L’Assemblée nationale a voté la suspension de la réforme des retraites de 2023. Si le Sénat valide à son tour, les Français nés entre 1964 et 1968 pourraient voir leur âge de départ à la retraite reculer… mais pas comme avant 2023.
Introduction
Coup de théâtre dans le paysage social français : l’Assemblée nationale a adopté la suspension de la réforme des retraites de 2023, ce mercredi 12 novembre, à 255 voix contre 146.
Cette mesure, intégrée au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, pourrait modifier les règles de départ pour des millions d’assurés. Si le Sénat valide, de nouveaux âges de départ s’appliqueront dès septembre 2026.
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Ce qui change concrètement selon votre année de naissance
Pour les assurés nés en 1964
- Âge légal : 62 ans et 9 mois
- Durée de cotisation : 170 trimestres
Gain d’un trimestre d’âge et de cotisation par rapport à la réforme Borne de 2023 (prévue à 63 ans et 171 trimestres)
Pour les assurés nés entre janvier et mars 1965
- Âge légal : 62 ans et 9 mois
- Durée de cotisation : 170 trimestres
Deux trimestres de gagnés par rapport à la réforme de 2023 (63 ans et 172 trimestres)
Pour les générations nées entre avril 1965 et 1968
Le calendrier de montée progressive vers 64 ans reprendrait à partir de 2028, avec un rythme plus lent :
- Avril à décembre 1965 : 63 ans – 171 trimestres
- 1966 : 63 ans et 3 mois – 172 trimestres
- 1967 : 63 ans et 6 mois – 172 trimestres
- 1968 : 63 ans et 9 mois – 172 trimestres
Un trimestre d’âge légal de départ serait « récupéré » par rapport à la réforme initiale.
Carrières longues et fonction publique : des assouplissements maintenus
Les dispositifs pour carrières longues sont conservés. Pour les actifs ayant commencé tôt (16-18 ans), un trimestre de départ en moins serait appliqué.
Du côté de la fonction publique, les catégories dites « actives » (policiers, aides-soignantes, égoutiers…) bénéficieraient aussi d’un gain d’un trimestre. Ce changement s’appliquerait à partir du 1er septembre 2026, une fois les systèmes informatiques mis à jour.
Une réforme suspendue… mais pas annulée
Ce vote de suspension n’est pas encore définitif. Le texte doit maintenant passer devant le Sénat, à majorité de droite, qui a déjà annoncé son opposition ferme.
Ce compromis a été arraché par le gouvernement pour éviter une motion de censure, notamment en négociant avec le Parti socialiste et en intégrant des amendements de dernière minute, comme celui déposé par Sébastien Lecornu pour les carrières longues.
Si cette suspension est validée, elle pourrait marquer un tournant dans la politique sociale du gouvernement, et ouvrir la voie à une reconfiguration plus large de la retraite à la française, intégrant mieux les parcours hachés, les métiers pénibles et les inégalités de carrière.
Toutefois, cette pause pose aussi la question de la soutenabilité financière du système à moyen terme, sans ajustement de recettes ou hausse des cotisations.
Conclusion
La suspension de la réforme des retraites de 2023 pourrait permettre à des millions de Français de gagner quelques mois ou trimestres sur leur départ. Mais tant que le Sénat ne s’est pas prononcé, l’incertitude demeure.
Et vous, êtes-vous concerné par cette mesure ? Pensez-vous qu’une suspension suffit ou qu’il faut une vraie refonte du système ? Partagez votre avis dans les commentaires.
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