Hausse de CSG sur les arrêts maladie : ce que les 3 points en projet retireraient par jour indemnisé, jusqu’à 1,29 €

Porter la CSG des indemnités journalières de 6,2 % à 9,2 % retirerait jusqu’à 1,29 € par jour indemnisé aux salariés en arrêt maladie, et l’addition grossit avec la durée de l’arrêt.

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, présenté le 1ᵉʳ octobre 2026, prévoit d’appliquer aux indemnités journalières le même taux de CSG que le complément de salaire versé par l’employeur : 9,2 %, soit trois points de plus qu’aujourd’hui. La CRDS resterait inchangée, à 0,5 %.

La mesure n’est pas votée. Elle sera discutée au Parlement jusqu’en décembre, et le dossier de présentation ne précise ni sa date d’entrée en vigueur ni le sort de l’impôt sur le revenu. Les montants qui suivent reposent sur les règles actuelles des indemnités journalières.

Ce que prévoit le projet pour la CSG des arrêts maladie

Le gouvernement veut « rapprocher le traitement fiscal des indemnités journalières de celui des revenus d’activité ». Un salarié en arrêt paierait sur ses indemnités la même CSG que sur son salaire, soit 9,2 % au lieu de 6,2 %.

Aujourd’hui, la Sécurité sociale prélève 6,2 % de CSG et 0,5 % de CRDS sur les indemnités journalières, sans abattement. Le complément versé par l’employeur, traité comme un salaire, supporte 9,2 % de CSG après un abattement de 1,75 %. L’alignement proposé porterait donc les indemnités à 9,2 %, la CRDS restant à 0,5 %.

Le levier n’est pas nouveau. Pour les pensions de retraite, le taux de CSG est déjà passé de 6,6 % à 8,3 %, rappelle La Retraite en Clair. En novembre 2025, le Sénat avait aussi rétabli le gel du barème de calcul de la CSG pour 2026, pour une économie supposée d’environ 300 millions d’euros, selon Public Sénat. Retrouvez notre article sur la hausse de la CSG des retraités en 2027 : ce qui est seulement envisagé et les quatre taux appliqués aujourd’hui.

La mesure s’inscrit dans un plan de maîtrise des arrêts maladie. Leur coût atteindrait 20 milliards d’euros en 2027 sans correction, contre 18 milliards en 2025, pour 9,1 millions d’arrêts indemnisés en 2024, soit 10 % de plus qu’en 2019.

La perte au jour, selon le salaire

L’indemnité journalière vaut 50 % du salaire journalier de base, calculé sur les trois derniers salaires bruts divisés par 91,25. Ces salaires sont retenus dans la limite de 1,4 SMIC, soit 2 613,83 € par mois. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, l’indemnité ne peut pas dépasser 42,97 € bruts par jour.

Trois points de CSG en plus représentent donc par jour indemnisé :

Salaire brut mensuelIndemnité brute par jourPerte par jourPerte sur 30 jours
1 867 € (SMIC)30,69 €0,92 €24,84 €
2 000 €32,88 €0,99 €26,73 €
2 200 €36,16 €1,08 €29,16 €
2 614 € et plus42,97 €1,29 €34,83 €

Au-delà de 2 614 € bruts, la perte n’augmente plus : l’indemnité est elle-même plafonnée.

L’addition grossit avec la durée de l’arrêt

Les trois premiers jours d’un arrêt ne sont pas indemnisés, c’est le délai de carence. Un arrêt de 30 jours donne donc 27 jours d’indemnités, et la hausse de CSG coûterait 34,83 € à un salarié au plafond.

Sur un arrêt de 90 jours, soit 87 jours indemnisés, la hausse coûterait 85,81 € à un salarié payé 2 000 € bruts et 112,15 € à partir du plafond. Le calcul s’applique dans la limite de 360 jours d’indemnisation.

Un point peut limiter l’effet pour une partie des salariés. Si l’abattement de 1,75 % appliqué aux salaires était aussi transposé, l’écart effectif tomberait à 2,84 points. En cas de maintien de salaire par l’employeur, la retenue supplémentaire réduirait le net perçu, sauf accord garantissant le salaire net.

Ce qui n’est pas encore tranché

Le projet évoque un rapprochement du « traitement fiscal », mais il ne chiffre que la CSG pour l’arrêt maladie. Les indemnités maladie sont déjà soumises à l’impôt sur le revenu, sauf celles versées pour une affection de longue durée. La question ouverte porte sur la part de CSG déductible du revenu imposable.

Aujourd’hui, 3,8 points sur les 6,2 de CSG des indemnités sont déductibles, contre 6,8 points sur les 9,2 d’un salaire. Si l’alignement portait aussi sur la déduction, les trois points ajoutés seraient déductibles, ce qui allégerait un peu l’impôt des foyers imposables. Le projet ne le précise pas.

Pour les accidents du travail et les maladies professionnelles, le projet est plus net : leurs indemnités, aujourd’hui imposables à 50 %, deviendraient imposables en totalité, et leur plafond serait abaissé à 1,8 SMIC, la différence étant compensée par l’employeur.

L’alignement dépend du vote de la loi de financement de la Sécurité sociale, attendu en décembre. Les parlementaires peuvent le supprimer, le limiter ou le reporter. Le gouvernement présente lui-même ce budget comme « réversible ». Le texte parie aussi sur une négociation des partenaires sociaux censée réduire d’un milliard d’euros les indemnités journalières en 2027.

La CSG s’ajoute à d’autres mesures qui réduisent déjà le revenu d’un salarié arrêté : plafond ramené à 1,4 SMIC en avril 2025, arrêts en téléconsultation limités à trois jours. Une complémentaire santé ne verse rien pendant un arrêt, c’est la prévoyance qui peut compléter les indemnités au-delà du maintien de salaire. Retrouvez aussi notre article sur les impôts 2026 : cette hausse de la CSG qui va alourdir vos dividendes sans prévenir.

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