Assurance vie : 160 euros de plus sur 20 000 placés, au prix de 8 000 euros exposés aux marchés

Sur 20 000 euros placés à 40 % en unités de compte, le gain moyen de 2025 atteint 680 euros, contre 520 euros tout en fonds euros : 160 euros de plus, achetés par 8 000 euros exposés aux marchés sans garantie.

En 2025, l’assurance vie a collecté 52,5 milliards d’euros nets, près du double de 2024. Sur ce total, 43,4 milliards sont partis en unités de compte, ces supports investis en action, en obligations ou en immobilier dont le capital n’est pas garanti. Les fonds euros n’ont attiré que 9,1 milliards.

Deux chiffres expliquent ce basculement, publiés par France Assureurs dans son étude annuelle : 4,6 % de rendement moyen pour les unités de compte en 2025, contre 2,6 % pour les fonds euros. Un écart de deux points, déjà constaté en 2024. Le gain se chiffre, mais il se paie.

Le gain réel d’une part en unités de compte

Les rendements publiés s’entendent nets des frais de gestion, mais avant prélèvements sociaux et impôt. Sur 20 000 euros placés à 40 % en unités de compte, le gain moyen de 2025 ressort à 680 euros. Tout en fonds euros, la même somme aurait rapporté 520 euros.

L’écart de 160 euros paraît modeste. Il traduit pourtant un arbitrage massif : en 2025, les unités de compte ont reçu 39 % des versements, mais plus de 80 % de l’argent resté dans les contrats. Les épargnants retirent beaucoup moins de ces supports que des fonds euros. Découvrez notre article sur l’assurance vie : 51 milliards d’euros de bénéfices attendent encore leurs épargnants.

Ce que coûte le supplément de rendement

Les 160 euros de plus se paient comptant. Sur 20 000 euros, une répartition à 40 % en unités de compte expose 8 000 euros aux marchés, sans garantie de capital. Une année de baisse, cette part peut perdre de la valeur.

La moyenne de 4,6 % mélange des fonds très différents, des obligations prudentes aux actions des pays émergents. Elle ne dit rien du risque propre à chaque support. Le fonds euros garantit le capital, une protection qui a un prix : sa part d’action reste limitée.

Les assureurs français placent près de 2 800 milliards d’euros dans l’économie, selon France Assureurs. Les unités de compte répercutent ces marchés, à la hausse comme à la baisse. Les assureurs y trouvent aussi leur intérêt : le risque de marché passe à l’épargnant, les frais sont plus élevés, et le fonds garanti reçoit moins d’argent neuf à rémunérer.

À quel horizon la bascule se discute

Le bon dosage dépend moins du gain affiché que de la date à laquelle l’argent servira. Une somme nécessaire dans deux ans a sa place sur un fonds euros ou un livret. Une épargne placée pour dix ans ou plus peut supporter les à-coups des marchés.

Avant d’augmenter la part en unités de compte, trois points méritent vérification : les frais du contrat et de chaque fonds, qui réduisent l’écart de deux points ; le bonus de taux du fonds euros, souvent conditionné à une part minimale d’unités de compte sans compenser une baisse des marchés ; et la gestion, libre ou pilotée, qui décide des arbitrages.

Le flux vers les unités de compte est une tendance de marché, pas une recommandation. Les ménages français laissent par ailleurs 770 milliards d’euros sur des comptes qui ne rapportent rien, un rappel que la question du risque se pose d’abord là où l’argent dort.

Les 160 euros de 2025 ne garantissent rien pour les années suivantes. Ils mesurent ce que change une part d’unités de compte : un rendement supérieur sur la durée, et une somme exposée aux marchés au moment où l’on a besoin de l’argent. Retrouvez aussi notre article sur la retraite complémentaire : ce que la revalorisation Agirc-Arrco de novembre va vraiment rapporter.

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