l’âge de départ à la retraite a augmenté de 2 ans et 3 mois. Retrouvez aussi notre article sur la pension, le Livret A, la taxe foncière : le grand écart qui pourrait marquer 2027.

Le 14 octobre reste donc la date à surveiller. Après le gel de 2025, une hausse paraît de nouveau possible au 1ᵉʳ novembre 2026, mais atteindre 2 % exigera un accord sur l’option la plus favorable parmi les trois scénarios évoqués.

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