Certaines pensions vont augmenter parce que le calcul oubliera enfin une ou deux années moins payées

Pour certains retraités, le changement peut tenir à une mécanique simple : retirer du calcul une ou deux années de revenus faibles, au lieu de les laisser peser sur toute la pension.

Le sujet paraît technique. Il ne l’est pas tant que ça. Quand une retraite est calculée sur les meilleures années de salaire, chaque mauvaise année retenue dans la moyenne peut faire baisser le résultat final.

La mesure annoncée vise justement certaines carrières parentales. Elle concerne les parents qui ont bénéficié de trimestres supplémentaires au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation des enfants. Dans les faits, les femmes devraient être les plus nombreuses à y gagner, car les interruptions, temps partiels et ralentissements de carrière liés aux enfants les touchent encore davantage.

Pourquoi une mauvaise année peut faire baisser toute la retraite

Dans le régime général, la retraite de base des salariés du privé est calculée à partir d’un salaire annuel moyen. Ce salaire moyen repose habituellement sur les 25 meilleures années.

Dit comme ça, le système semble déjà protecteur : seules les meilleures années sont retenues. Sauf qu’une carrière avec enfants peut avoir des trous. Une année à temps partiel, une reprise plus lente, une période moins payée, et cette année peut quand même entrer dans les 25 meilleures si la carrière n’a pas assez d’années fortes pour la remplacer.

C’est là que le nouveau calcul devient concret. Pour les parents concernés, la retraite pourrait être calculée sur les 24 meilleures années au lieu de 25. Et pour ceux qui ont deux enfants ou plus, sur les 23 meilleures années. Retrouvez notre article sur la pension de réversion : ces situations peuvent modifier le montant que vous touchez chaque mois.

Le gain ne vient donc pas d’une prime ajoutée à la fin. Il vient d’une moyenne plus favorable. Si l’année supprimée était nettement moins payée que les autres, le salaire annuel moyen remonte, et la pension peut suivre.

Qui peut vraiment être concerné par cette hausse

Le changement vise les parents ayant obtenu des majorations de trimestres liées aux enfants. Ces trimestres existent déjà pour la maternité, l’adoption ou l’éducation. Jusqu’ici, ils servaient surtout à atteindre plus facilement le taux plein ou à partir plus tôt dans certains cas.

La nouveauté annoncée est différente : ces majorations peuvent aussi jouer sur le montant de la pension, en modifiant le nombre d’années retenues dans le calcul.

Le ministère du Travail a présenté la réforme comme une manière de mieux prendre en compte l’impact de la parentalité sur les carrières. L’objectif cité est d’améliorer le montant de pension pour plus d’une femme sur deux. Cette formulation doit toutefois être vérifiée sur une source officielle

Un cas très simple permet de comprendre. Une salariée a eu deux enfants et une carrière globalement complète, mais une année a été fortement pénalisée par un temps partiel ou une reprise à salaire réduit. Si elle remplit les conditions, le calcul sur 23 meilleures années peut faire sortir cette mauvaise année de la moyenne. Résultat possible : une pension de base un peu plus élevée.

Pourquoi la hausse ne sera pas la même pour tout le monde

Il faut éviter le piège classique : non, tous les retraités ne vont pas recevoir la même augmentation. Et non, le simple fait d’avoir eu un enfant ne garantit pas automatiquement un gain important.

L’effet dépend d’abord de la carrière. Si les années écartées étaient proches du niveau des autres années retenues, le gain peut être faible. Si elles étaient vraiment basses, l’effet peut devenir plus visible.

Autre point à surveiller : le régime concerné. Le mécanisme des 25 meilleures années parle surtout aux salariés du privé relevant du régime général. Pour d’autres parcours, notamment certaines carrières publiques ou mixtes, les règles peuvent être différentes.

C’est aussi pour cela que la mesure peut être intéressante sans être magique. Elle corrige une partie du problème, mais elle ne gomme pas des années de salaires plus faibles, ni les écarts de rémunération accumulés pendant une carrière. Retrouvez aussi notre article sur la bonne nouvelle pour les mères : leurs pensions de retraite vont augmenter avec un nouveau mode de calcul.

Pour un retraité ou une future retraitée, le bon réflexe consiste à regarder trois éléments : le nombre d’enfants pris en compte, les majorations de trimestres déjà inscrites au relevé de carrière, puis les années de salaire faibles susceptibles de sortir du calcul. C’est souvent là que se joue la vraie différence.

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