À partir du 1ᵉʳ septembre 2026, les mères nées après 1970 devraient voir leur pension calculée sur 24 ou 23 meilleures années au lieu de 25, sous réserve de la publication du décret d’application, attendue courant juin 2026. Une mesure de la LFSS 2026 qui reconnaît l’impact de la maternité sur les carrières.
La LFSS 2026 modifie le calcul du SAM (Salaire Annuel Moyen) pour les mères : 24 meilleures années pour 1 enfant, 23 pour 2 enfants ou plus, au lieu de 25 pour tous. Pour les femmes liquidant leur retraite à partir de septembre 2026, cela se traduit par une hausse de pension, modeste en moyenne, mais significative pour les carrières les plus hachées. Qui est vraiment concernée, et quel gain attendre ?
Comment fonctionne le nouveau calcul de pension pour les mères ?
Le SAM est la colonne vertébrale du calcul de votre pension dans le régime général. Il correspond à la moyenne de vos salaires bruts sur vos meilleures années de carrière. Jusqu’à présent, ce calcul s’appuyait sur les 25 meilleures années pour tout le monde, sans exception.
La loi n°2025-1403 du 31 décembre 2025, en son article 45 (exposé des motifs), prévoit cette règle pour les mères. Le décret d’application, attendu au Journal officiel courant juin 2026, fixera le SAM à 24 meilleures années pour une mère d’un enfant, et à 23 meilleures années pour une mère de deux enfants ou plus.
Le principe est simple : en retirant une ou deux années de la base de calcul, les années les moins bien rémunérées, souvent celles qui coïncident avec les congés maternité, le temps partiel ou les interruptions d’activité, sortent mécaniquement du calcul. Le SAM monte. La pension suit.
Deux conditions s’appliquent : être née à partir de 1970 et liquider sa retraite à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, sous réserve de la publication du décret au Journal officiel.
L’impact reste mesuré. Selon les projets de décret transmis à la Cnav en mai 2026, environ une retraitée sur deux serait gagnante, avec une hausse moyenne estimée à 1 % de la pension. Pour les mères ayant eu des années de temps partiel subi à bas revenu, le gain peut atteindre 5 à 15 %.
Ce chiffre s’inscrit dans un contexte documenté. Selon le rapport DREES édition 2025 (données 2023), les pensions de retraite de droits directs des femmes sont inférieures de 38 % à celles des hommes, contre 50 % en 2004. En incluant les pensions de réversion, l’écart se réduit à 25 %. La maternité est l’une des causes structurelles de cet écart.
Quels sont les autres avantages pour les mères à partir de septembre 2026 ?
Le nouveau calcul du SAM n’est pas la seule mesure que la LFSS 2026 introduit pour les mères. Deux autres dispositifs entrent en vigueur au même moment et produisent des effets cumulables.
Un accès facilité à la retraite anticipée. L’article 104 de la LFSS 2026 prévoit qu’à partir du 1ᵉʳ septembre 2026, jusqu’à deux trimestres de majoration pour enfant (maternité, éducation, adoption, congé parental) soient comptabilisés comme trimestres « réputés cotisés » pour l’accès au dispositif carrière longue. Cette mesure permet à certaines mères ayant commencé à travailler tôt d’atteindre le seuil requis pour un départ anticipé, elle n’augmente pas le montant de la pension.
La majoration de 10 % pour les mères de 3 enfants ou plus. Ce dispositif existait déjà. Il reste en vigueur et devient cumulable avec le nouveau mode de calcul du SAM. Pour une pension de 1 800 euros bruts, cette majoration représente 180 euros supplémentaires par mois.
L’exposé des motifs de l’article 45 de la LFSS 2026 fixe un objectif chiffré : résorber la moitié de l’écart de pension d’ici 2037, et le supprimer totalement d’ici 2050. C’est la première fois que la loi inscrit des jalons aussi précis sur ce sujet.
Une hausse moyenne de 1 % ne résorbera pas seule un écart de 38 %. Les mesures de la LFSS 2026 constituent une première correction structurelle, pas un rééquilibrage complet.
Qui bénéficie vraiment de ces mesures et comment vérifier son droit ?
Le périmètre des bénéficiaires est précis. Les mesures sur le SAM réduit s’appliquent aux mères du régime général, nées à partir de 1970, qui liquident leur retraite à compter du 1ᵉʳ septembre 2026.
Si vous relevez de la fonction publique, les règles diffèrent. Dans le régime général, 8 trimestres par enfant sont accordés aux mères : 4 pour la maternité ou l’adoption, 4 pour l’éducation. Dans la fonction publique, ce chiffre est de 4 trimestres par enfant. Le nouveau calcul du SAM ne s’applique pas aux fonctionnaires, dont le mode de calcul de pension repose sur une base différente.
Le congé parental ouvre des droits supplémentaires. Il permet de valider jusqu’à 12 trimestres par enfant dans le régime général, voire 16 trimestres si l’enfant présente un handicap supérieur à 80 %.
Les pères ne sont pas totalement exclus. Les trimestres d’éducation partagés depuis 2010 peuvent, sous conditions, ouvrir l’accès à la carrière longue dans le cadre du nouveau dispositif. En revanche, le SAM réduit (23 ou 24 meilleures années) reste réservé aux mères.
Avant toute liquidation, vérifiez votre relevé de carrière auprès de votre caisse de retraite. Des trimestres pour enfants peuvent manquer, notamment pour les naissances avant 2010. Une erreur non corrigée avant la liquidation est difficile à rectifier après.
En résumé
Cette réforme est une avancée concrète, mais mesurée : une hausse moyenne de 1 % de pension ne résoudra pas seule l’écart de 38 % qui pénalise les femmes à la retraite. Elle s’inscrit néanmoins dans une trajectoire législative explicitement datée, avec un objectif de résorption de la moitié de l’écart d’ici 2037 et une suppression totale visée à l’horizon 2050. C’est la première fois que la loi fixe des jalons aussi précis sur ce sujet.
Êtes-vous concernée par cette mesure, et avez-vous vérifié que tous vos trimestres pour enfants sont bien enregistrés auprès de votre caisse de retraite ?
En tant que jeune média indépendant, CESdeFrance a besoin de votre aide. Soutenez-nous en nous suivant et en nous ajoutant à vos favoris sur Google News. Merci !

