Deux arrêts maladie séparés de moins de 48 heures ne relancent pas la carence, dans le privé comme dans le public. Un droit méconnu qui évite de reperdre 180 €.
Un arrêt d’une semaine coûte 278 € à un salarié du privé payé 1 800 € net par mois, contre 96 € pour un fonctionnaire au même salaire. La différence tient d’abord aux jours de carence : trois jours non payés dans le privé, un seul dans la fonction publique. La règle des 48 heures change la donne sur ces jours-là.
Ce que coûtent les jours de carence
Dans le privé, la Sécurité sociale ne verse aucune indemnité journalière pendant les trois premiers jours d’un arrêt. Ces trois jours sont retirés de la paie sans compensation, comme le rappelle la fiche de service-public.gouv.fr. À 60 € par jour, pour un salaire de 1 800 € net mensuel, la note atteint 180 €.
Dans la fonction publique, la carence se limite au premier jour. Le fonctionnaire perd une journée de traitement, de primes et d’indemnité de résidence, puis il est payé dès le deuxième jour. Au même salaire, ce jour coûte 60 €.
Le calcul repose sur trois hypothèses : un salaire de 1 800 € net, soit environ 2 308 € brut pour un non-cadre ; une retenue d’un trentième du salaire par jour d’arrêt, week-end compris, soit 60 € ; et aucun maintien de salaire par l’employeur, la règle légale sur une semaine d’arrêt. Retrouvez notre article sur votre arrêt a déjà commencé ? Le seuil de six mois pourrait vous faire entrer dans la nouvelle règle.
Deux arrêts à moins de 48 h : la carence ne repart pas
Deux arrêts séparés de moins de 48 heures ne déclenchent pas une nouvelle carence. Ni dans le privé, ni dans le public.
Un salarié du privé qui reprend le travail puis se fait de nouveau arrêter dans les 48 heures ne reperd pas ses trois jours de carence. Les 180 € ne sont pas retirés une seconde fois. Même mécanisme pour le fonctionnaire, qui ne reperd pas son jour de carence sur ce nouvel arrêt.
La carence se compte en jours calendaires, week-end compris. Un arrêt qui commence un vendredi consomme ses trois jours de carence avant le lundi, et les indemnités courent dès le lundi, quatrième jour.
Les limites de la règle et ce que la carence ne couvre pas
La règle des 48 heures a ses limites. Une affection de longue durée supprime la carence sur les arrêts successifs liés à la même maladie. Un accident du travail ou une maladie professionnelle ouvre des indemnités dès le premier jour, sans carence.
Côté fonction publique, le jour de carence tombe aussi pendant la grossesse, avant le congé de maternité, et après un premier congé pour une même affection de longue durée sur trois ans. Hors de ces cas, chaque nouvel arrêt coûte une nouvelle journée, même s’il ne dure que deux jours.
À la carence s’ajoute une autre perte. À partir du quatrième jour, l’indemnité journalière vaut 50 % du salaire brut journalier, calculé sur les trois derniers mois. Pour 2 308 € brut, elle atteint 37,93 € brut, puis 35,39 € après 6,7 % de CSG et de CRDS. Il manque 24,61 € par jour, soit 98 € de plus sur les jours 4 à 7. Depuis le 1ᵉʳ mars 2025, le traitement du fonctionnaire n’est plus maintenu qu’à 90 % pendant les trois premiers mois, contre 100 % auparavant.
La mutuelle rembourse les soins, pas le salaire perdu. Pour compenser les jours non payés, il faut un contrat de prévoyance, dont le déclenchement dépend de la franchise fixée au contrat.
L’employeur, lui, ne comble presque jamais une semaine d’arrêt. Le maintien légal de salaire ne démarre qu’au huitième jour, et seulement après un an d’ancienneté. Retrouvez aussi notre article sur la prévoyance arrêt maladie : comment ça marche quand tu es malade.
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