Il reste environ trois mois pour transmettre de l’argent à ses enfants sans payer de droits de donation : l’exonération exceptionnelle issue de la loi de finances 2025 ne s’applique qu’aux dons réalisés avant le 31 décembre 2026.
Transmettre son patrimoine sans que le fisc n’en prélève une part demeure l’objectif de nombreux parents et grands-parents. Les droits de donation rognent pourtant souvent le montant transmis, surtout au-delà des abattements habituels.
La loi de finances 2025 a instauré une exonération fiscale exceptionnelle pour favoriser les dons familiaux d’argent. Elle vise les dons réalisés par chèque ou virement, d’un ascendant (parent, grand-parent) au profit d’un descendant (enfant, petit-enfant). Les foyers sans enfants peuvent aussi en profiter : en l’absence de descendants, les neveux et nièces sont éligibles.
Jusqu’à 300 000 € transmis sans droits, mais avec des plafonds
Le législateur a prévu deux plafonds pour éviter les abus. Un donateur peut transmettre jusqu’à 100 000 € à un même bénéficiaire ; au-delà, les sommes excédentaires retombent dans le régime classique des droits de donation.
De son côté, un bénéficiaire ne peut pas recevoir plus de 300 000 € au total de ses ascendants. Un enfant peut donc recevoir jusqu’à 300 000 € sans frais de donation. Toute somme dépassant ce seuil est taxée.
Une condition centrale : employer les sommes sous six mois
L’exonération n’est pas accordée sans contrepartie. Le bénéficiaire doit employer les sommes reçues dans un délai de six mois, pour l’une des deux opérations suivantes : l’acquisition d’un logement neuf ou en l’état futur d’achèvement (VEFA), utilisé comme résidence principale ou mis en location, ou la réalisation de travaux de rénovation énergétique éligibles à MaPrimeRénov’ sur son habitation principale.
Autre exigence : le bien acquis ou rénové doit rester occupé en résidence principale pendant au moins cinq ans, à compter de l’achat, de l’achèvement des travaux ou de la fin des rénovations énergétiques.
Pour la rénovation énergétique, MaPrimeRénov’ conserve un barème plafonné en 2026 : l’aide peut atteindre 40 000 € HT pour les chantiers qui font gagner trois classes ou plus au diagnostic de performance énergétique.
Le compte à rebours avant le 31 décembre 2026
Ce dispositif est limité dans le temps : les dons doivent être effectués avant le 31 décembre 2026 pour ouvrir droit à l’exonération. Compte tenu des délais propres à une donation et surtout à un projet d’acquisition immobilière, mieux vaut entamer les démarches sans attendre.
En pratique, les points à vérifier avant l’échéance sont simples : être bien un ascendant qui donne à un descendant (ou un neveu, une nièce), choisir l’emploi des fonds entre achat dans le neuf et travaux MaPrimeRénov’, puis réaliser le don par chèque ou virement avant le 31 décembre. Le respect des plafonds et du délai de six mois conditionne l’exonération.
Quel que soit le montant en jeu, le dispositif offre un levier pour aider ses enfants ou petits-enfants à investir dans l’immobilier, à condition de boucler le projet dans les délais. Retrouvez aussi notre article sur la succession : un virement bancaire à un enfant peut être requalifié en don manuel, avec un redressement à la clé.
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