À partir de 2026, l’État ferme une échappatoire fiscale vieille de décennies : les versements au PER après 70 ans ne seront plus déductibles. Derrière cette mesure technique se cache un enjeu budgétaire majeur dans un contexte d’économies massives.
Depuis le 1er janvier 2026, une règle silencieuse mais décisive change la donne pour 11,2 millions de souscripteurs du PER : les versements volontaires après 70 ans perdent leur avantage fiscal. Cette réforme redessine vos marges de manœuvre fiscale en fin de carrière.
PER après 70 ans : comment l’État referme l’échappatoire fiscale
La suppression de la déductibilité des versements volontaires après 70 ans marque la première réforme majeure du PER depuis sa création en 2019. Cette mesure, inscrite dans la loi de finances 2026, met fin à un avantage fiscal que les contribuables utilisaient pour réduire leurs impôts en fin de carrière.
Parallèlement, les prélèvements sociaux sur les gains du PER augmentent. Le taux passe de 17,2% à 18,6% en 2026, soit une hausse de 1,4 point de CSG (Loi de finances 2026). Cette double pression fiscale change l’intérêt du PER pour les septuagénaires.
Le PER avait été conçu pour unifier les anciens dispositifs éparpillés : PERP, Madelin, PREFON. Sept ans après sa naissance, l’État ajuste déjà ses règles. Retrouvez notre article sur la réforme des retraites suspendue : les générations 1965-1966 face à un tournant inattendu.
Les vrais perdants : qui la réforme vise vraiment
Cette réforme cible précisément les contribuables fortement imposés utilisant le PER comme outil de défiscalisation tardive. En pratique, elle affecte surtout les contribuables fortement imposés et ceux qui réalisaient des versements importants à un âge avancé, notamment professions libérales ou seniors en activité.
Cette mesure s’inscrit dans le plan d’économies de 43,8 milliards d’euros de François Bayrou. L’OFCE révèle que 90 % des retraités perdront du pouvoir d’achat avec la mise en place des mesures annoncées par François Bayrou. D’après l’OFCE, l’immense majorité des retraités ressortiront perdants du plan Bayrou : 9 foyers sur 10 verront leur pouvoir d’achat reculer.
« J’ai l’impression que cette réforme cible surtout ceux qui pouvaient encore agir sur leurs impôts en fin de carrière », témoigne Françoise, retraitée de 74 ans à Lyon. Son ressenti illustre la perception d’un ciblage social assumé par l’exécutif.
La ruée avant 70 ans : comment les épargnants s’adaptent
« L’anticipation devient le mot d’ordre, avec une course pour maximiser les versements avant le passage des 70 ans », observe un gestionnaire de patrimoine lyonnais. Cette course contre la montre redéfinit les stratégies d’épargne retraite des sexagénaires.
Les gestionnaires de patrimoine adaptent leurs conseils. Ils poussent leurs clients proches de 70 ans à accélérer leurs versements PER avant la date fatidique. Cette anticipation fiscale devient un nouveau standard de la gestion patrimoniale.
L’impact varie selon les profils. Les indépendants aux revenus irréguliers perdent plus que les salariés aux revenus constants. Les hauts revenus subissent un préjudice fiscal plus important que les revenus modestes, qui utilisaient peu cette optimisation tardive.
En fermant cette possibilité après 70 ans, l’État pousse les épargnants à concentrer leurs versements avant cet âge.
Cette réforme concentre les efforts d’économies sur les retraités aisés en fin de carrière. Pour en savoir plus, retrouvez notre article sur le PER : ce changement fiscal en 2026 pourrait intéresser de nombreux retraités.
Avez-vous moins de 70 ans et des versements PER prévus ? Il est peut-être temps de vérifier si vous devriez accélérer avant que cette fenêtre ne se referme définitivement.
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