Navya, l’ancienne pépite cherche un repreneur

Une pépite de la French Tech en plein naufrage

Les jours de Navya sont comptés. Cette start-up lyonnaise créée en 2014 a été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon après s’être déclarée en cessation de paiements fin janvier. Les candidats pour la reprise avaient jusqu’à ce mardi 21 février pour se manifester. Les offres seront examinées le 7 mars. 20 Minutes a retracé l’histoire de cette pépite de la French Tech, qui est passée de leader mondial sur le marché de la navette autonome à un titre en bourse qui s’élève à trois centimes d’euros.

Un démarrage sans caler

Une fois le concept innovant de navettes autonomes présenté aux acteurs du secteur de la mobilité, Navya a su convaincre son public et obtenir les financements nécessaires à sa croissance. Moins d’un an après sa création, elle revendique des années d’avance sur ses concurrents avec ses navettes électriques. Elle s’autoproclame première société au monde à commercialiser ces engins. En remettant les choses dans leur contexte, Navya n’est pas vraiment la première, rectifie François Marmoiton, ingénieur de recherche au CNRS, Institut Pascal à Clermont-Ferrand. En réalité, c’est Robosoft, au Pays basque, qui a lancé le premier transport du futur dans la fin des années 1990. Mais la société lyonnaise fait partie des deux constructeurs historiques en France, avec EasyMile, située à Toulouse.

Tout comme sa jumelle de Toulouse, Navya se fraie un chemin vers la réussite grâce à sa stratégie de production unique : alors qu’EasyMile s’est associé à un constructeur automobile pour faire sa base roulante, Navya a misé sur l’internalisation de toute la production. Et c’est ce qui a peut-être fait toute la différence. En 2018, Navya annonce être le leader mondial de la conduite autonome de véhicule de toute taille et devient partenaire des bus électriques Bluebus, une filiale du groupe Bolloré. Au cours de cette même année, plus de 200 véhicules sont équipés du système développé par Navya dans le monde.

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La concurrence exacerbée de Tesla

Lorsque Tesla fait son apparition sur le marché en 2007, elle marque un tournant dans l’industrie automobile. Le géant américain porte la voiture électrique au rang de produit grand public et investit massivement dans la technologie de l’autonomie. Poursuivant cet objectif ambitieux, Tesla s’est imposée comme le leader incontestable de l’automobile autonome, loin devant ses concurrents français. Depuis 2017, l’entreprise d’Austin, Texas a investi plus de 4 milliards de dollars dans la recherche et le développement d’une intelligence artificielle pour piloter ses voitures.

Une réglementation stricte

Alors que le marché de l’automobile autonome connaît un essor exponentiel, il est contraint par une réglementation très stricte et des tests rigoureux. En effet, le public reste très soucieux du risque zéro autour de la circulation des véhicules autonomes. Plus récemment, en janvier 2021, Navya a annoncé de grandes avancées dans le secteur du transport collectif avec son partenaire Bluebus. Les deux entreprises ont fait rouler plus de 30 kilomètres un bus autonome. Malgré cela, ce projet semble freiner le progrès de Navya.

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Le début de la fin ?

Depuis quelques mois, le climat est devenu plus hostile pour Navya. La société accusée de ne pas maintenir suffisamment de liquidités pour remplir ses obligations financières, elle s’est trouvée dans l’obligation de déclarer un redressement judiciaire. Un plan de redressement ou un plan de cession seront étudiés pour pérenniser l’activité et maintenir les emplois. Si l’avenir de Navya demeure dans le brouillard, celui de Bluebus s’éclaircit. En effet, le groupe Bolloré vient de finaliser un contrat avec la RATP et cherche de nouveaux débouchés à travers le monde. Alors que les salariés s’inquiètent quant à l’impact imminent de la fin de Navya sur leurs emplois, la probabilité que son partenaire survive à cette tempête semble plus grande que jamais.

Cependant, si Navya effectue une reprise d’ici 2023, elle aurait beaucoup de travail pour rattraper ce qu’elle a perdu depuis 2017. Son action qui était à 4,57 euros en 2020 est aujourd’hui suspendue à 3 centimes d’euros. Il n’est pas encore certain que Navya puisse se relever de cette situation et retrouver sa position de leader mondial qu’elle méritait. Pour l’instant, tout ce que nous pouvons faire, c’est attendre.

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Consultant indépendant en technologies liées à la construction et l’habitat. Avec +20 ans d’expérience dans le domaine, je suis passionné par l’innovation et l’amélioration des solutions énergétiques durables pour les bâtiments et les maisons. Mon objectif est d’aider mes clients à construire des infrastructures écoénergétiques efficaces pour un avenir plus vert et plus propre.