À partir du 1er septembre 2026, sous réserve de la publication des décrets d’application au Journal officiel, les mères salariées du privé bénéficieront d’un calcul de pension sur 24 ou 23 meilleures années au lieu de 25, et les pères pourront en profiter s’ils ont obtenu des trimestres d’éducation par partage.
La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 (LFSS 2026), promulguée le 31 décembre 2025, introduit un changement majeur dans le calcul des pensions : la période de référence passe de 25 à 24 ou 23 meilleures années selon le nombre d’enfants. Si vous êtes parent et salarié du secteur privé, cette mesure pourrait vous permettre de gagner plusieurs dizaines d’euros par mois dès votre liquidation. Découvrez concrètement qui est éligible, pourquoi il existe deux chiffres différents, et comment les pères peuvent aussi en bénéficier, une information souvent oubliée.
Comment fonctionne le nouveau calcul de pension pour les parents
Aujourd’hui, votre pension de base est calculée sur vos 25 meilleures années de salaire. Ce chiffre va changer pour tous les parents.
La LFSS 2026 (loi n°2025-1403 du 31 décembre 2025) prévoit cette réduction à 24 meilleures années pour un enfant, et à 23 meilleures années pour deux enfants ou plus. Les projets de décrets d’application, transmis à la CNAV en mai 2026 et attendus au Journal officiel courant juin 2026, conditionnent l’entrée en vigueur au 1ᵉʳ septembre 2026.
Moins d’années dans le calcul du Salaire Annuel Moyen (SAM), c’est mécaniquement moins d’années creuses retenues. Les congés parentaux, les temps partiels subis, les périodes de carrière hachée, tout ce qui tire la moyenne vers le bas disparaît du calcul.
« Seules les 24 meilleures années seront retenues pour les personnes ayant eu un enfant, tandis que les parents de deux enfants ou plus verront leur pension calculée sur leurs 23 meilleures années. »
Cette mesure corrige partiellement un angle mort du système : les interruptions de carrière liées aux enfants pénalisaient doublement les assurées, d’abord dans leur vie professionnelle, ensuite dans leur pension.
Pour être éligible, un seul trimestre supplémentaire lié aux enfants suffit. Trimestre de maternité ou trimestre d’éducation : le seuil est volontairement bas pour ne laisser personne sur le bord du chemin.
La mesure SAM réduit s’applique aux mères du régime général nées à partir de 1970. Les pères peuvent en bénéficier uniquement s’ils ont obtenu des trimestres d’éducation par partage, ce qui suppose une démarche active avant les 4 ans et demi de l’enfant. Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête.
Pères et mères : qui est éligible et comment déclarer ses trimestres d’éducation
Historiquement, les bonifications familiales profitaient presque exclusivement aux mères. La LFSS 2026 change la donne pour les pères, à condition qu’ils fassent les démarches.
Pour chaque enfant, les mères peuvent obtenir jusqu’à 8 trimestres au total : 4 au titre de la maternité (non partageables), 4 au titre de l’éducation. Sur ces 4 trimestres d’éducation, 2 sont automatiquement attribués à la mère. Les 2 restants sont partageables avec le père, sur décision conjointe des parents.
Concrètement, un père peut récupérer 1 ou 2 trimestres au titre de l’éducation de son enfant. Un seul de ces trimestres suffit pour déclencher le nouveau mode de calcul sur 24 meilleures années. C’est la condition minimale, et elle est accessible à beaucoup de pères qui ne le savent pas encore.
La démarche est encadrée dans le temps : les parents doivent déclarer leur choix de répartition à l’Assurance retraite dans les 6 mois suivant le 4ᵉ anniversaire de l’enfant. Passé ce délai, l’attribution est définitive et revient intégralement à la mère. Nous vous recommandons de vérifier vos trimestres d’éducation dès maintenant auprès de votre caisse pour éviter toute surprise.
Si votre enfant approche de ses 4 ans, cette date limite vous concerne directement.
Quel gain financier attendre et opportunité carrière longue
Le gain moyen est estimé à environ 1 % de la pension, modeste pour la majorité, mais pouvant atteindre 5 à 15 % pour les carrières les plus hachées par des années de temps partiel subi.
L’ampleur de la mesure est confirmée par les estimations gouvernementales : une retraitée sur deux pourrait être gagnante dès septembre 2026. C’est un chiffre qui donne la mesure réelle de la réforme, pas une niche pour quelques profils atypiques, mais un avantage de masse.
La LFSS 2026 ouvre également une deuxième porte, moins médiatisée. À partir de septembre 2026, deux trimestres pour enfants seront assimilés à des trimestres cotisés pour le dispositif de carrière longue. Cela signifie que certains parents pourront partir plus tôt à la retraite, pas seulement avec une pension plus élevée.
L’impact est chiffré : entre 6 000 et 12 000 assurées supplémentaires pourraient bénéficier chaque année du dispositif carrière longue grâce à cette mesure. Ce sont des départs anticipés qui n’auraient pas été possibles sans elle.
Ces deux effets combinés, meilleur calcul du SAM pour les mères et accès élargi à la carrière longue, constituent la correction structurelle la plus significative pour les retraites féminines depuis plusieurs années.
Cette réforme corrige partiellement un angle mort structurel : les interruptions de carrière liées aux enfants pénalisaient doublement les assurées, d’abord dans leur vie professionnelle, ensuite dans leur retraite. Le SAM réduit s’adresse principalement aux mères ; les pères n’en bénéficient qu’à condition d’avoir déclaré leurs trimestres d’éducation dans les délais. Avec une retraitée sur deux gagnante dès septembre 2026, et la possibilité pour certains de partir plus tôt grâce à la carrière longue, les enjeux sont concrets et immédiats.
Avez-vous déclaré vos trimestres d’éducation à l’Assurance retraite, ou allez-vous le faire avant le délai limite ?
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