Ce bonus retraite de 10 % pourrait disparaître pour certains pères, et le calcul risque de piquer dès 2027

Les pères de famille nombreuse qui préparaient leur départ avec une majoration de pension de 10% pourraient devoir refaire leurs comptes dès 2027.

Le bonus retraite accordé aux parents d’au moins trois enfants est dans le viseur du gouvernement. Le principe actuel est simple : une majoration de 10% s’ajoute à la pension, y compris dans les régimes complémentaires comme l’Agirc-Arrco.

Le problème, pour l’exécutif, tient au mode de calcul. Comme le bonus est proportionnel, il rapporte davantage en euros aux pensions les plus élevées. Et ces pensions sont plus souvent masculines, en moyenne.

Pour les pères encore en activité, le sujet n’est donc pas théorique. Si la réforme aboutit dans le cadre du PLFSS 2027, le montant attendu au moment du départ pourrait être inférieur à celui imaginé avec la règle actuelle.

Pourquoi le bonus de 10 % avantage surtout certaines pensions ?

La majoration familiale actuelle récompense le fait d’avoir eu ou élevé au moins trois enfants. Mais elle ne verse pas la même somme à tout le monde : elle applique un pourcentage sur la pension déjà calculée.

Un retraité qui touche une pension élevée reçoit donc un supplément plus important qu’un retraité dont la pension est plus faible. C’est précisément ce mécanisme que Jean-Pierre Farandou a critiqué sur Franceinfo : « Comme la pension des hommes est supérieure à la pension des femmes en moyenne, en fait un enfant rapporte plus pour un homme que pour une femme. Ce n’est pas normal. »

La formule peut sembler technique, mais son effet est très concret. Deux parents ayant élevé le même nombre d’enfants peuvent obtenir une majoration très différente, simplement parce que leur carrière n’a pas produit la même pension de départ. Découvrez notre article sur la retraite : certains pères ont déjà le droit pour un enfant qui peut changer leur pension en 2026.

Dans une étude publiée le 25 novembre 2020, la Drees relevait aussi qu’en vingt ans, le temps moyen passé par les jeunes enfants en semaine avec leurs parents a baissé d’environ 5 heures. Ce rappel compte dans le débat : les droits familiaux de retraite ne parlent pas seulement de pension, mais aussi de la façon dont le coût parental se répartit dans les carrières.

Ce qui pourrait changer dès 2027 pour les pères concernés

La piste la plus sensible serait le remplacement du bonus proportionnel de 10% par une prime forfaitaire. Dans ce scénario, chaque enfant donnerait droit à un montant identique, peu importe le niveau de pension.

Pour les pensions modestes ou moyennes, l’effet pourrait être neutre, voire plus favorable selon le barème retenu. Pour certains pères dont la pension attendue est élevée, le calcul pourrait en revanche devenir moins généreux que les 10% actuels.

D’autres options seraient sur la table : un plafonnement plus strict pour les pensions hautes, ou une revalorisation ciblée vers les carrières des mères. Rien ne permet encore de figer le futur barème. Le texte du PLFSS 2027 devra préciser le mécanisme retenu, les seuils, la date exacte d’application et les régimes concernés.

Le chiffre qui explique aussi l’offensive budgétaire est lourd : la majoration familiale représenterait 8,4 milliards d’euros par an d’après la Drees, montant repris dans les éléments rapportés autour de la réforme. Quand une dépense atteint ce niveau, le gouvernement peut la présenter à la fois comme un sujet d’équité et comme un levier d’économies.

Qui doit vraiment surveiller son calcul de retraite

Les retraités déjà partis ne devraient pas être les premiers visés. Le principe de non-rétroactivité protégerait les droits déjà liquidés, même si ce point devra être confirmé dans le texte final.

La zone de vigilance concerne surtout les futurs retraités parents d’au moins trois enfants, en particulier ceux qui avaient intégré mécaniquement une hausse de 10% dans leur estimation. Pour eux, le réflexe à avoir est simple : ne plus considérer ce bonus comme acquis à l’euro près pour un départ à partir de 2027.

Le risque est encore plus net pour les pères dont la pension de base est confortable. Avec une majoration proportionnelle, plus la pension est élevée, plus le supplément monte. Avec une prime forfaitaire ou un plafond, cette logique serait cassée.

Le bon calcul dépendra donc de trois éléments : la date de départ, le nombre d’enfants retenus par le régime, et le futur mode de majoration. Tant que le PLFSS 2027 n’est pas voté, impossible de chiffrer précisément la perte potentielle. Mais attendre le dernier moment serait une mauvaise idée pour ceux qui ajustent déjà leur fin de carrière. Retrouvez aussi notre article sur la retraite : pourquoi les mesures censées améliorer la pension des mères pourront aussi profiter aux pères.

Pour les pères concernés, la réforme ne signe pas encore la disparition certaine du bonus. Elle annonce surtout la fin possible d’un automatisme très avantageux pour les pensions les plus hautes. Et c’est ce changement de logique qui peut faire mal au moment de poser les chiffres sur la table.

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