Une reprise d’activité peut désormais ouvrir une seconde pension Agirc-Arrco, mais uniquement dans le cadre du cumul emploi-retraite intégral : les retraités soumis au cumul plafonné continuent de cotiser sans obtenir ces nouveaux points.
Le dispositif change la logique du cumul emploi-retraite. Depuis 2023, certaines cotisations versées après la liquidation de la retraite peuvent créer de nouveaux droits complémentaires, alors qu’elles ne produisaient auparavant aucun point supplémentaire.
Cette avancée reste très encadrée. Reprendre un emploi après son départ ne suffit pas : le statut du cumul détermine si les cotisations pourront, ou non, être converties en une seconde pension.
Une seconde pension réservée au cumul emploi-retraite intégral
Le droit à de nouveaux points Agirc-Arrco concerne le cumul emploi-retraite intégral, aussi appelé cumul sans limite de ressources. Pour en bénéficier, l’assuré doit notamment avoir liquidé l’ensemble de ses retraites obligatoires et obtenu sa retraite à taux plein.
Les cotisations prélevées sur la nouvelle activité permettent alors d’acquérir des points sur la première tranche de salaire. Pour 2026, la limite annoncée est fixée à 4 005 euros par mois. Ce plafond doit être contrôlé au moment de la reprise, puisqu’il dépend des paramètres applicables à l’année concernée.
La situation est différente en cumul emploi-retraite plafonné. Dans ce régime, les cotisations Agirc-Arrco prélevées sur le salaire ne génèrent pas de nouveaux points. Deux retraités exerçant une activité comparable peuvent donc cotiser sans obtenir les mêmes droits, selon les conditions dans lesquelles leur pension a été liquidée. Découvrez notre article sur la pension attendue, rendement, logement : les trois chiffres à poser avant de décider combien épargner pour sa retraite.
Cette distinction doit être vérifiée avant de reprendre un emploi. L’âge atteint, le taux de liquidation et la liquidation de tous les régimes obligatoires peuvent modifier le statut du cumul et ses conséquences sur la retraite complémentaire.
Comment les nouveaux points deviennent une seconde retraite
Les points acquis pendant la période de cumul intégral ne sont pas ajoutés automatiquement à la première pension. Après l’arrêt de l’activité reprise, l’assuré peut demander leur liquidation sous la forme d’une seconde retraite complémentaire.
Son montant dépend du nombre de points nouvellement obtenus, multiplié par la valeur de service du point. Pour 2026, la valeur d’achat annoncée est de 20,1877 euros et la valeur de service de 1,4386 euro. La première sert à déterminer les points acquis par les cotisations ; la seconde intervient dans le calcul de la pension versée.
Cette seconde pension ne bénéficie ni d’une minoration ni d’une majoration. Son montant dépend donc directement des droits constitués durant la reprise d’activité. Une période courte ou faiblement rémunérée produira mécaniquement moins de points qu’une activité plus longue, dans les limites prévues par le régime.
L’enjeu n’est pas négligeable dans le budget des retraités. La Drees confirme officiellement une pension moyenne de 1 705 euros bruts par mois pour les retraités français en 2024, un chiffre relayé la même année par Pleine Vie. La seconde pension Agirc-Arrco doit néanmoins être considérée comme un droit calculé à partir de nouvelles cotisations, et non comme une prime forfaitaire garantie à tous.
Le malus de 10 % a disparu, tout comme l’ancien bonus
La création de nouveaux droits en cumul emploi-retraite accompagne une autre évolution importante : la fin du bonus-malus Agirc-Arrco. Le coefficient de solidarité pouvait réduire de 10 % pendant trois ans la retraite complémentaire de certains assurés partis dès l’obtention du taux plein.
Cette minoration a été supprimée pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ décembre 2023. Les retraités qui la subissaient déjà ont cessé d’être concernés à partir du 1ᵉʳ avril 2024.
Le coefficient majorant accordé à certains salariés qui repoussaient leur départ a également disparu. Cette suppression concerne les assurés nés à partir du 1ᵉʳ septembre 1961 dont la pension a pris effet depuis le 1ᵉʳ décembre 2023. Continuer à travailler peut toujours augmenter les droits acquis avant la liquidation, mais l’ancienne majoration temporaire n’est plus accordée.
Le mécanisme remontait à 2019, année de la fusion des régimes Agirc et Arrco. Il devait encourager certains salariés du privé à retarder leur départ, comme le rappelle La Finance pour tous.
La règle à retenir est donc nette : la seconde pension Agirc-Arrco constitue un droit réel, mais elle ne découle pas de toute reprise d’activité. Seul le cumul intégral permet d’acquérir les points nécessaires, puis de demander leur liquidation après la fin du nouvel emploi. Retrouvez aussi notre article sur le 13ᵉ mois des retraités Agirc-Arrco fait rêver, mais leur calendrier de paiement tranche la question.
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