Impôt 2027 : si votre salaire a progressé plus vite que l’inflation, la revalorisation de 2 % ne vous évitera pas de payer plus

Indexer le barème de l’impôt sur l’inflation protège les revenus qui suivent les prix, mais pas ceux qui ont progressé plus vite : malgré la revalorisation de 2 % envisagée pour 2027, une augmentation de salaire supérieure à l’inflation peut quand même faire grimper la note.

Le gouvernement a tranché. Après plusieurs semaines d’incertitude sur un possible gel des tranches, la porte-parole Maud Bregeon a annoncé mi-septembre qu’une indexation complète sur l’inflation serait proposée dans le budget 2027. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a, lui, promis « pas d’impôt nouveau ».

L’hypothèse retenue par l’exécutif repose sur une hausse des prix hors tabac de 2 % sur l’ensemble de 2026. Les cinq taux resteraient inchangés, de 0 % à 45 %, mais s’appliqueraient à des niveaux de revenus légèrement plus élevés.

Des seuils relevés de 2 %, à titre de projection

Le barème progressif n’est pas revalorisé automatiquement : ses nouveaux seuils doivent être inscrits dans la loi de finances. Le barème 2026, applicable aux revenus de 2025, a ainsi été fixé par la loi de finances pour 2026, rappelle Service-Public.fr. Il avait progressé de 0,9 %, portant la première limite à 11 600 euros par part fiscale.

En appliquant 2 % aux seuils en vigueur, la part de revenu imposable allant jusqu’à 11 832 euros resterait taxée à 0 %. La tranche à 11 % s’étendrait de 11 833 à 30 171 euros, celle à 30 % de 30 172 à 86 269 euros, puis celle à 41 % de 86 270 à 185 555 euros. Au-delà, le taux de 45 % continuerait de s’appliquer.

Ces montants restent une projection : ils devront être confirmés par le texte budgétaire puis votés par le Parlement. Découvrez notre article sur votre solde d’impôt dépasse 300 euros ? Le dernier prélèvement n’arrivera que le 28 décembre.

Pourquoi une augmentation de salaire peut faire payer plus

La mécanique du barème est souvent mal comprise. Passer dans une tranche supérieure ne signifie pas que l’ensemble du revenu est soudain imposé au nouveau taux : le calcul se fait par fractions successives.

Un contribuable dont le revenu imposable atteint 32 000 euros par part ne paie pas 30 % sur la totalité de cette somme. La fraction sous le premier seuil reste exonérée, la suivante est soumise à 11 %, et seuls les revenus dépassant le plafond de la deuxième tranche supportent le taux de 30 %.

L’indexation vise justement à éviter qu’une hausse de salaire qui suit l’inflation ne déclenche, à elle seule, une hausse d’impôt. Mais le raisonnement s’inverse dès que la progression dépasse celle des prix. Si vos revenus ont grimpé plus vite que 2 %, une part plus importante tombe dans les tranches supérieures, et la facture augmente en termes réels.

Un barème qui ne fait pas tout

La revalorisation ne garantit pas à tous les contribuables un impôt plus faible en 2027. Le montant final dépend du revenu net imposable, du nombre de parts, des plafonnements, de la décote et des réductions et des crédits d’impôt.

Le calendrier parlementaire reste un point de vigilance. Le projet de loi de finances pour 2027 doit être présenté puis débattu à l’automne, dans une année marquée par l’élection présidentielle. Les seuils définitifs ne seront connus qu’après le vote du Parlement et la mise à jour du simulateur fiscal par l’administration. Retrouvez aussi notre article sur vos dépenses ouvrant droit à crédit d’impôt ont baissé en 2026 ? Ce réglage avant le 10 décembre peut éviter un remboursement en 2027.

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