18 millions de contrats d’épargne-retraite dorment dans les bases de données françaises : grâce à deux services gratuits interconnectés, vous pouvez identifier et récupérer vos avoirs oubliés en trois étapes simples, avant que la prescription de 30 ans ne les fasse disparaître définitivement.
Vous avez changé d’emploi, quitté une entreprise, ou simplement perdu la trace d’un contrat d’épargne salariale ? Vous n’êtes pas seul : 18 millions de contrats de retraite supplémentaire sont actuellement « oubliés » en France.
Sans action de votre part, ces fonds risquent d’être versés à l’État après 30 ans d’inactivité, 89 millions d’euros ont ainsi été versés à l’État en 2025 au titre de la déchéance 2024.
Cet article vous montre comment retrouver vos contrats et récupérer votre argent via Mon épargne retraite et Ciclade, les deux outils officiels qui fonctionnent désormais ensemble.
Identifier vos contrats d’épargne-retraite oubliés : par où commencer ?
Le chiffre est vertigineux : 18 061 257 contrats d’épargne retraite sont recensés dans le service Mon épargne retraite à fin 2025 (Union Retraite, fin 2025). Derrière ce nombre se cachent des PER, des Perco, des contrats article 83 ou article 39, souscrits via un employeur ou à titre individuel, et dont les titulaires ont tout simplement perdu la trace.
Pourquoi autant de contrats abandonnés ? La réponse tient en un chiffre : 67 % de ces contrats sont collectifs (Union Retraite, fin 2025). Ils sont liés à un employeur. Quand vous quittez une entreprise, le contrat reste ouvert, mais personne ne vous le rappelle.
Un changement de poste, une fusion d’entreprise, une adresse modifiée : la rupture du lien avec l’organisme gestionnaire suffit à effacer des années d’épargne de votre radar. Les contrats de type PER d’entreprise, épargne salariale, article 83 ou article 39 sont les plus concernés.
Pour y remédier, Union Retraite a lancé en 2022 le service Mon épargne retraite sur Info-Retraite.fr. Aujourd’hui, 108 organismes de gestion alimentent cette base de données centralisée (Union Retraite, fin 2025). En 2025, le service n’a enregistré que 270 595 consultations (Union Retraite, 2025), un chiffre modeste au regard des 18 millions de contrats recensés.
L’accès est gratuit. Il se fait via votre espace personnel sur Info-Retraite.fr, avec une connexion par Mon compte retraite (FranceConnect, Ameli, Impots.gouv ou autre identité numérique). En quelques secondes, le service vous indique si un ou plusieurs contrats à votre nom existent dans la base. Retrouvez aussi notre article sur l’épargne retraite : le PER explose grâce à la déduction d’impôt.
Les deux étapes pour retrouver et récupérer votre argent
Mon épargne retraite signale désormais les correspondances avec Ciclade, l’outil de la Caisse des Dépôts pour retrouver les avoirs en déshérence (Union Retraite, fin 2025). Les deux services fonctionnent en tandem : l’un recense les contrats actifs, l’autre traque les fonds déjà transférés faute de réclamation.
Première étape : Info-Retraite.fr. Connectez-vous à votre espace personnel sur Info-Retraite.fr via Mon compte retraite. Le service Mon épargne retraite vous présente la liste des contrats d’épargne retraite enregistrés à votre nom auprès des 108 organismes partenaires. Si un contrat apparaît, vous obtenez les coordonnées de l’organisme gestionnaire pour entamer les démarches de récupération directement avec lui.
Deuxième étape : Ciclade. Si mon épargne retraite vous signale une correspondance avec Ciclade, ou si vous souhaitez vérifier indépendamment, rendez-vous sur le site Ciclade.caissedesdepots.fr. Cet outil de la Caisse des Dépôts recense les avoirs bancaires et d’assurance en déshérence, c’est-à-dire les fonds déjà transférés par les établissements financiers faute d’activité détectée.
Le montant moyen restitué par dossier via Ciclade s’élève à 943 euros (Caisse des Dépôts, mars 2026). Sur Ciclade, la démarche est gratuite et dématérialisée : vous renseignez votre identité civile, et si une correspondance est trouvée, vous déposez un dossier de réclamation en ligne avec vos justificatifs.
Pourquoi agir maintenant : le risque de prescription à 30 ans
Ciclade a enregistré 200 000 demandes de restitution en 2025 (contre 94 000 en 2024, +112 %), aboutissant à 174 000 paiements effectifs (Caisse des Dépôts, mars 2026). Depuis son lancement en janvier 2017, le service a restitué au total 1,2 milliard d’euros à leurs propriétaires légitimes (Caisse des Dépôts, mars 2026).
Mais cette dynamique positive a un revers. Chaque année, une partie des fonds non réclamés atteint le terme légal de 30 ans d’inactivité. En application de la loi Eckert, ces avoirs sont alors définitivement versés à l’État. En 2025, ce sont 89 millions d’euros qui ont ainsi été versés à l’État au titre de la déchéance 2024, des comptes et des contrats inactifs depuis 1994, non réclamés depuis lors (Caisse des Dépôts, mars 2026).
Cette prescription de 30 ans est irréversible. Passé ce délai, aucun recours n’est possible pour récupérer les fonds.
Avant que vos avoirs ne basculent vers Ciclade, ils sont identifiables via les fichiers Ficoba (comptes bancaires) et Ficovie (contrats d’assurance-vie et de capitalisation), gérés par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Ces fichiers permettent aux établissements financiers de détecter l’inactivité d’un compte avant son transfert. Mais cette détection ne vous prévient pas automatiquement : c’est à vous d’agir.
Le délai de 30 ans peut sembler long. Il ne l’est pas. Un contrat article 83 ou un PEE ouvert dans votre première entreprise en 1995, jamais réclamé, approche aujourd’hui de ce seuil. Et vous n’en savez peut-être rien.
Retrouver ses contrats d’épargne-retraite oubliés n’a jamais été aussi simple : deux clics sur Info-Retraite.fr peuvent vous permettre de récupérer en moyenne 943 euros.
Mais chaque année, 89 millions d’euros disparaissent absolument faute de réclamation, une perte irréversible après 30 ans d’inactivité. Retrouvez aussi notre article sur la retraite : pourquoi vos jobs d’été peuvent faire baisser votre pension en 2026.
Avez-vous changé d’employeur depuis 1996 ? Un contrat article 83 ou un PEE ouvert à cette époque approche du seuil de prescription irréversible.
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